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Axess › Fusion

cd • 6 titres • 69:34 min

  • 1Speed Of Light 8:19
  • 2Fusion 13:37
  • 3Pictures 16:30
  • 4Nefilim 11:12
  • 5Schwerelos 7:56
  • 6Under A Starry Sky 11:57

line up

Axel Stupplich (Synthé, claviers, séquenceurs, percussions électroniques et FX)

Musiciens additionnels : Maxxess, Max ‘‘Maxxess’’ Schiefele (Guitares sur Pictures et Basse sur Schwerelos)

remarques

Pour en savoir plus sur Axess et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.axess-music.de

chronique

Plus d’un an après le superbe Voices of Dawn, Axel Stupplich revient encore charmer nos oreilles avec un album où les rythmes ambivalents se greffent à des structures hydrides. Si certains titres sont sans équivoque (Speed of Light et Schwerelos), les autres titres de Fusion évoluent dans une ambiance où le rythme est latent, telles de lentes implosions solaires, avec des séquences fébriles et sauvages qui nourrissent des canevas musicaux aux antipodes de leurs structures cadencées. Un album où Axess étale tant son côté romanesque que cosmique et mélancolique, en passant par son petit côté techno et upbeat sans jamais renier ses racines Berlin School. Bref un album de tous et pour tous les goûts.
Une onde sombre n’a pas finie d’onduler que déjà une nuée de séquences frénétiques s’abat sur le très énergique Speed of Light. Un titre à couper le souffle avec son éventail de séquences aux accords multipliés et diversifiés qui s’entrechoquent dans une puissante structure rythmique où des percussions électroniques et des ondes torsadées frappent et résonnent, ajoutant ainsi une lourdeur à une vitesse qui dépasse la lumière de la bonne vieille MÉ allemande. Entre la techno frénétique et le speed upbeat, Axel Stupplich dépose de douces nappes de mellotron éthérées et moule des solos de synthé, tantôt suaves et tantôt stridents, nous rappelant ses racines de la Berlin School. Fusion est le calme après la tempête séquencée de Speed of Light. Suavement poétique et langoureusement hypnotique le tempo de Fusion est relaxe et progressif, évoluant sur de bonnes frappes de percussions, des pulsations de bass drum ainsi que des séquences à la fois modérées et frénétiques. Un amalgame rythmique enveloppé d’une splendide ligne de synthé qui subdivise ses nappes, et leurs errances, dans une chaleureuse harmonie éthérée. Un doux mellotron couvre cette cadence parfois douce et parfois tempétueuse, comme une lascive valse onirique ou un fin boléro, à la fois émouvant et dramatique. Des croassements d’oiseaux cosmiques surplombent le cosmos noir de Pictures et son intro autant sidérurgique que cosmique. Ténébreux le mouvement valse maladroitement, effleurant même une ambiance légèrement angoissante, avec une sombre ligne de synthé aux réverbérations ondoyantes d’où s’échappent chuchotements, embryons linéaires, cerceaux métalliques et percussions papillonnées qui tissent une structure bizarrement hachurée. Un étrange et lent maelström sonore qui graduellement se dissipe pour laisser entendre un fin mouvement séquentiel qui zigzague en ascension de ses accords hésitants sous des piaffements de synthé. Une fine ligne de synthé ondule et ulule, comme une menace fantôme, sur cette structure ambivalente d’où les premières morsures de la guitare de Maxxess se font entendre avec des riffs qui surgissent vers la 7ième minute. Ils épousent à merveille cette structure hésitante qui prend son envol avec des ailes mellotronnées et de fines percussions. Pictures épouse alors un mouvement suave et langoureux où de superbes et divins solos de guitare survolent des nappes de mellotron célestes et de délicats souffles flûtés pour s’enchevêtrer dans une douce rêverie cosmique. Un très beau titre teinté d’un romanesque magnétique.
Nefilim est bâtie un peu sur le même moule que Pictures, guitare en moins. Un étrange grognement circulaire en ouvre l’intro, telle une machine qui tranquillement se met en marche, sous un prisme sonore scintillant. Une fine pulsation dessine une sobre marche ceinturée d’un superbe synthé aux nappes très poignantes et aux solos spectraux qui ondulent sous une nuée de séquences. Des séquences qui dansent et sautillent fébrilement, rappelant l’univers de Software tout en illuminant Nefilim d’une beauté onirique, alors que les percussions moulent un rythme lent tempéré par un synthé aux solos mélancoliques. Splendide Nefilim est déchiré dans son évolution avec ses percussions qui cherchent à exploser le rythme. Un rythme mielleusement captif de ses séquences qui tourbillonnent sans jamais vouloir sortir de son couloir rythmique et de ce synthé aux solos si suaves, coulant telles des larmes de sons. Un très beau titre, tout comme Pictures et Fusion. Schwerelos offre une belle structure groovy dont les prémices sont une belle ligne de basse, des accords de claviers un peu funky et de bonnes percussions qui moulent un rythme soutenu et hachuré, nappé de belles strates brumeuses. Simple et efficace, Schwerelos colle à l’oreille instantanément, comme Speed of Light mais sans son mordant éruptif. La force de Fusion réside dans ses titres aux atmosphères ambigus, où le rythme reste complètement captif des synthés oniriques. À cet égard, si Fusion, Pictures et Nefilim vous ont charmés, attendez d’entendre Under a Starry Sky. Des souffles de sarbacanes chimériques déchirent une intro aussi cosmique qu’atmosphérique, avant qu’une superbe ligne séquentielle aux accords qui sautillent et ondulent n’éveillent le très beau Under A Starry Sky. Et là, un superbe synthé berce nos oreilles d’un nectar musical où solos et nappes mélodieuses dansent sous un merveilleux carrousel de séquences tout aussi eurythmique. Les séquences gambadent avec de fines percussions, donnant à Under A Starry Sky un tempo doux et suave qui tournoie comme un ensorcèlement onirique avant de se blottir dans le creux d’un splendide refrain musical digne des grands moments de Vangelis. Un très beau titre qui fait dresser les poils sur les bras et qui fait fondre les moments de nostalgie en fines larmes de délivrance.
Il reste peu à écrire après un titre comme Under A Starry Sky et ses innombrables strates de synthé mellotronné qui berce les étoiles tout en nous enivrant d’une douceur onirique, sauf que ce titre dépeint toute l’ambiance autant nostalgique, mélodieuse et étonnement rythmée qui entoure cette petite merveille qu’est Fusion. Du furieux Speed of Light au mélancolique Under A Starry Sky, ce 6ième opus d’Axess est remplie de douceurs qui s’éparpillent sur des rythmes ambivalents et hybrides qui pullulent sur tout au long de Fusion. En ce qui me concerne, Fusion est un gros coup de cœur où résident 50 minutes de musique aux doux effluves métissés qui glanent entre un doux space rock et du vrai bon Berlin School aux séquences aussi limpides que du cristal. Un des gros titres en 2010!

note       Publiée le mardi 23 novembre 2010

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