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Michael Neil / Graham Getty › Retrochet II

cd • 2 titres • 61:29 min

  • 1Cascade Effect Part 1 31:24
  • 2Cascade Effect Part 2 30:05

enregistrement

Composé et enregistré entre Septembre et Octobre 2010 par collaboration Internet

line up

Michael Neil (Synthétiseurs et FX) Graham Getty (Séquenceur et percussions)

remarques

Disponible via MusicZeit

chronique

Je vous le dits d’emblée, Retrochet II n’a rien à voir avec Retrochet I. Car même si les séquences sont toujours ronflantes et frénétiques, Retrochet II embrasse deux longs couloirs musicaux assez paradoxaux où la mélodie se terre dans des approches expérimentales, psychédéliques, électroniques et séquentiels emplies de dualité mélodique. Tout le contraire des titres plus structurées et nettement moins improvisés que Retrochet I, Retrochet II semble être le côté sombre de Retrochet I.
Scindé en 3 parties, Cascade Effect I démarre bien lentement avec son étrange dialecte électronique submergé par vagues et délicates notes d’un clavier solitaire. Un monde à moitié aquatique et cosmique où de délicates flûtes émergent de cette intro syncrétique, moulant leurs souffles à de superbes strates ondoyantes d’un mellotron éthéré qui formera la portion mélodieuse de Cascade Effect I. Vers la 5ième minute on sent le mouvement prendre une approche plus sombre avec des séquences aux pulsations frénétiques. Des séquences qui pianotent avec frénésie sous de sombres réverbérations et de fins tintements qui se perdront dans les oscillations d’une lourde ligne de basse, alors que les accords du séquenceur se chevauchent et s’alignent en doublons furibonds digne des lourds mouvements de Ramp et Redshift. Mais la puissance est fragile car même si Cascade Effect I déboule à fond de train, le mouvement est survolé par de belles strates d’un mellotron brumeux et de tendres couches d’un synthé lyrique qui ont gardés en mémoire les souffles flûtés de l’intro. Violence contre tendresse Cascade Effect I roule en pleine dualité avec ses élans tempérés sous des ambiances éclectiques. Vers la 13ième minute les frappes séquentielles s’atténuent pour se perdent dans un bref moment d’atmosphère syncrétique. Elles ourlent dans une brume métallique avant de ressurgir avec un dandinement plus pondéré pour regarnir Cascade Effect I d’un tempo tout aussi lourd, mais plus espacé, empli de nasillardes stries distordues et de strates de synthé qui ululent dans une brume qui étouffe de légers tintements de gongs. Bref un univers sonore hurleur et dont les étrangéités sonores résonnent dans un lugubre univers séquencé qui s’essouffle et entre dans un univers glauque vers la 21ième minute. Et doucement, Cascade Effect I se relève sur ses séquences et poussent ses derniers battements séquentiels au-delà des effroyables mugissements qui ont constamment trituré son parcours hypnotique.
Quoique construit sur les mêmes préceptes de Cascade Effect I, l’univers de Cascade Effect II est plus éthéré, égal à son approche tout aussi ténébreux. Des gongs et des carillons tintent dans un fin tourbillon de verre et une douce brume mystique d’un synthé mellotronné qui enveloppe l’intro de Cascade Effect II. Des chœurs monastiques y errent et expirent des souffles de miséricorde sur l’implosion d’une ligne de basse qui, lentement, anime l’ouverture de Cascade Effect II. Au loin, des accords de séquence défilent sourdement sous des tintements carillonnés, des souffles lugubres et une ligne de basse aux lents mouvements hésitants. Un monde musical en effervescence qui embrase le rythme avec une séquence à la Tangerine Dream et qui pilonne un tempo ondulant et sinueux. Un rythme lourd qui chevauche des plaines musicales aux sonorités tout aussi éckectiques que sur la 1ière partie. En fait, Cascade Effect II est la grande sœur de son frère avec un rythme plus près des racines du Dream qui pulse intensément dans un univers truffé de stries et strates aussi lugubres que nasillardes, propres aux caractéristiques de Cascade Effect I. Une symphonie séquencée sur les mêmes thèmes, à quelques variations près, qui suit les mêmes tangentes et structures mais avec des sonorités plus acérées et plus limpides.
Si Retrochet I innovait avec un Berlin School sculpté dans des atmosphères encore virginales, Retrochet II nous plonge en plein dans le cœur des bons vieux Berlin School avec 2 longs titres où les improvisations semblent si bien se fusionner en structures cohérentes. Un peu comme ces délirants concerts de Tangerine Dream. D’ailleurs, Retrochet II est un extravagant voyage séquentiel et expérimental au cœur de la tanière du Dream des années 70. Un solide album qui plaira aux amateurs de Ramp, Redshift et Pollard/Daniel/Booth.

note       Publiée le mardi 18 janvier 2011

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