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Yello › Zebra
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chronique
Mon impuissance à réussir à vous convaincre de la suprématie de Yello sur tous les autres groupes de pop des années 80 est à n'en pas douter sensiblement proportionnelle à mon incapacité à vous faire comprendre en quoi Zebra fait partie de leurs bons albums, en dépit de toute la clarté et l'économie de caractères dont je peux comme à mon habitude faire preuve lorsque je m'attelle à la chronique d'un disque qui m'est cher. Niveau folie et créativité, oui, mille fois oui, Zebra est loin du Yello des débuts, mais il reste fichtrement agréable tout en gardant moult sonorités, gracias to el mister Blank. Ceux qui ne jurent que par l'expérimentation, l'extravagance : je leur dis flûte, et je remplis la mienne. Zebra est meilleur que Baby, c'est une certitude. Yello entrait dans les années 90 sans faire de vagues, totalement éclipsé par la nouvelle scène techno anglaise, et voilà qu'enfin, après un long processus de veloutage, il ne fût plus Yello le Fou, et devint Yello le House afin d'envahir les boîtes à sardines... la pochette parle un peu à ma place : les vioks sont cachés dans le décor, comme le zèbre dans les branchages... ou la femme cougar dans une soirée universitaire. Dissimulation sournoise pour une de leurs plus confidentielles réussites ? Bingoboungawa ! Ok, c'est dans cet album que vous trouverez l'atroce morceau samplé pour le générique TV consomag ("S.A.X."), sorte de caricature des traditionnels titres jazzy-samba-salsa-cha-cha de nos deux barons, vraiment pénible. Mais c'est surtout ici que Yello se fera eurodance, en conservant le charme de cette new wave devenue désuette. Oubliés des dépêches, passés de mode, nos moustachus étaient pourtant loin de faire grise mine face au commun des groupes house qui fleurissaient en 94. Même vulgarisé, même simplifié et dilué, Yello reste unique et sans rival sérieux puisque seul dans son univers décadent et classieux à mort, et ici, noctambule comme jamais. "Night Train" par exemple, est une des compositions les plus envoûtantes de Boris Blank, mais peut être parce qu'il s'agit de la plus new wave de l'album, "Do It" pas loin derrière, même si les mauvaises langues seront tentées d'évoquer Scatman John. "Tremendous Pain", ballade synth pop bidulesque et crémeuse à souhait, me ravit. A côté, on ira volontiers lorgner vers du Yello kilométrique pour film de cul (à gros budget, hein), où carrément dans la variétoche veloutée-bigarrée arrangée façon Neneh Cherry ("Fat Cry"), eheh, même s'il n'est là qu'évolution logique des slows féminins de One Second, je ne garantis pas que les coeurs de nos lecteurs les plus sombres et expérimentaux évitent le collapsus, mais dans cette hypothèse les plus littéraires d'entre eux sauront où se carrer l'index. Zebra mérite sans doute 3 au regard des premiers albums, mais je ne peux pas lui mettre moins de 4. Parce que, nom d'un blue lagoon fraîchement frappé au bar du Cocobongo, ce Yello-là me plaît, et cela sans méli-mélo !
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- brighter_paëlla_now › Envoyez un message privé àbrighter_paëlla_now
"Oubliés des dépêches, passés de mode" : bravo. Pour la peine je rapatrierai mon vinyl de You Gotta Say Yes To Another Excess ASAP pour enfin y jeter une oreille.
