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Motörhead › Ace of spades

cd | 12 titres

  • 1 Ace of spades
  • 2 Love me like a reptile
  • 3 Shoot you in the back
  • 4 Live to win
  • 5 Fast and loose
  • 6 (We are) The road crew
  • 7 Fire fire
  • 8 Jailbait
  • 9 Dance
  • 10 Bite the bullet
  • 11 The chase is better than the catch
  • 12 The hammer

enregistrement

Enregistré entre le 4 août et le 15 septembre 1980

line up

Eddie Clarke (guitares), Lemmy Kilmister (chant, basse), Philthy Animal Taylor (batterie)

remarques

L'édition de 1996 propose les bonus tracks suivants : 13/ Dirty love - 14/ Please don't touch - 15/ Emergency. Les titres 14 et 15 sont issus du EP "St. Valentines day massacre" avec Girlschool.

chronique

Styles
rock

Et c'est reparti pour un tour ! Et quel tour ! Toujours plus fort, toujours plus vite, toujours plus extrême. Motörhead repousse ici encore une fois les limites du rock. Aujourd'hui, même si cela a pas mal vieilli, l'énergie est bien présente ("Ace of spades" ou "The hammer" principalement). D'ailleurs il ne faut pas vraiment rechercher grand chose d'autre avec ce "Ace of spades", les compos sont à peu près toutes basiques, efficaces, mais bien peu diversifiées... Les titres sont plus courts, plus directs, pour le raffinement, on repassera ! Les vocaux de Lemmy commencent à être moins mélodiques et plus "rocailleux". Ne cherchez pas d'évolutions notables encore ici, ne réfléchissez pas, prenez juste ce "Ace of spades" tel qu'il est, c'est-à-dire comme du bon speed rock bien burné, et c'est tout ! Pas révolutionnaire, à part la vitesse (!), mais en tout cas rafraîchissant !

note       Publiée le dimanche 5 mai 2002

chronique

Styles
rock
Styles personnels
'n'roll

Lemmy n'a jamais fait qu'une musique : du Rock n' roll. Overkill est le Rock. Ace Of Spades est le n' roll. C'est un mouvement, c'est quelque chose qui ne se saisit pas vraiment, qui n'a rien du cristallisable, les suffrages qui en ont fait l'ami public numéro un dans les journaux n'y changeront jamais rien (les détracteurs mettant quant à eux l'amour pas assez raisonnable pour l'As de Pique sur le compte du single-titre ; mais on a vu tenir le même propos contre Overkill... qu'ils aillent tous se faire mettre). A.O.S., c'est une pulsion. Le plus vite possible...tout vandaliser, encrasser, assécher comme la gorge de Lem' dans cet album. Traverser ce désert en incandescence existentielle. Speed ? Speed ! Leur disque le plus sec (dry, neat). Rocks = glaçons. Whiskey sans glace, pour accompagner mon Ace of Spades - elle n'aurait pas le temps de fondre de toute façon. Gosier cramé au cigarillo inhalé à pleins poumons ? Inspiration totale même quand il est à bout de souffle, moyens limités qui ne limitent rien du tout. Rythme d'une cavale pour sauver sa peau. Reptile. Si tu n'as pas vu le 'Wanted : dead or alive' placardé sur tous les murs de Bastard Town depuis le temps... c'est que tu l'as cherché, inconsciemment, et peut-être bien toute ta vie... Le Venin. De ta vie. Revivre par-delà le fantasme d'être un flibustier dans le sillage de Kilmonsieur, rien qu'un peu. Avoir les éperons qu'il faut aux santiags pour piquer les flancs du destin jusqu'au sang. Tenir les rênes de cet étalon d'un aller sans retour, lançé vers où tu sais depuis que tu as réalisé que tu y allais comme tous les autres. Pouvoir être le bandit en cavale, insaisissable, rapide et liquide, dans un Ouest de shérifs emprisonneurs de riffs comme tous ces hommes de loi qui veulent la chose solide et inerte (sur Ace of Spades Lemmy ne fait pas étalage d'insignes militaires, une carte suffit) et cherchent sans cesse à stopper ce qui ne peut s'arrêter, dans un Ouest de chercheurs d'or qui ne voient pas la banque à portée de canon ; c'est pas de la fiction tout ça ; c'est en toi, en ce moment... Renouer avec l'essence de cette musique dans son Far West qui peut être le plus anonyme des terrains vagues périurbains (pochette culte au passage et seul grand Motörhead qui ne soit pas orné de l'habituel Bastard), vivre sa jouissance brute ne serait-ce qu'une demie-heure, cribler le pied-tendre juste avant la provocation en duel, gronder le chinois et piétiner ses draps, rouler libre au vent comme la tumbleweed. Ces douze balles fusent telles des cartes de poker lancées par la plus habile des canailles (leur tranche peut réellement couper une pastèque et en faire jaillir toute la belle pulpe). Tu perds / tu gagnes, c'est du pareil au même. Il n'y a aucune chanson figée sur Ace of Spades, il n'y a pas d'objet de célébration froid appelé "morceau", aucune de ces tristes statues empilables pour ceux qui voudraient chosifier la flamme : tout est chaud, tout noircit les veines pour mieux les réveiller. L'éponyme en introduction est une accélération démente à la suite des plus cools coups de pétoires de Bomber. Le reste suit dans une même trajectoire, chacune des suivantes est une carte sublime qui fait mouche. À ce niveau Ace of Spades est aussi l'album le plus homogène de Motörhead. Se poser en adoration devant un moment plus qu'un autre c'est déjà se fourvoyer sur ce qu'est ce disque de Lemmy Luke dépravé mais galant homme. (Si vous insistiez vraiment, je choisirais alors en petit crevard ces quelques secondes en suspension qui sont la seule "accalmie" objective d'Ace of Spades, soit le faux-break de "The chase is better than the catch", avec la basse nue et ces râles du père Lemmy qui m'irradient jusqu'aux tripes - "let me hear you"...) L'effet Ace of Spades est celui d'une déflagration vitale, forcément courte mais intense. C'est aussi le disque sur lequel Lemmy a le plus réussi à jouer les yankees, en étant ultra-rosbiff dans sa manière (authentiquement vicieuse et spontanée, à rendre tous les punks jaloux). Il faut aussi dire qu'Ace of Spades ne s'auto-célèbre pas comme certains des disques suivants aimeront le faire. D'abord parce qu'il a pas le temps. Il vit ; est vit. Lemmy ne s'y adresse qu'à ses maîtresses ou à ses victimes. La volonté du Lemmy d'Ace of Spades est de vivre le plus intensément, pas éternellement - et qui l'aime le suive (mais il va falloir s'accrocher !) Douter d'Ace of Spades ? Bordel de merde, mais c'est réfléchir pendant un hold-up !!! Tu restes sur le plancher, tu refuse de suivre la guitare venimeuse, velue et liquide d'Eddie ? La frappe animale de Philthy ne te met pas des frissons un peu partout ? Va chez le croque-mort, il prendra tes mesures. Tu n'iras pas à tombeau ouvert. Le magot ne sera pas à toi, ni les joies de ces dames, ni le butin. Comment ça, cet album n'est pas barraqué et écrasant comme d'autres Motörhead ??! En effet ! Il est svelte, oui ! C'est un crotale, bête furtive qui t'injecte son venin dans les guibolles sans prévenir, si par accident tu marches trop près, dans le désert arride. Le Venin ! Et un serpent sur lequel tu auras du mal à foutre un coup de talon, car il est de poudre, car il est de sang, car il se jette sur sa proie sans réfléchir. Snake eyes watching you. Svelte comme Eastwood dans sa jeunesse, Motörhead est déjà ridé jeune. Motörhead se font pistoleros, leurs guitares ou baguettes des colts qu'ils manient avec autant de spontanéité que leurs quéquettes. Ace of Spades est western-record à l'urgence de combustion spontanée ; ici on ne temporise jamais façon Leone, juste shoot sur shoot sur shoutout. Le seul "artifice" restera - non pas la reverb qui donne cette teinte délicieusement sordide aux vieux Motörhead - le barillet-crécelle, repris à Bomber mais plus à sa place ici que sur aucun autre car les sonnettes du crotale sont dans leur élément. Majeur vertical, serpent en position d'attaque ; mineure à l'horizontale, juste après la mue. Ce disque est le Motörhead le plus chroniqué mais le plus stupide qu'on puisse espérer chroniquer, derrière son statut de Never Mind the Bollocks de Lemmy, d'album craché à l'arrache : le temps de faire un blabla lourdingue sur cette musique qui ne l'est jamais une seule fraction de seconde, et c'est laisser le n'roll se faire la malle loin devant, bite the bullet it's leaving you. "Quand on veut tirer, on tire, on raconte pas sa vie." Ace of Spades m'appelle à suivre la direction évidente qu'il m'indique dans sa légèreté de flamme ; le bolide est vie et le statique est mort ; je dois me faire bullet ; alors je ne serai plus ce boulet lourd bloqué au sol et enchaîné, qui a raté le hold-up, ce sous-vivant, en un mot ce chroniqueur. Je saurai que la locomotive ne passe plus dans cette ville cernée par les vautours... Et je serai de l'autre côté du zinc, très loin d'ici. Vivant ou vif.

note       Publiée le jeudi 24 décembre 2015

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allobroge › mercredi 6 janvier 2016 - 01:16  message privé !

Un classique du rock, le docu TV d'arte tue la mort aussi, bref Lemmy peut reposer en paix en tant qu'icone rock total.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › mercredi 30 décembre 2015 - 21:15  message privé !

oui enfin "Hawkwind groupe "justement" oublié" ca fait plus que tache.

Note donnée au disque :       
caténaire › mercredi 30 décembre 2015 - 20:04  message privé !

Bah...au moins eux en ont ils parlé.

Klarinetthor › mercredi 30 décembre 2015 - 19:46  message privé !

la version papier est similaire; Durand-soufflant devrait retourner chroniquer Patrick Sebastien ou la nouvelle star il est sans doute plus de cartouche

Note donnée au disque :       
nicliot › mercredi 30 décembre 2015 - 16:38  message privé !

Idem sur Slate où "Hawkind" apparait plusieurs fois...