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Food For Fantasy › Fresh Food

cd • 10 titres • 72:52 min

  • 1Living In Amerika 9:33
  • 2Lost Dreams 6:37
  • 3Electric Structures 6:26
  • 4Food Hunter 11:11
  • 5Once Upon A Time 8:26
  • 6The Universal Drive 5:33
  • 7Flying Objects 6:24
  • 8It Doesn.t Matter 6:12
  • 9Motion 6:38
  • 10True Fairytales 5:36

line up

Robert Schroeder (PPG-Wave-II, Propellerhead Reason, PC-Synthetiseurs, Guitares et FX)

remarques

Pour en savoir plus sur Food 4 Fantasy et entendre des échantillons sonores, visitez le site web de Robert Schroeder:http://www.news-music.de/home_e.html

chronique

Depuis que Robert Schroeder a découvert les joies, et complexités, de ses nouveaux joujoux électroniques, il s’amuse à produire des albums étincelants tant au niveau sonore que des styles. Fresh Food est le 3ième opus de la série Food 4 Fantasy. Et si les 2 premiers effleuraient des rythmes forts variés et parfumés d’une approche électronique plus près des racines de Double Fantasy et de la Berlin School, ce 3ième CD prend une tangente plus sereine où les guitares si mordantes et les rythmes si tempétueux en ouverture se perdent dans un romantisme latino qui déconcerte plus qu’il ne charme. En fait, Food For Fantasy entreprend une nouvelle croisade romantique, délaissant peu à peu les rythmes groovy et électroniques Californiens par une approche encore plus romantique des rythmes Latinos.
Living in Amerika est l’un des rares titres à posséder une présence Berlin School avec son intro mystérieuse, emplie de chœurs sombres aux murmures à peine audibles, dont la brumeuse flotte sur des pulsations et percussions qui s’entremêlent, moulant une cadence métissée enveloppée d’un synthé aux couches frissonnantes. Une ligne finement syncopée, dont les entailles secouent un rythme nerveux, fait jaillir un tempo dont les constantes permutations sont mordues par une guitare lourde qui avoisine les territoires de Mind Over Matter avec des solos et des riffs puissants. Parfois dur et rock, d’autres fois tendre et éthéré, Living in Amerika navigue entre une structure circulaire syncopée et une structure linéaire sautillant légèrement dans une ambiance remplie d’effets sonores cosmiques. Un très bon titre avec des riffs et solos de guitares lourdement ciselés, comme sur Lost Dreams qui offre une structure quasiment hip-hop avec ses pulsations ceinturées d’une lourde ligne de basse un brin sensuelle, installée sur des percussions et cymbales roulantes. Les solos de guitares hurlent et chevauchent de douces strates mellotronnées, donnant ainsi une dimension électronique à ce hip-hop cosmique. Une lourde réverbération réveille Electric Structures qui s’agite sur un rythme hésitant, envahit qu’il est par une nuée de strates et déchirements tortueux d’une guitare chirurgicale. Plus le titre progresse, plus il embrasse une lourde structure rythmique appuyée par des percussions tribales, une basse ronflante et des séquences qui papillonnent autour d’un clavier nerveux et d’une faune sonore sauvage. Food Hunter offre un beau répit romanesque avec une guitare esseulée dont la sonorité hybride de ses accords métissés mord une structure toujours aussi ambivalente, nourrie par des percussions aux cliquetis métalliques, une ligne de basse aux accords coulant, un xylophone des îles et des soupirs sensuels. Avec Once Upon a Time nous plongeons dans un univers plus techno, avec de bonnes percussions et une ligne de basse qui tracent un tempo soutenu. Un tempo hypnotique encerclé d’accords et de solos de guitares à la Ashra Temple ainsi que des strates sinueuses et étranges d’un synthé qui défilent en cercles autour d’un titre enivrant et aux effluves nostalgiques. Un autre très bon titre sur Fresh Food. The Universal Drive dégage une ambiance plus sereine avec ses strates d’un synthé aux refrains enfantins qui chantent parmi des réverbérations circulaires et une structure rythmique légère, calquée sur une ligne de basse sobre et soutenue, ainsi que des percussions tout aussi modérées dont quelques accords de xylophones. Un titre simpliste dont l’absence de guitares détonne sur un album dont l’essence principale est une guitare sauvage. Très hétéroclite Flying Objects est aussi étrange que la portée de son titre. Le tempo est imprécis et se base sur des pulsations qui sont secondées par quelques coups de bass-drum. La guitare flotte dans une nébulosité stellaire embrumée de nappes d’un synthé prismatique qui gobe les accords aléatoires d’une guitare à la Göttsching. Oui! Un titre aussi bizarre que sa portée, sur un tempo qui stagne dans un cosmos aussi étranger qu’inconnu. It Doesn’t Matter est le 2ième titre calme de Fresh Food. Il instaure aussi un étrange climat de sérénité qui enveloppera Fresh Food dans une ambiance où les rythmes deviennent moins lourds et les atmosphères plus sereines, comme un New Age Latino ou Flamingo. Fermement pincés, les accords d’une guitare acoustique font la cour à une samba cosmique où les strates de synthé prédominent dans une ambiance latine, tout comme le langoureux Motion où on a l’impression que l’arrogance des guitares de Phil Molto (aka Robert Schroeder) est avalée par de douces nappes d’un synthé endormi par les doux murmures d’une muse de nuit. True Fairytales conclût ce curieux opus de Food For Fantasy avec une approche encore très près des terroirs latins. Nerveux le tempo essuie de douces permutations atmosphériques où les vents soufflent dans une ambiance carillonnée, aidées par un synthé aux nappes et aux solos tournoyants, alors que, discrète, une guitare aux accords pincés coule dans l’anonymat et l’oubli, suivant la progression un peu déconcertante de Fresh Food.
Est-ce que Fresh Food est décevant? Pour certains fans de Food For Fantasy, le changement de cap de F4F peut déstabiliser. Si les métissages groovy et électroniques sont moins présents, il n’en reste pas moins que l’approche de F4F respecte sa progression à saveur caribéenne, mais plus inspirée des suaves et langoureux rythmes Latins. Tout est question de goûts. Mais des titres tels que Living in Amerika, Food Hunter, Once Upon A Time et Flying Objects sont des titres transitoires à la progression carnavalesque de Food For Fantasy.

note       Publiée le jeudi 2 décembre 2010

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