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Crystal Castles › Crystal Castles

cd • 14 titres • 55:09 min

  • 1Fainting Spells
  • 2Celestica
  • 3Doe Deer
  • 4Baptism
  • 5Year Of Silence
  • 6Empathy
  • 7Suffocation
  • 8Violent Dreams
  • 9Vietnam
  • 10Birds
  • 11Pap Smear
  • 12Not In Love
  • 13Intimate
  • 14I Am Made Of Chalk

line up

Ethan Kath, Alice Glass

remarques

Comme pour Suicide avant eux, il s'agit du deuxième album éponyme consécutif.

chronique

Styles
electro
electroclash
noise
pop
Styles personnels
bitchtune house

Dois-je vraiment tenter de décortiquer devant vous, tendres blattes, les tenants et aboutissants de mon attirance-répulsion pour Crystal Castles ? J'en sais rien. Je ne sais pas non plus si j'arriverais à débarrasser mon cerveau de "Baptism"/"Year Of Silence", plus radioactifs que du Lio remixé à Fukushima. Ce duo propose une musique pop telle qu'elle devra s'afficher dans les années 2010, c'est à dire adolescente, outrageuse, stupide, futile et sans lendemain, mais aussi expérimentale, car faite par des jeunes gens qui se sont très vite bâti une solide culture en usant des molettes de souris, et aussi ironique/cynique/désabusée probablement pour compléter le tableau... un truc volontiers exaspérant donc, plus jetable que les appareils photos à la mode avant qu'ils ne deviennent numériques, mais foutrement unique s'il en est. Crystal Castles synthétise à mes yeux, un peu comme Adult, ou mieux The Knife - pour lesquels j'éprouve la même forme de dégoût-envoûtement et auxquels ils ressemblent pas mal - une sorte d'insupportable niaiserie arty très actuelle et ouvertement gadget, mélange au shaker de genres plus ou moins douteux allant de la synth pop au shoegaze qu'on peut nommer "bitpop", "chiptune" ou "witch house", probablement pour des raisons aussi évidentes que mon cousin fût baptisé Mathurin. Une electro-techno-pop terriblement aseptisée mais pouvant par un miracle qui m'échappe offrir des instants de beauté crue. Il y a ce son à base de musique de game boy recyclée par des nerds (un truc vieux comme le monde paraît-il). Ces bip-bip débiles, ce pitch de pute en toc qui fait plic-ploc, ce son ultra-criard, volontiers fiévreux et sur-saturé comme chez Health, cri du pixel en rut qui colle aux baffles comme une fenêtre pop-up impossible à fermer... Superficiel oui, mais pouvant à l'occasion être gratuitement niais et agressif, pénétrant comme une aiguille. Crystal Castles est chétif, bâtard, sans but, provoquant, peut-être dangereux aussi. Il charrie l'odeur cybernétique malsaine d'une de ces pubs pour les forfaits 'mobile étudiant', il est le regard vide et angoissant d'une collégienne abusée par des fans de Muse sous un abribus urbain au terme d'un apéro géant facebook. Une saloperie nocturne sauce vodka limonade qui rime à rien, mais qui va s'inscrire profondément en toi alors que t'avais rien demandé, comme le font ces mélodies 8-bit écartelées sur ce disque à la con... un nouveau fruit fluo de notre époque, du flux, du patchwork déifié, des sous-produits de sous-genres de sous-étiquettes, autant de petits porte-clés musicaux fuchsias luisants, grouillants dans cet accoutrement visual kei très grand très touffu et très moche qui nous sert de web... un produit moqueur et froid de ces putains d'années, dont il ne faut pas chercher à comprendre quelque chose, de notre new wave, de notre maintenant ; ton envie trognonne de sortir ton disque de pop electro expé dance bidule toi aussi, plus bâtard et malicieusement accrocheur que les autres - de ne plus faire ce même cauchemar éveillé, ce même rêve, dans lequel tu cours sans t'arrêter dans des couloirs sans fin tapissés par des projections en accéléré du dernier tube de Lady Gaga compressé à mort, une érection douloureuse, les yeux rougis par la fatigue de trop ingurgiter, et des photos numériques jpeg dénaturées sur photoshop qui défilent trop vite pour te souvenir quels amis quelles stars ou quels logos sont dessus, tandis qu'une bribe de phrase résonne par intermittence dans ton oreille interne comme le sarcasme d'une petite allumeuse frivole : "SANS LENDEMAIN ? MAIS TROP CON CE MEC LOL !!!". La note ci-dessous a valeur de lichen, le disque de bonsaï.

note       Publiée le vendredi 17 juin 2011

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notes

Note moyenne        17 votes

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Dioneo › jeudi 14 novembre 2013 - 20:15  message privé !
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Tiens, marrant... Je suis en train d'écouter leur dernier, juste là - III, il s'appelle - eh ben... L'excellente chro corbakienne lui colle parfaitement aux nippes H&M. C'est à dire : à la fois insupportable, intolérable, imbitable et obscurément attirant. (Probable que l'écœurement prenne assez vite le dessus, ceci-dit, comme c'est parti).

(EDIT : Bon, arrivant au bout... Celui-là je ne sais pas mais ledit dernier, comme prévu, le côté pub SFR/nastykikoolol me tape quand-même très vite sur les nerfs ! Mon organisme me dit un peu "n'essaye surtout pas de te le greffer", quand-même, au bout du compte).

nowyouknow › jeudi 13 septembre 2012 - 14:44  message privé !

artificiel et putassier avec un grain de folie et d’expérimentations. J'aime beaucoup, alors que le premier passe vraiment pas malgré alice practice et courtship dating

Note donnée au disque :       
Jean Rhume › mercredi 16 mai 2012 - 21:05  message privé !

Moyen d'accord sur le fond, c'est un discours à double tranchant. Sans parler précisément de ce disque, il y a des musiques qui s'envolent littéralement sous l'emprise de trucs-bidules, ce qui ne veut pas dire qu'elles sont inécoutables à jeun ou qu'elles sont intrinsèquement merdiques.
Et bravo pour la chro de Raven qui est super bien vue.

Note donnée au disque :       
Saule_Cygne › mercredi 16 mai 2012 - 20:39  message privé !

C'est dire s'il doit être mauvais si t'as besoin de drogue pour le faire passer...

JeuneEtPourris › mercredi 16 mai 2012 - 08:01  message privé !

Cet album est à consommer avec de la méthamphet

Note donnée au disque :