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Panopticon › Cycle Phase Two : Dawn of the new world

cd | 10 titres | 66:04 min

  • 1 Ashes Burning
  • 2 Left in the lurch
  • 3 A reminder
  • 4 Sewer's keeper
  • 5 Ground & sky
  • 6 Pandemonia
  • 7 Stormwatch
  • 8 Spirits arise
  • 9 Dawn of a new world
  • 10 Dawn of a new world coda

enregistrement

Improvisé et enregistré live au Studio Molière, Bruxelles, le 17 Juin 2009 - Postproduction, editing, mixage et overdubs au Goddess Studio, Bruxelles, Juillet 2009 par Domenico Solazzo - Ingé-son : Eric Renwart - Assistant : Matthieu Duvault

line up

Domenico Solazzo (drums, percussions, noises, direction), Jean-Pierre Bouquelle (alto & sopranino saxophones, voice), Olivier Catala (bass, direction), Michel Delville (guitar, effects), J.J.Duerinckx (baryton & sopranino saxophones, direction), Antoine Guenet (keyboards, direction), Chervin Laporte (keyboards), Pierre Mottet (bass, effects), Rik Staelens (saxophones, bass clarinet, woodwinds, direction), Martine Verbrugghe (alto & soprano saxophones, voice)

chronique

Styles
jazz
avant garde
free jazz
Styles personnels
improvisation

Voilà donc le pendant “optimiste” succédant à Dusk of the old world. Là où ce dernier arborait des couleurs classes un design classieusement torturé, à l’image des précédentes pochettes de Solazzo, Dawn of the new world, propose l’image d’un fœtus baignant dans un bleu innocent, image d’épinal naïve et éculée s’il en est, mais nécessaire contrepoint pour l’alchimie de Panopticon, qui n’est qu’inlassable construction appolinienne, équilibre et humilité (attention, je n’ai pas dit "classicisme"). Tout comme le premier volet du diptyque, ce Dawn of the new world rentre dans le vif du sujet dès les premières mesures : une mise en place incroyable de souplesse et d’entente entre les musiciens, autour d’un canevas simple, mais enrichi à une vitesse affolante. Et très vite, ils passent à autre chose, au groove plus fusion et frontal de Left in the Lurch. Les premiers soubresauts du nouveau monde sont bien précoces. A moins qu’il ne s’agisse des derniers spasmes d’agonie de l’ancien ? Les contorsions de la guitare de Michel Delville, presque semblables aux coulées d’un saxophone, sont captivantes. Comme si l’on n’était pas déjà rivé aux enceintes, curieux de ce qui pourra bien nous arriver ensuite, A Reminder vient sonner à nos oreilles comme un lugubre sursaut de vie, à la manière du balai de Mickey dans L’apprenti sorcier. Il semble que la vie émane toujours du monceau de vanité et de gâchis qu’est devenu notre terre blessée, comme en témoigne le morceau suivant, Sewer’s Keeper, plan séquence sur une fourmillière souterraine, où nos musiciens redoublent d’ardeur pour empiler les richesses étages après étages de leur galerie… Panopticon à son sommet, tout simplement. “Are you content with this kind of status quo ?”, vient nous lanciner un sample de film (ici, la série Twilight Zone, 4ème saison). De la capitale européenne semble émerger le même esprit d’exigence et de refus de la médiocrité qui anime les chef d’œuvres de la musique sombre qu’on loue tant ici, Aenima de Tool en tête (je pense notamment au morceau titre). L’idée de la revanche de la nature par le chaos et la destruction n’est pas neuve, mais son utilisation dans un disque de jazz l’est, en revanche. Panopticon tient à faire perdurer cet état de grâce créative et ça se sent, car le titre suivant, Ground & Sky, déroute encore un peu plus l’auditeur pour illustrer la naissance de quelque chose de nouveau, d’inespéré, d’innatendu… Des chants d’enfants africains qui laissent imperceptiblement place à une ritournelle presque minimaliste (dans le sens Terry Riley du terme) et évocatrice d’une nature sauvage et non souillée. Mais, toujours dans un esprit de contrepied, le groupe renchérit en plaçant un Pandemonia ivre et perturbé, courte pièce incongrue qui annonce le début de la 2ème partie du disque. Le long Stormwatch, comme son nom l’indique, n’est qu’attente fébrile, renouant avec le côté ambient du groupe, preuve que tous ses aspects sont représentés dans cette aventure studio. Une attente qui débouche sur une belle sérénité au seuil de Spirits Arise. Coincidence étonnante, le morceau titre final me pousse à faire une nouvelle référence indirecte à Fantasia puisque les parties de vibraphone m’y évoquent la Danse de la fée dragée de Tchaikovsky. Ce nouveau monde semble pourtant bien fragile, et l’anxiété reste palpable en filigrane… Bilan de l’essai studio : pari réussi.

note       Publiée le mercredi 19 janvier 2011

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