Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesGGlobal Communication › 76:14

Global Communication › 76:14

cd • 10 titres • 76:14 min

  • 14 02 4:02
  • 214 31 14:31
  • 39 25 9:25
  • 49 39 9:39
  • 57 397:39
  • 60 54 0:54
  • 78 07 8:07
  • 85 23 5:23
  • 94 14 4:14
  • 1012 18 12:18

line up

Tom Middleton, Mark Pritchard

remarques

chronique

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un album hyperculte et archi-connu des amateurs de musiques électroniques, à savoir l'unique opus de Global Communication, qui a été ressassé tant et si bien dans tous les ouvrages couvrant la musique électronique qu'il va bien falloir qu'on se demande pourquoi. Donc, selon l'avis général, il s'agit là de la pierre angulaire de l'ambient 90's, en contraste avec la première vague amorcée par Brian Eno une vingtaine d'années auparavant. C'est intemporel, onirique, magique ; ca fait voyager, rêver, dormir, et ca a donné des idées à des milliers d'artistes plus ou moins inspirés par la suite. Voilà pour ce qui en est dit. L'idée de base et que l'on peut saluer, en continuation directe avec une pensée courante du monde de la musique électronique d'alors, c'est que l'individualité de l'artiste doit se retirer au maximum afin de laisser les machines et les visuels s'exprimer par eux-même. C'est ce qui transparait dans ces innombrabres pochettes colorées qui ont un temps rempli les bacs techno : difficile souvent de mettre le grappin sur un nom, un producteur ou un artiste. Nombreux sont ceux qui ont poursuivi cette recherche de l'anonymat musical, préférant lui substituer un langage universel, du moins transculturel – c'est dans cette logique que le nom du groupe apparait, tout autant que sa pochette en morse et ses titres qui ne reflètent que leur durée. Tout est donc ouvert à l'exploration personnelle. Mais qu'est-ce qui a donc pu provoquer un tel engouement, alors que la musique, bien que de très bonne facture, n'a pourtant rien de fondamentalement avant-gardiste ou extraordinaire pour l'époque ? Aphex Twin avait déjà sorti ses Ambient Works, Autechre son Incunabula – Orbital, Biosphere, tout comme The Orb, étaient déjà bien présents. C'est plutôt donc sur un terreau bien fertile qu'a pu pousser ce 76:14 qui, reconnaissons-le, fourmille de richesses ; impossible de passer outre le métronome emblématique de '14:31', ni de négliger l'influence qu'aura '9:25' sur des groupes comme Solar Quest ou Carbon Based Lifeforms. La production spatiale, si immersive par moments ('9:39') couplée aux nouveaux cliquetis empruntés à la techno joue beaucoup dans cette remise à niveau de l'ambient vieillissante des seventies. Il faut aussi savoir resituer certaines pièces dans un contexte électronique minimaliste, avec '8:07' proche de Steve Reich, et surtout une seconde moitié d'album qui doit certaines de ses mélodies au Risky Business de Tangerine Dream. On est donc dans un domaine irréel et uchronique où se croisent vieille séquences analogiques progressives, space-ambient Enoesques, rythmes downtempo en pleine vague chillout, et emphase sur les pads réverbérés que de nombreux artistes continuent à utiliser sans vergogne aujourd'hui. La réussite de l'opus serait donc dans sa capacité à rester cohérent malgré ses influences très diverses, et à conserver une douceur naïve typique de cette scène et de cette époque. Cela en fait-il un chef d'oeuvre ? Pour moi, ce sera non – Au delà de certaines sonorités vieillissantes, il n'est qu'un excellent point de départ, véritable coup d'envoi pour certains labels tels que Em:t ou, plus récemment, Ultimae Records qui quant à eux se feront les écuries d'une musique électronique ambient transfigurée, et, comme nous le verrons, riches en coups de maîtres.

note       Publiée le mercredi 19 janvier 2011

Dans le même esprit, Wotzenknecht vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "76:14".

notes

Note moyenne        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "76:14".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "76:14".

grinningFace › lundi 28 février 2011 - 13:11  message privé !

Mmmmmhhh Bola et Emeralds... Merci No background, m'en va me ruer dessus comme sur un éclair au chocolat...

Note donnée au disque :       
No background › lundi 28 février 2011 - 09:57  message privé !

J'avais également commencé à m'intéresser au style, mais je ne suis pas allé bien loin. Dans les trucs post-2000, y avait Three organic experiences d'Aglaia mais je m'en rappelle plus... le Gnayse de Bola m'avait bien scotché. Le Does it look like I'm here? (2010) d'Emeralds n'a pas l'air mal.

grinningFace › dimanche 27 février 2011 - 19:20  message privé !

Elle est gentille ma boulimie, deux-trois caries pas plus, y a des maîtres es-chicots sur ce site et j'y fait pale figure (cf les dernier blinds)...

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › dimanche 27 février 2011 - 19:12  message privé !
avatar

Gare à la boulimie, ca pourrit les dents...

grinningFace › dimanche 27 février 2011 - 18:31  message privé !

Réponse à Wotzy : "J'en ai cité pas mal dans cette volée de chroniques justement... tu peux toujours chercher par toi-même en attendant que j'ai re-le temps de m'en occuper :)" Effectivement, Orbital, Biosphere, Eno, TDream, Aphex Twin, Autechre... Je connais et j'apprécie (The Orb, un peu moins), FSOL (Dead City, itou mais j'ai du mal maintenant, trop écouté à une époque). Steve Reich, un poil mais j'accroche pas trop. Reste Solar Quest, que je ne connais absolument pas... Et à regarder du côté du label Ultimae, même si une rapide écoute des samples ne m'a pas forcément convaincu sur les poulains en présence (mais bon des samples pour découvrir c'est pas la panacée... Bref, je ne m'adresse pas forcément à Wotzy mais aux autres chroniqueurs ou non, qui ont peut être des pistes juteuses...

Note donnée au disque :