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Current 93 › Judas as black moth - hallucinatory patripassianist song

cd | 18 titres | 75 :03 min | alpha

  • 1 Long Shadow Falls [2:17]
  • 2 Good Morning, Great Moloch [ 3:29]
  • 3 Mockingbird [4:01]
  • 4 Mary Waits In Silence [ 2:57]
  • 5 Sunset [ 3:23]
  • 6 Alone [ 6:07]
  • 7 Calling For Vanished Faces I [ 1:52]
  • 8 A Gothic Lovesong (For N.) [ 5:55]
  • 9 Oh Coal Black Smith [ 4:49]
  • 10 They Return To Their Earth [ 6:20]
  • 11 Lucifer Over London [ 7:50]
  • 12 Walking Like Shadow [ 3:09]
  • 13 Niemandswasser [6:07]
  • 14 All The Pretty Little Horses [2:43]
  • 15 Calling For Vanished Faces II [4:05]
  • 16 All The World Makes Great Blood [ 3:55]
  • 17 So: This Empire Is Nothing [1:07]
  • 18 Whilst The Night Rejoices Profound And Still [ 4:22]

cd | 14 titres | 70 :46 min | omega

  • 1 Where The Long Shadow Falls [ 6:09]
  • 2 Larkspur And Lazarus [6:02]
  • 3 The Inmost Light Itself [ 9:29]
  • 4 The Great, Bloody And Bruised Veil Of This World [ 4:14]
  • 5 All The Pretty Little Horses [ 2:42]
  • 6 Red Hawthorn Tree [4:33]
  • 7 The Signs In The Stars [ 3:41]
  • 8 The Death Of The Corn [ 6:01]
  • 9 Time Tryeth Truth [4:27]
  • 10 The Bloodbells Chime [ 3:00]
  • 11 Sleep Has His House [ 3:24]
  • 12 Sad-Go-Round [ 5:43]
  • 13 The Teeth Of The Winds Of The Sea [ 7:15]
  • 14 A Soft Voice Whispers Nothing [3:33]

line up

cf disques correspondants

Musiciens additionnels : Nick Cave (chant sur la première version d'All the Pretty Horses), Shirley Collins (chant sur la deuxième version d'All the Pretty Horses)

remarques

Compilation de morceaux de la période 88-2004 (grosso modo), issus des albums suivants : All the Pretty Little Horses;Sleep Has His House; Soft Black Stars; Thunder Perfect Mind; Black Ships Are the Sky; Halo; Swastikas for Noddy; SixSixSix: SickSickSick; Bright Yellow Moon; Of Ruine or Some Blazing Starre ; In a Foreign Town, In a Foreign Land.

chronique

Les papillons noirs de ce Judas-là ne sont pas ceux de Gainsbourg... Ils sont ceux de la pénitence, des visions lovecraftiennes, et d’un champ de bataille jonché de cadavres et de fantômes. J’ai un rapport assez bizarre avec Current 93. Découvert beaucoup trop tôt dans mon parcours musical avec l’achat d’Emblems (double compilation dont ce Judas est la suite, avec Calling for Vanished Faces, les trois formant un énorme best of) suite à l’unique download d’une incroyable chanson hantée et douloureuse (I’m the One), j’ai toujours eu l’impression de rester en lisière du sous-bois délétère et organique qu’est leur œuvre. Ça tombe bien, Judas as Black Moth en est la porte d’entrée la plus facile d’accès qu’on puisse trouver. C’est que cette double compilation se focalise la période la plus assagie et folk du groupe. Tibet semble avoir attendu que les années lui donnent de l’assurance et un statut culte pour se lancer dans un folk crépusculaire typiquement anglais dont il est l’un des chantres notoires... C’est apparemment la découverte du Anthems in Eden des sœurs Collins qui l’a décidé à sauter le pas. Mais il y a d’autres œuvres des 70’s dont nous parlerons ici (certaines y sont déjà, comme Comus), et dont notre barde sous absinthe se réclame. Pour l’heure, nous voici donc perdus dans une lande grise, aux arbustes lépreux, sous un ciel de plomb, alors qu’un désert de tourbe et de chaux semble s’étendre à perte de vue de tous côtés. C’est dans cet espace métaphysique que Tibet met en scène ses fantasmes occultes et ses poésies, comme les créatures surréalistes de Dali apparaissent au milieu du désert de Don Quichotte. Sauf qu’ici, le folklore est résolument anglais jusqu’à la racine, tantôt médiéval, tantôt Shakespearien. Car sans parler d’un Artaud ou d’un Lautréamont, c’est définitivement le délire du Roi Lear qu’évoque le torrent d’images grotesques de Tibet… Comme si son fou avait continué à errer jusqu’à la fin des temps sur cette lande où la nuit arctique semble s’être abattue pour toujours, seul sans son roi, après la tempête. C’est pour ces textes si profonds, pour ce folk ciselé et habité, que Current 93 est légendaire. Pas pour les travaux indus, selon moi. La qualité est si constante, et le songwriting de Tibet si viscéralement unique et seul (même si en réalité toute la musique est composée par le plus que discret Michael Cashmore), que l’on ne se lasse aucunement le long de ces 32 titres ! Moments frappants : le final de Sunset, qui rappelle que la bête peut se réveiller à tout moment, au détour d’une caresse ou d’une incantation répétée (ce buisson a une forme bizarre… aaaah !!!), le psychédélisme électrique de Sad-Go-Round et Lucifer Over London (qui reprend le riff de Paranoid de Black Sabb sans perdre une once de cohérence aristocratique), ou encore A Gothic Love Song, qui parvient carrément à rendre noble l’apparat de ce qui semble bien être une jeune fashionista goth… Une fois attirée dans son antre, le corbeau ne perd pas une seconde pour se transformer en chauve-souris au groin de sanglier et à la langue de serpent et lui chanter le monstrueux ‘Oh Coal Black Smith’, une vieille nursery rhyme écossaise perverse, que Tibet transcende par un chant possédé. Une sorte d’arche de noé infernale à elle seule, cette chanson. Terrible.

note       Publiée le vendredi 10 juin 2011

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No background › lundi 13 juin 2011 - 11:01  message privé !

Les années 2000 ont été période de vache maigre pour Current 93, on ne peut que se réjouir de la reprise d'activité : trois albums en trois ans, des lives. Quant à Michael Cashmore, aucune sortie depuis un EP en 2008.
J'ai un peu plus de réserve sur Honeysuckle mais Aleph et Baalstorm sont très bons.

Mountain of Judgement › lundi 13 juin 2011 - 10:30  message privé !

Ah! mais ce "Anthems in Eden des sœurs Collins" cité dans la chro est savoureux!

Note donnée au disque :       
Twilight › lundi 13 juin 2011 - 01:15  message privé !
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Ils sont très bien ces derniers albums...

dariev stands › lundi 13 juin 2011 - 00:07  message privé !
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Non mais je sais que Cashmore écrit toute la musique, et j'ai déjà écouté Baalstorm et Aleph et je les trouve plaisants, même si c'est beaucoup beaucoup moins raffiné qu'avant (c'est plus vraiment le même "groupe" d'ailleurs). Tu sais, y'en a qui se renseignent avant de l'ouvrir sur un sujet, même si pour toi c'est sûrement une perte de temps. Si si j'te jure.

Wotzenknecht › dimanche 12 juin 2011 - 16:15  message privé !

dada > je veux bien, mais c'est juste que Tibet ne songwrite rien du tout sur les deux CDs dont tu parles... il textwrite, au mieux. Qu'il donne "l'illusion de" n'ajoute pas grand chose au schmilblick ; il donne juste la "patte" avec son imaginaire. Procure-toi les trois derniers albums (sans Cashmore donc) et tu verras ton beau rêve s'écrouler au milieu d'insipides copié-collés de post-rock gnangnans et pianoteries réchauffées. Si si, j'te jure, essaie.