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The Legendary Pink Dots › The Tower

lp • 12 titres • 00:00 min

  • face a
  • 1Black Zone
  • 2Break Day
  • 3Tower One
  • 4Vigil-Anti
  • 5A Lust For Powder
  • 6Poppy Day
  • face b
  • 7Tower Two
  • 8Astrid
  • 9Rope And Glory
  • 10Tower Three
  • 11Tower Four
  • 12Tower Five

enregistrement

Produit et arrangé par Pat Bermingham (In Phaze records)

line up

Roland Callaway (Roland Calloway) (basse), Edward Ka-spel (Che Banana) (chant, claviers, électronique, textes), April Lliffe (Sybill Strange-Cargo) (claviers, voix), Stret Majest (Stret Majest Alarme/Barry Gray) (guitares), Patrick Q Paganini (Patrick Pacganini Q) (violon, claviers), Phil Harmonix (claviers, électronique, percussion)

Musiciens additionnels : Lilly A.K. (Astrid), Armin Bliss

remarques

Remarques : nombreuses erreurs de tracklisting sur la version cd : Tower 2 est divisé entre la piste 7 et la 8, Astrid et Rope & Glory sont réunis sur la piste 9 et et Tower 4 et Tower 5 sur la 12. La deuxième pochette est celle de la réédition PIAS de 86, par Stephan Barbiery, auteur de toutes les pochettes du groupe pour PIAS jusqu’à Maria Dimension inclus. 'dedicated to the deviant (we must stick together)'

chronique

Styles
gothique
moyen-âge
new wave
Styles personnels
synth-wave/minimal wave

"Everybody, swing to the right", chantaient les Minutemen… A peu près à la même époque, c’est d’une toute autre manière que les Legendary Pink Dots, groupe résolument atypique (même au sein de la petite scène indus/minimal du label In Phaze), abordait le détestable virage politique et moral de ces années 80. The Tower est un album-concept centré sur la Tour de Londres, célèbre prison politique en activité au Xe-XIIe siècle (d’où l’odeur moyenâgeuse qui parsème ces chansons). Pourtant, c’est la ville de Nuremberg qui inspirera ce disque, clairement le plus ambitieux du groupe à ce stade. Un classique de leur discographie, qui parvient à former un tout cohérent et indivisible, alors que la majorité des compos existe en format brouillon sur les K7 DIY du groupe (tout l'album est déjà quasiment sur Chemical Playschool 3). Le kitsch y cache pendant un temps les spectres sous la surface, bien vite apparents aux oreilles attentives : guitares épiques mais endolories (sur les ‘Tower’), violon solitaire et déchirant, basse funky en décalage cruel avec la sombre couleur dominante (tourment et persécutions) Il s’agit plus d’un cri de désespoir que d’un règlement de comptes. Les Pink Dots, fans de Krautrock au milieu de la scène indus/coldwave, sonnent ici comme un Roxy Music lo-fi, ou un Bowie qui aurait décidé de refaire Diamond Dogs sous lexomil avec le son de Ashes To Ashes au lieu de virer yuppie. Le résultat exsude une atmosphère d’occupation ennemie (Black Zone), de peur greffée au ventre (A lust for powder) et de morts absurdes (Poppy day, glacial et immobile)… Le groupe ne s’appesantit guère plus de 3 minutes par idée, et prouve que le format pop est un canevas idéal pour son inspiration, sans l'empêcher d’être terriblement ténébreux, proposant même des variations sur le thème d’Elephant Man (le film de Lynch) avec paroles façon "nursery rhyme" qui virent à l’anecdote violente. Une idée géniale, pour une face B qui commence dans un malaise indescriptible, appuyé par une utilisation des synthétiseurs stupéfiante. Chœurs féminins, puis orgue de barbarie, valse cauchemardesque (à l’instar de Break Day), polka robotique… On se croirait dans une parade de freaks. Le thème devient alors une des multiples ritournelles médiévales habillant les textes paranoïaques de l’album… Quoique, après vision d’un film comme "Incendies", rien ne semble exagérément parano. C’est le moment que la voix féminine entr’aperçue à la fin de Tower 2 choisit pour revenir se lamenter à gorge déployée sur la lâcheté de son amant. Elle s’appelle Astrid, et c’est l’un des personnages récurrents de l’album, avec le Monkey et le Capitaine, tous trois apparaissant déjà sur les premières K7 du groupe… Tout comme la mélodie. La chanson est un chef d’œuvre absolu, mais d’où sort cette madone à la voix de déesse ? Tower 3 continue dans les scènes de guerre : rythme calé sur les bottes qui battent le pavé… On danse au pas de l’oie à naziland : "The echo of a thousand marching boots hammers on the air"... et ça se termine de façon troublante par ces mots, étouffés par une montée de synthés annonçant un désastre : "A golden age lies around the corner… Any day now". Troublante allusion à deux futurs albums du groupe. Difficile de mieux résumer les années 80. Le petit texte au dos du 33tours, issu de Apocalypse Then (sur Brighter Now) est d’ailleurs dans cette veine prophétique, prévoyant 89 comme une révolution faisant écho à celle ayant eu lieu 200 ans plus tôt (une obsession récurrente de Ka-Spel). Tower 4 semble une ascension par paliers mécaniques, marqués par la guitare post-punk, comme si de petits soldats de plomb gravissaient une tour de Babel en allumettes… Après que tout soit réduit en cendres, Ka-Spel, conteur à l’écart du monde des hommes, vient murmurer le sinistre bilan dans la berceuse finale, tel le messager d’Hadès : "You chose your grave. Now lie there". The Tower, pris dans son ensemble, est décidément une œuvre extrêmement pessimiste et angoissée au sujet du genre humain… Oppression, discorde… "I want discipline", hurlait Genesis P-Orridge. "Their favorite word" précise Ka-Spel. En cette Orwellienne année où le mouvement industriel périclite et où la synth-pop devient franchement commerciale et vide, bande-son idéale de l’effrayante réélection de Thatcher à la tête du pays, notre troubadour quitte le navire et emprunte le ferryboat pour les Pays-Bas. The Lovers, enregistré là-bas à l’automne 84 et en partie dédié à celle pour qui il s’expatrie, sera à des lieues d’un tel constat pessimiste…

note       Publiée le lundi 31 janvier 2011

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notes

Note moyenne        10 votes

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Wotzenknecht › dimanche 12 mars 2017 - 21:46  message privé !
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Because the Black Zone's here to stay
and it's here to protect us
'til that black and bitter day when test-tube
spills and blows us all away

Argh, voilà que je replonge ! Ca groupe est au-delà de tout.

Note donnée au disque :       
dariev stands › mardi 16 septembre 2014 - 14:04  message privé !
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Par aborder, je causais de remonter à partir de Any Day Now... Une fois que tu t'es enquillé Asylum, Curse et Faces in the Fire, à mon avis, soit t'es écœuré à vie, soit tu vas complètement adorer les 1ères k7. Pour quelqu'un qui aime la cold wave à mon avis la deuxième option primera. En fait leur disco n'a rien de compliqué, quand tout est bon ou presque, tout est simple. Faut juste regarder la date. Comme pour tout. (ça vaut pas pour Current 93 à mon sens, par exemple, plus inégal)

Klarinetthor › lundi 15 septembre 2014 - 14:21  message privé !

Ah zut dariev va falloir que je réécoute tout ça; je maintiens que ce n'est pas vraiment ce par quoi il faut aborder les taches roses; ni les quelques derniers que j'ai pu écouter, certainement

dariev stands › lundi 15 septembre 2014 - 13:17  message privé !
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Klari > Pour peu qu'on aime un peu la minimal wave et les trucs à la Ariel Pink 1ère période ou le son du label not not fun par exemple, ces 1ères K7 sont un genre de sommet. à mon avis quelqu'un qui supporte les synthés archi vieillis de The Tower a déjà fait plus de la moitié du chemin pour adhérer au son lo-fi des tout débuts. Pas du tout pour le die-hard je dirais, au contraire des sorties ambient récentes...

Batwings › lundi 15 septembre 2014 - 05:22  message privé !

Merci pour les conseils!