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Danzig › Deth Red Sabaoth

cd • 11 titres • 52:00 min

  • 1Hammer of the Gods
  • 2The Revengeful
  • 3Rebel Spirit
  • 4Black Candy
  • 5On a Wicked Night
  • 6Deth Red Moon
  • 7Ju Ju Bone
  • 8Night Star Hell
  • 9Pyre of Souls Pt 1
  • 10Pyre of Souls Pt 2
  • 11Left Hand Rise Above

enregistrement

Production : Glenn Danzig.

line up

Glenn Danzig (chant, piano, basse, guitare, batterie), Johnny Kelly (batterie), Tommy Victor (guitare, basse)

remarques

chronique

Styles
hard rock
blues
Styles personnels
denzzig véritable

La piteuse photo du cartonné intérieur résume à sa façon les choses. Au premier plan, un Glenn à la peau fatiguée, lançant face caméra l'oeil terne et usé du prédateur déchu, dans lequel on devine sans mal la lueur d'une espérance : celle d'apparaître encore démon aux yeux du commun des mortels, de plaire, de subjuguer de magnétisme animal. Au second plan, une bimbo dénudée, dont la poitrine aussi sexy qu'une partie de pétanque arbore avec un semblant de véhémence la tragique fadeur de ces moules en silicone vomis par armées sur les tapis de l'industrie alimentaire pour finir sous les projecteurs de séries télévisées floridiennes relatant les déboires de naïves sauveteuses maritimes en bikini à partir de scénarios réchauffés. Oui, Deth Red Sabaoth sent vraiment le réchauffé... Je ne vais pas m'éterniser non plus (moui c'est ça) sur ce lamentable ersatz, mais il faut déjà commencer par admettre que l'absence de l'hirsute Rubin aux manettes, qui avait laissé Glenn pondre ses odieux disques de heavy metal indus faisandés illuminés par un ou deux grands morceaux, se fait toujours ressentir. Je n'ai toutefois pas encore tranché, pour savoir si la production de ce dernier Danzig est génialement pourrie, ou simplement indigne, pour ça il faudrait peut être déjà se demander si de pareilles compos, resucées caricaturales et javellisées des tubes d'antan, auraient été dignes d'avoir le son des quatre premiers. Pathétique ici (le refrain de "Deth Red Moon", minable, impuissant, à un tel degré qu'il en devient au fil des écoutes troublant, et finalement magnifique), ici tellement Danzig, dans cette foi indéfectible en des paroles qui paraîtraient seulement risibles chez d'autres ("Ju Ju Bone"), crachant là un simili-country rock tellement bateau qu'il s'en ancre tout seul dans la caboche ("On A Wicked Night"), lâchant ici une tentative de tube basée sur un riff piqué au Sweet Dreams version Manson ("Rebel Spirits"), déployant ici un "Pyre Of Souls" kilométrique pour guitare mal assortie, ou pondant là "Night Star Hell", tentative doom ringarde (le doom l'étant déjà par définition). Il y a des idées de mélodie ayant dépassé de longue la date de péremption, des solos signes de sénilité avancée, un chant qui n'est plus que l'ombre de lui-même, et c'est la frustration et l'envie de bien faire qui lient le tout. Et puis c'est presque une évidence, le charisme subsiste, telle l'ultime cendre des cigarillos abandonnés par Blondin sur ses bivouacs... une petite veilleuse qui brille et me réchauffe le coeur... ça y est, je l'ai dit. Ne pourra-t-elle atteindre que les plus fins gourmets de l'artifice, les sommeliers du madérisé, les fétichistes du candide, bref, les grands sensibles ? Il n'y a pourtant pas besoin d'être très sensible pour succomber à "Left Hand Rise Above", sa conclusion, petite soeur de "Going Down To Die", pas loin d'être aussi aveuglante de soul et de blues que l'étaient les "Blood & Tears", "Anything", ou "Let It Be Captured"... accablée, abattue, poignante, magistrale, me confirmant ce que j'avais senti dès ma première écoute : ce disque est un des bons voir des très bons Danzig, et s'il a des airs persistants de caricature, c'est parce que Danzig en est une à la base, avant le premier album solo c'en était déjà une, avant Samhain même, il en était une avant même de naître, probablement ; ce mec c'est celui qu'on rêve tous d'être quand on se prend pour Elvis, et on le découvre un jour, que lui rêve aussi d'être tellement plus que lui-même, qu'il est une éternelle TENTATIVE, ce qui fait sa force et sa beauté, et son Deth Red Sabbaoth est peut être révélateur et symbolique du personnage plus qu'aucun autre, de ce type aux fantasmes plus gros que ses biceps, qui sait qu'il ne sera jamais le King, mais qui hurle dans la nuit à s'en péter une veine, à croire en atteindre les étoiles, ce torse de malabar renfermant le coeur d'un loup sauvage, ce beauf qui rêve d'empires, nous pond des couplets comme des montées en puissance lubriques, désespéré de ne jamais bander assez pour combler, de ne jamais être assez baraqué pour amortir les pêches, de ne jamais gueuler assez fort, assez loin... je sais pas, peut-être que je m'emballe encore pour pas changer, mais rien qu'en voyant la pochette que veux tu que j'te dise tendre lecteur ? Glenn nous l'a maladroitement emballée dans du papier cadeau coquelicot, sa merde, et nous l'a tendue dans ses grosses mains, comme ce gosse infortuné que j'étais, ce week-end de la fête des mères où j'ai vendu à l'improviste mon best of de Twisted Sister à un pote pour payer des chocolats à ma maman, j'avais le regard comme Glenn quand je lui ai tendu, son petit ballotin, un regard plein d'amour de tendresse et tout, d'envie de faire plaisir, et en même temps un peu amer... Glenn donne son ballotin, Glenn emmerde les cyniques, il fantasme d'étoiles, comme moi, de putains d'étoiles qui brillent très très loin et très haut dans le ciel, et moi aussi un jour je sortirai mon Deth Red Sabaoth, mon come back sans finesse, quand je serai crevé de trop d'amour donné, de trop de générosité de moi-même, quand ma peau sera fatiguée, quand j'aurai à ma botte ces femmes qui ont cru me posséder, que je ferai mine de dédaigner, par la plus farouche volonté de dominer, et je vous lancerai ce regard terne, et j'entendrai vos rires vos sarcasmes, et je m'en foutrai, et ce regard, je le soutiendrai jusqu'à ce que vous baissiez les yeux, les loups font comme ça il paraît, et Glenn fait comme ça, sur cette terrible photo... bon... faut que je chiale là, cassez-vous.

note       Publiée le mardi 31 mai 2011

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notes

Note moyenne        6 votes

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vargounet › vendredi 24 octobre 2014 - 15:02  message privé !

On a Wicked Night en voilà un excellent titre! Album à creuser pour ma part ...

Harry Dickson › samedi 29 juin 2013 - 21:14  message privé !

J'y peux rien, le style de Victor + la voix de l'autre, ça marche toujours (même si je préfère Circle of Snakes).

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Potters field › mardi 22 janvier 2013 - 15:13  message privé !

hahaha !

born to gulo › mardi 22 janvier 2013 - 07:17  message privé !

mais écouter de l'indu, n'est-ce pas le fléau des internets ?

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vieille fessée › mardi 22 janvier 2013 - 04:14  message privé !

Un album inespéré. Après plus de 15 ans d'érence Glenn se remet enfin a faire quelque chose qui ressemble vraiment à du Danzig. Vivement la suite et en espérant que Glenn soit toujours aussi bien inspiré et qu'il ai moins écouté d'indu et un peu plus des Doors et d'Elvis...

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