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Rainbow Serpent › Stranger

cd • 13 titres • 66:53 min

  • 1Intense 3:27
  • 2Elements 1 5:00
  • 3Elements 2 4:21
  • 4Leave & Love 4:52
  • 5Beyond New Worlds 6:46
  • 6Wide Open Spaces 5:26
  • 7Gateway 6:38
  • 8Ark 4:31
  • 9Rub Al-Chali 4:35
  • 10Sands of Time 5:47
  • 11Memory Leaves 7:02
  • 12Stranger 4:15
  • 13Beautiful Child 4:10

line up

Gerd Wienekamp et Frank Specht (Claviers, synthés, séquenceurs et échantillonnages)

remarques

Pour en savoir plus sur Rainbow Serpent et y entendre des échantillons sonores, visitez les sites de Rainbow Serpent au : http://www.rainbow-serpent.de/index.php?page=music

chronique

De l’Enya sur l’acide ça vous intéresse? Ça peut être intéressant et c’est ce qui se passe sur ce dernier album de Rainbow Serpent qui risque de laisser les fans du duo Allemand pantois. Avec Live @ Liphook 2007, Rainbow Serpent avait déjà fait une incursion dans le monde des vocalises avec une approche sentie pour les effluves du Moyen-Orient. Sur Stranger Gerd Wienekamp et Frank Specht ont pris le pari de jumeler les deux extrémités de la MÉ; soit la Berlin School très progressive aux douces et mielleuses mélodies du New Age. Le résultat? Eh bien ça dépend de vos attentes, de votre ouverture d’esprit et de votre patience afin d’apprivoiser cette voix irréelle et virginale d’Isgaard qui se moule fort bien aux nappes de synthés et qui résiste aux assauts tempétueux des séquences et rythmes agressifs du Serpent de l’Arc en Ciel. Même si Stranger effleure les nuances romanesques et oniriques du New Age, Rainbow Serpent exploite toujours ses rythmes bouillonnants sur des structures séquencées houleuses et nerveuses saisies de superbes passages atmosphériques qui sont, par moments, englouties par la doucereuse voix de l’Ange des sables.
Une longue saga musicale de près de 70 minutes, divisée en 13 actes qui s’enchevêtrent en un long morceau, Stranger débute comme une avalanche entendue de loin. Intense s’annonce avec un lointain vent sombre et sinueux qui flotte au dessus de percussions et sonorités hétéroclites, tout en fractionnant son souffle pour créer une nuée de couches synthétisées qui valsent lentement dans un vide cosmique. Des orchestrations déchirent cette atonale danse des vents alors que des percussions tombent et déboulent telle une chevauchée dramatique sur des dunes désertiques, fermant Intense pour dériver nonchalamment vers Elements1 et ses souffles réverbérants qui mugissent dans un univers métallique. Les percussions reprennent le rythme. Elles martèlent une cadence endiablée, soutenue par une ligne de basse aux débits rapides et ondulants, ainsi qu’une séquence dont les ondoiements se moulent discrètement aux accords de claviers saccadés, pour circuler en boucles syncopées. Du beau et puissant Rainbow Serpent se déroule dans nos oreilles avec des rythmes complexes et fous entourés d’un synthé aux lourdes nappes qui fouettent parmi des sonorités hétéroclites recouvert par la suave voix d’Isgaard, avant de plonger dans Elements 2 et ses accords qui se dandinent parmi des pulsations séquentielles amphibiennes. Un carrousel de séquences aux envolées aléatoires qui tournoient autour d’une belle ligne de synthé mélodieuse, dont les envolées circulaires sont caressées par des strates orchestrales et de suaves vocalises pubertaires. Le tempo de Leave & Love galope sur une ligne de basse séquencée aux ondulations lourdes. Un mouvement syncopé qui vrille autour des lignes de synthé mélodieuses et des vocalises éthérées d’Isgaard qui, comme un synthé, recouvre son refrain. Un beau titre chanté qui détonne dans l’univers baroque et complexe de Rainbow Serpent de par son immédiate accessibilité. Le genre de titre qui accroche et dont l’air colle aux oreilles sans trop savoir pourquoi. Et tout doucement nous plongeons dans cet univers de dualité où les rythmes, parfois sauvages, et les douces harmonies de Rainbow Serpent sont jumelés aux chants oniriques d’Isgaard. Beyond New Worlds naît d’une superbe fusion cosmique et aquatique. Une rencontre entre l’univers cosmique et analogue de Jean Michel Jarre et Rainbow Serpent. Une lente nappe de synthé flotte et coule dans un état d’apesanteur, embrassant une ligne séquentielle aux accords fractionnés, moulant un tempo chaotique. La voix d’Isgaard vient couvrir cette rythmique comme un synthé voile les rythmes. Et la magie de la fusion de strates synthétisées et des vocalises éthérées opèrent de tous ses charmes, plongeant néanmoins Beyond New Worlds en plein paradoxe musical, là où la MÉ rencontre la fragilité du New Age. Là où le complexe univers musical de Rainbow Serpent se dissipe dans la légèreté des vocalises de la sirène des sables. Et c’est sans doute ce qui peut achopper dans Stranger, pour les amateurs de MÉ de style Berlin School.
Sauf que le duo Allemand maintient son standard de haute créativité musicale en façonnant de belles atmosphères et de riches mélodies qui évoluent autour de superbes lignes de synthé et de puissantes séquences (Gateway, Arl et le superbe Memory Leaves), forgeant un solide opus à saveur tribale. D’un autre côté, plusieurs de ses mélodies sont voilées par la très belle voix de la chanteuse Allemande. Des titres comme Beyond New Worlds, Wide Open Spaces (qui est sublime en passant), Rub Al-Chali, Stranger et le soyeux Beautiful Child sont des joyaux mélodieux. Des mélodies dont la voix d’Isgaard ensorcèlent comme celles d’Enya, Sarah Brightman et même Kate Bush, mais qui aussi immerge Stranger dans une dualité musicale où la ligne entre le New Age et la MÉ n’a jamais paru si mince. Malgré cette indécision à étiqueter le genre musical de Stranger, je dois avouer que j’ai très bien aimé. Des titres comme Intense, Elements, Arl et Memory Leaves sont de superbes morceaux de MÉ lourde, puissante et progressive. Ma blonde craque pour Beyond New Worlds, Wide Open Spaces et Stranger qui sont de superbes vers d’oreilles mais qui sont très loin du répertoire de Rainbow Serpent. Dans les faits, je pense que Rainbow Serpent à réussi là où Jean Michel Jarre et Tangerine Dream ont échoué. Le duo Allemand a osé une incursion dans un monde musical plus accessible et commercial, tout en gardant sa propre étiquette créatrice et novatrice. Gerd Wienekamp et Frank Specht ont plutôt intégré les approches harmonieuses des vocales d’Isgaard à la musique de Rainbow Serpent et ses lourdes et complexes séquences, créant ainsi un sulfureux mélange qui a tous les ingrédients pour plaire tant aux amateurs de Berlin School progressive qu’aux détracteurs du New Age…moi le premier!

note       Publiée le mardi 7 décembre 2010

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gkar02300 › mercredi 8 décembre 2010 - 07:39 Envoyez un message privé àgkar02300

Nul.....sans interêt pour moi !!!

Note donnée au disque :