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Deep Imagination › Awareness

  • 2010 • BSC Music BSC Music 398.6757.2 • 1 CD

cd • 10 titres • 55:25 min

  • 1Part 1 Space 4:12
  • 2Part 2 Clouds 4:16
  • 3Part 3 Surroundings 4:52
  • 4Part 4 Tradition 10:17
  • 5Part 5 Creatures 4:04
  • 6Part 6 Breath 5:01
  • 7Part 7 Elements 7:09
  • 8Part 8 Sense 7:51
  • 9Part 9 Sleep 3:41
  • 10Part 10 Eternity 3:11

line up

Thorsten Sudler-Mainz (Claviers, synths et programation. Guitares sur Space et Percussions sur Clouds)

Musiciens additionnels : Matthias Krauss (Claviers sur 2, 3, 4, 7 et 8) Thorsten Rentsch (Guitares sur 8, basse et percussions sur 10) Stefan Höllering (Saxophone électronique sur 2 et 7, Saxophone Ténor sur 10)

remarques

Pour en savoir plus sur et entendre ainsi que télécharger des échantillons sonores, visitez le site web d'art of Infinity: http://www.art-of-infinity.com/News/news.html

chronique

Il est assez difficile de bien situer la musique de Thorsten Sudler-Mainz, l’homme derrière Deep Imagination et Art of Infinity. Si ses derniers albums laissaient entendre un doux mélange de progressif et d’électronique, Awareness fait une brèche dans la musique du monde, tout en effleurant les approches mélodieuses du New Age mais toujours en priorisant les mythiques atmosphères électroniques. Awareness est un bel album. Bien structuré, comme les grandes œuvres mélodieuses de Vangelis, dont l’étonnante progression atteint son paroxysme mélodieux à partir de Breath. Album concept sur le subconscient, Awareness remplit très bien le mandat de son appellation en offrant 10 titres aux pulsations envoûtantes et où les rythmes lents se greffent à des inspirations tribales, les séquences hypnotiques se moulent à des percussions électroniques claniques et les synthés mélangent leurs couches hybrides avec une suavité onirique.
Space est lourd, rêveur, statique et atonal. Une sinueuse et ondulante nappe de synthé en ouvre les premières mesures. Comme un vent de l’espace, le souffle ondoie et erre avant de fracasser un abrupt mur sonore où de lourds soubresauts métalliques en fractionnent l’immuabilité par de puissantes et fracassantes frappes de percussions et des riffs de guitares tordus qui rugissent dans une sphère divisée entre l’atonie et un latent rythme sauvage. Plus lyrique, avec ses synthés symphoniques, Clouds introduit les premières pulsations minimalistes d’Awareness. L’intro est très éthérée avec une belle brume mellotronnée qui s’éclaircit pour faire place à des accords de clavier mélodieux qui épousent les douces pulsations d’une ligne de basse sèche, initiant un rythme lent et hypnotique où de suaves gémissements embrassent d’étranges nappes nasillardes qui expirent de superbes souffles aux arômes Arabes. Divisé par une intercale atmosphérique, Surroundings hésite à s’envoler avec des accords de clavier hésitant. Un peu plus animé que Clouds, le tempo est aussi très envoûtant, voire sensuel, et prend forme sous de fines pulsations réverbérantes qui se greffent à des percussions aux sonorités hybrides, un peu comme des tablas qui résonnent dans du verre, alors que le synthé siffle de belles et fragiles harmonies. Un bon titre, dans la lignée des Creatures qui est par contre plus lourd. Tradition plonge dans la complexité des cadences à saveurs Orientales avec ses panoplies de percussions manuelles qui épousent les mouvements sinueux d’une bonne ligne de basse ronflante. Le synthé est vaporeux et subdivise ses couches afin d’instaurer une douce brumeuse mélancolique. D’un tempo soutenu, Tradition dévie dans un mythique monde atmosphérique et tribal. Un peu comme si nous errerions dans une caverne, les sens en alerte. Le tempo prend un peu plus de vigueur mais reste timide, toujours arqué sur ses percussions tablas qui deviennent éparses et sa basse qui grogne langoureusement. Le synthé y est très éthéré, multipliant ses nappes autant lyriques que mystiques avec ses premières émanations de saxophone.
Breath éveille tout doucement la rythmique tribale endormie sous Tradition pour nous propulser dans le meilleur segment d’Awareness. Après une intro intrigante, le rythme est joyeux et sautille allégrement sous de bonnes percussions tablas et une ligne de basse mordante qui incantent une danse des sables, sous les vapes d’un synthé brumeux. Le tempo s’anime sous les charmes d’un synthé siffloteur et de séquences circulaires qui s’égarent dans une lourde ambiance éthérée, avant de remordre ce tempo des dunes Arabes. Elements se rattache aux épanchements de Breath avec une intro rythmique plus soutenue, mais très hypnotique. Les vapes de synthé circulent comme l’embrun matinal, avant qu’il ne s’éveille et lance un superbe dialecte onirique. Mirifique, cette portion d’Awareness est à jeter les murs par terre. Le tempo devient plus lourd et les frappes de tambours résonnent dans un étrange écho alors que le synthé échappe des stries zigzagantes où le saxophone électrique entrecroise ses souffles avec les nappes d’un synthé divin sur un lent et lourd tempo hypnotique. Un superbe titre qui va capter votre attention tout de go avec son tempo suave et langoureux. Sense poursuit cette étrange quête musicale amorcée par Breath avec une lente intro ambiante, coiffée d’une nuée de nappes et stries synthétisées qui survolent un tempo faiblement animé d’une hypnotique ligne de basse. Vers la 4ième minute, le rythme s’emballe et les percussions claniques se dérobent de cette ligne de brouillard syncopée qui sifflote au dessus de Sense, éveillant une cadence capricieuse qui refuse de décoller, préférant se lover dans l’incertitude musicale animée d’une panoplie de sonorités autant éclectiques que claniques. Avec ses accords de xylophone cristallins, l’intro de Sleep nous amène vers un sommeil annoncé. Sauf que des notes plus lourdes se greffent à cette tendre intro où l’hybridité musicale de Thorsten Sudler-Mainz est éclatante d’étonnement avec des percussions et sonorités hétéroclites qui pulsent dans un décor onirique enchanteur, nappé d’un synthé aux nappes orchestrales, enveloppantes et touchantes alors que tout au fond on y entend les bribes d’une comptine maléfique. Tout simplement étonnant! Eternity conclût ce superbe album d’une musicalité inouïe avec les lamentations d’un saxophone solitaire qui perce une brumeuse métallique, un peu comme dans l’univers de Blade Runner, sous des accords d’une basse qui s’en retourne dans les méandres de notre subconscient.
Différent certes de la MÉ de style Berlin School, Awareness est un très bel album où les mélodies errent dans des cadres atmosphériques très diversifiés. J’ai lu sur Internet que des chroniqueurs cataloguaient cet album dans le New Age et je ne souscris pas à ces affirmations. Mais peut-on créer un univers musical, lyrique et poétique sans verser dans le New Age? C’est le défi constant de Thorsten Sudler-Mainz qui album après album s’affaire à croiser la musique progressive à l’électronique, tout en laissant de la place à des mélodies enfouies dans un étrange univers cérébral autant hybride que poétique. Ceux qui aiment un Vangelis dans les années post Blade Runner vont adorez Awereness.

note       Publiée le jeudi 2 décembre 2010

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