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Awen › Shadows

cd | 5 titres | 77:50 min

  • 1 Paradise Lost [16:12]
  • 2 Witche's Trance [17:28]
  • 3 Armageddon [10:57]
  • 4 Darklight [11:08]
  • 5 Chamane [22:05]

line up

Joël Bernard (Synthé, claviers, séquenceurs et FX)

chronique

Voici le tout premier album d’Awenson. Sorti en 2005 sous le nom d’Awen, Shadows a vite connu un gros succès d’estime auprès des amateurs de MÉ de style vintage. C’est un album assez difficile à apprivoiser avec ses 5 longues structures plus ambiantes et atmosphériques que séquencées. Des structures qui sont abstraites et aux fragrances musicales se situant dans les années expérimentales de Schulze. Certes il y a des moments plus intenses où le rythme étale une lourdeur vite fragilisée par des strates métalliques et des couches de synthé soporifiques parfumé d’un éther métallisé Une lente oscillation érodée initie les premiers bourdonnements de Paradise Lost. Une ambiance cosmique s’installe avec un synthé très spectral dont les ondes Martenot se moulent à des chœurs célestes qui chantent dans une galaxie emplie d’étoiles. Des étoiles scintillantes, comme Schulze aimaient les faire rayonner avec ses effets sonores analogues, sur des tam-tams qui égrènent ses pulsations stratifiées pour forger une ligne séquentielle linéaire palpitante d’un rythme insaisissable. Un titre acide aux implosions psychédélico-cosmiques des années 70, Paradise Lost baigne dans un bouillon empreint de statisme jusqu’à la 10ième minute. Là où une ondulante ligne de basse amène un peu de chaleur avec une ondulation ascendante qui serpente un univers truffé d’effets sonores cosmiques et de sinueux solos torsadés. Witche's Trance est un puissant titre qui débute avec un lourd voile synthétisé atonique dont les couches semblent provenir d’une lointaine fissure dans le temps. Une lourde ligne séquentielle aux belles courbes oscillatoires en perce le mystère pour entraîner l’intro de Witche's Trance dans un puissant mouvement ondulatoire qui rappelle l’obscur Rubycon de Tangerine Dream. Hypnotique avec sa séquence minimalisme qui vrille sur le même pattern, Witche's Trance délaisse ses métalliques souffles synthétisés pour embrasser des sulfureux solos qui virevoltent sur une structure rythmique en permutation. Une structure animée de nerveuses cymbales et percussions séquencées qui nous entraînent dans un puissant délire psychédélico-électronique aux superbes réminiscences d’un Tangerine Dream des années Rubycon à Force Majeure. Atonal, Armageddon mue par ses mouvements de synthé qui traversent différentes phases musicales. Une longue ligne de synthé spectral ulule discrètement parmi de fines oscillations et effets cosmiques aux multiples sonorités éclectiques. La vélocité du souffle synthétisé permute en un lourd bourdonnement industriel dont les vrombissements des cercles hachurés modifient la structure d’un mouvement linéaire ondulant de ses lentes fluctuations. Armageddon progresse en douceur avec ses filiformes couches astrales qui flottent oisivement dans un bouillon synthétisé d’où s’échappe des solos d’orgues chimériques pour étaler une douceur onirique qui plane dans une pléiade de grésillements statiques et de lentes couches irisées aux sonorités très Schulzienne. Bâtit selon les mêmes préceptes, Dark Light est néanmoins plus chaleureux avec son approche synthétisée plus musicale que caustique, quoique les éléments hétéroclites des stries irisées soient toujours omniprésente, notamment vers la finale. Mais c’est un long titre sombre et cosmique qui débute par un suave souffle de synthé ululant parmi des sonorités autant caustiques que cosmiques, dont des gongs astraux qui résonnent autour de délicates modulations se transformant en savoureux solos. Malgré la calme inhérent à son titre, Chamane est un duel entre la sérénité et l’inquiétude. Un long titre de 22 minutes, il débute avec un lointain souffle qui se moule à des nappes de clavier pour osciller dans une mystérieuse brume éthérée. Il s’agit d’une douce procession introspective qui est vite engloutie de cerceaux métalliques résonnants qui ourlent en boucle. Et tout au long de son évolution, Chamane empruntera les charmes astraux d’Armageddon et Dark Light pour les confronter à une étrange agressivité dans des couches et sillages synthétisés aux sonorités de métal belliqueux. Un long voyage dans les terres d’Irrlicht et Picture Music mais avec une sonorité sidérurgique qui peut parfois être agressante. Mais un peu avant la 17ième minute, un délicat ballant empreint d’un charisme synthétisé trop absent de Shadows vient amadouer ces oreilles quelque peu éreintées par cette incursion sonore très froide et abstraite, démontrant que Joël Bernard peut faire plus que de l’abstrait sclérosé.

note       Publiée le lundi 11 juillet 2011

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néantror › mardi 12 juillet 2011 - 05:57  message privé !

c'est meme pas sorti en vinyl