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Pyramid Peak › The Cave

cd | 2 titres | 71:41 min

  • 1 Range Of Sound [33:44]
  • 2 Underground Movement [37:57]

enregistrement

Enregistré dans la grotte de Dechenhöhle en Allemagne le 24Octobre 2009

line up

Axel Stupplich, Andreas Morsch et Uwe Denzer (Claviers, synthés, séquenceurs, percussions électroniques et FX)

chronique

Un peu moins de 2 ans après la parution d’Evolution, Pyramid Peak donnait un concert dans la grotte de Dechenhöhle en Octobre 2009. Pour le Peak il ne s’agissait pas d’un premier concert dans cette grotte puisqu’il y avait déjà laissé ses empreintes sonores en 2002. Depuis le trio Allemand y est retourné 2 autres fois afin d’y laisser sa musique hanter les couloirs de cet attrait touristique de la ville d’Iserlohn. Malgré le haut degré d’humidité de l’endroit, Pyramid Peak est enfin parvenu à maîtriser les éléments de la grotte et soutirer un enregistrement de qualité de ce spectacle, mis à part des problèmes de distorsions sur Underground Movement qui, ma foi, sied très bien la perversité sonore du morceau. Bien que The Cave soit un concert sous la terre, la musique jouée représente fort bien l’univers ambivalent du Peak qui embrasse autant le cosmos que les entrailles d’une terre en fusion. Un album qui fut le plus gros vendeur du catalogue de Syngate en 2010. C’est tout en douceur que débute Range of Sound, un titre divisé en 2 longs segments et qui porte bien son appellation, tant il est un festin de sonorités composites. Le tout débute avec une intro éthérée où des ondes de synthé ondoient tout en scintillant parmi une panoplie de souffles synthétisés aux arômes célestes. Des notes de harpes s’égarent dans un cosmos aux allures d’un Éden en formation et on peut penser à Jarre et son fameux Fishing Junks at Sunset comme à Ramp pour ses lourdes atmosphères intrigantes truffé d’étranges sonorités glauques et de lourdes réverbérations souterraines qui dérangent ce festin d’harmonies où de lentes strates de synthé à la Axess flottent parmi des stries déchirantes et métalliques. De ce vacarme à la croisée des 2 mondes émerge un fin mouvement séquentiel dont les accords tambourinent dans un mouvement d’alternance sous un ciel sombre, rempli de fines explosions de grisous. L’univers musical du Peak se déploie avec ses synthés aux couches multi couleurs qui survolent une rythmique de plus en plus lourde, animée par des percussions électroniques aux résonnances métalliques. Le rythme bien installé, les synthés déploient leurs multiples sonorités y allant de longues strates sinueuses qui valsent auprès de brèves stries spiralées, des strates plus métallisées et de mélodieuses couches en suspension, alors que des percussions éparses éclatent ici et là ajoutant une profondeur rythmique, déjà assez bien garnie, à Range of Sound. Vers la 17ième minute le tempo s’épuise graduellement, plongeant Range of Sound vers un sombre passage atmosphérique où des échantillonnages vocaux s’élèvent au-dessus d’un univers musical bariolé de multiples sonorités électroniques. Nous flottons à la dérive, entre Software et Tomita, avant que le rythme clair de Pyramid Peak ne s’éveille avec ses séquences entrecroisées qui s’entrechoquent avec finesse pour former le magnétique univers rythmique du Peak. Un rythme langoureux avec un superbe duel de percussions et séquences sous des strates de synthé romanesques qui rappellent l’univers poétique de Vangelis. Toujours aussi hésitant que ses séquences et ses stridentes pulsations de synthé, le rythme de Range of Sound respire à peine sous cet univers aux multiples couleurs sonores. Mais il respire et se rendra jusqu’à son dernier souffle que ses synthés si omniprésents et si multi sonores étouffent de leurs syncrétiques souffles de métal. Underground Movement est plus violent et offre des structures différentes qui sont totalement à l’opposées de leurs évolutions. Tout d’abord, une nuée de beaux accords de synthé défilent et tournoient telle une spirale scintillante en ouverture d’Underground Movement. Un étrange ballet en spirale où d’autres accords bercent le mouvement, embelli d’une douce ouate mellotronnée. Des chœurs monastériaux enveloppent l’intro de chants Grégoriens. Une sombre chorale où voix de femmes et d’hommes se confondent autour des accords scintillants et une fine ligne de basse qui échappe de sourdes pulsations symétriques. Tel un carrousel pour chorale épicurienne l’intro d’Underground Movement vrille sous un univers sonore caustique avant que les chœurs ne flottent dans le néant. Un bref moment d’accalmie avant que des sirènes de synthé déchirent le silence, accompagnées de multiples séquences qui bondissent frénétiquement sur une structure qui hoquète d’un mouvement saccadé. La progression est nette et Underground Movement est saisi d’un furieux mouvement séquentiel dont les accords sautillent et s’entrechoquent sous des stries de synthé métalliques et de fluides accords qui cherchent à harmoniser ce furieux mouvement avec une douce mélodie accrochante. Underground Movement s’intensifie et devient plus lourd avec un synthé corrosif et des séquences furieuses qui pianotent farouchement une rythmique infernale stratifiée de lourdes strates, de chœurs liturgiques et des accords qui défilent telle une spirale inversée. Un rythme furieux qui s’apaise vers la 16ième minute avec un long passage atmosphérique où rythmes épars et énormes souffles de synthé métallisé ululent dans une grotte plus près des étoiles que de la terre. Un long mouvement ambiant qui s’éveille avec une douce séquence à la Peak, arrosée de délicats solos. De beaux solos qui flottent en suspension avec des essences flûtées et mélodieuses que les frappes de percussions électroniques allument d’une bonne cadence mélodieuse. Le beau calme après la furieuse tempête. Ça fait du bien d’entendre du bon Pyramid Peak. Quoique différent avec son approche structurelle de longues pièces musicales, The Cave s’inscrit dans la lignée de la magie musicale de Pyramid Peak. Un bel album d’une MÉ fidèle à l’empreinte sonore que le Peak laisse depuis Ocean Drive. Sauf que cette fois-ci la magie de Pyramid Peak est entourée d’une mystérieuse aura sonore où les séquences à la fois douces et tempétueuses, qui servent toujours d’assises à de superbes mélodies électroniques, trempent dans un syncrétique univers musical tapissé de sonorités métalliques qui surplombent ses magnifiques solos de synthé unique à la musicalité du Peak. Des solos langoureux et des strates mélancoliques sur des rythmes ambivalents. Ouais…lorsque je dis que ça fait du bien d’entendre du bon Peak!

note       Publiée le lundi 31 janvier 2011

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