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Airsculpture › Before The (Full) Moon

cd • 2 titres • 113:00 min

  • 1La Gomera Concert Part. 1 49:52
  • 2La Gomera Concert Part. 2 63:07

enregistrement

Enregistré en concert dans le cadre des concerts ‘‘Ricochet Gathering’’ à Castillo Del Mar, Vallehermoso, La Gomera, Îles Canaries en Espagne le 14 Octobre 2005

line up

Adrian Beasley (Mellotron, Elka Rhapsody et synthé) John Christian (Synthé analogue et Digital Modular) Pete Ruczynski (Synthé analogue et Digital Modular)

remarques

Pour en savoir plus sur Air Sculpture et entendre des échantillons sonores, visitez leur site web; http://www.airsculpture.com/

chronique

Dans le cadre des concerts thématiques de Ricochet Dream, le Ricochet Gathering de 2005 se tenait dans les fabuleuses Îles Canaries aux côtes de l’Espagne. Le thème de ce grand festival, réunissant des noms aussi prestigieux que Steve Joliffe, Paul Lawler, Paul Nagle, Polaris, Star Sounds Orchestra et Air Sculpture, était l’album culte de Tangerine Dream; Ricochet. Le label de Vic Rek, Ricochet Dream, qui réalise de bons CD-R de ces concerts, de même que des réels CD a pressages limités, offre un double CD-R de la superbe prestation d’Air Sculpture. Voici donc l’intégral de ce spectacle où les origines de Ricochet sont transcendées pour y ajouter un brin de contemporanéité.
Une longue et sinueuse ligne synthétisée ouvre La Gomera Part I. Une lente et oblongue ligne qui contourne des éléments imperceptibles pour suivre une tangente invisible à l’œil mais perceptible à l’ouïe tout en sillonnant un étrange désert océanique, fidèle aux longues introductions improvisées du trio Anglais. Air Sculpture aime prendre le temps de dessiner ses toiles sonores avec la passion et la patience d’un artiste aux gestes lents mais qui sait où il va. Et La Gomera Part I avance à coups de rames dans une eau chimérique. Des coups de rames encerclés de sonorités cosmiques et de tortueuses réverbérations, un peu comme si l’on pénétrait un univers abscons et interdit. Cette lente intro s’étale sur plus de douze de minutes, là où les souffles spectraux se mêlent à des réverbérations qui forment des boucles sonores pour aspirer les éléments abstraits et faire place à une douce approche séquentielle. Des séquences qui percent un nuage caustique pour tambouriner sur une structure à l’envol séquentiel progressif, dans les territoires nocturnes des réverbérations de son intro, mais entourée d’une fine brume mellotronnée. La Gomera Part I prend vie sur des séquences qui sautillent nerveusement et un synthé aux douces nappes oniriques qui enveloppent un mouvement hypnotique. Un mouvement survolé de doux solos harmonieux qui chantonnent sur un tempo, frôlant une approche technoïde. Les séquences s’agitent. Elles résonnent de lourdeur sous les charmes d’un synthé aux solos divins, d’un mellotron à la brume mystique et d’une ligne fantomatique qui surplombent un mouvement hypnotique, tout près d’une transe hallucinatoire. Vers la 29ième minute, le rythme casse sec et prend une tangente inattendue avec des percussions doucement frénétiques, comme des tam-tams d’une jungle en alerte. Une fine ligne de basse ajoute une profondeur au mouvement, alors qu’un synthé se transforme en guitare et lance de furieux riffs qui résonnent lourdement sur une structure ambivalente qui hésite entre le rythme ethnique et le mouvement de transe. On croirait entendre Ashra Temple au Japon sur Echo Waves. Martelé par des tam-tams plus pressants, le tempo s’active encore plus avec des percussions qui pilonnent une rythmique déjà survoltée. Les synthés étalent de longs solos chaleureux encerclés de cerceaux de résonnances syncopées et d’une belle nappe brumeuse, alors que les frénétiques percussions se calment, amenant La Gomera Part I vers les sommets de la tranquillité. Une tranquillité relative, car après que les austères nappes d’un synthé mellotronné ait égarés ses orchestrations brumeuses sous les complaintes d’un synthé solitaire louvoyant à la lune, de fines percussions dactylographient une nouvelle tangente rythmique. Un tempo qui croît candidement sous des synthés aux souffles et aux lignes hybrides accompagné d’un beau clavier aux accords dansant sur des percussions finement martelées.
L’intro de La Gomera Part II est plus directe. Une doux piano électrique joue sous les réflexions d’une lune solitaire, accompagné d’un synthé aux ondes sinueuses. Une délicate intro, un peu jazzé, qui charme et subjugue tant le dialogue entre les notes de piano et le synthé aux ondes fuyantes semble réaliste. Nettement plus mélodieuse et sereine l’intro de La Gomera Part II flotte comme un baume sur la mélancolie. Une intro suave et chaleureuse qui s’évanouit doucement dans une lourde impulsion séquentielle qui galope parmi des plaines mythiques d’un mellotron aux nappes brumeuses. Le clavier moule une harmonie qui s’arrime aux accords rythmiques du séquenceur avec ses notes limpides qui scintillent autour d’un synthé aux solos tournoyants. Nous sommes en plein cœur d’un Ricochet renouvelé sur des permutations de mouvements séquentiels qui coulent librement, fonçant dans les abimes atmosphériques de La Gomera Part II. Un bref interlude sonique où les sonorités bigarrées forgent un caractère psychédélique, juste avant de sombrer sous le charme d’une délicate flûte enchantée. Prélude à l’instauration des séquences aux sonorités des tam-tams africains et de l’approche rythmique qui a déferlé en 1ière partie. Sauf qu’ici le tempo est plus suave, quasiment des îles tropicales, avec un doux piano électrique qui étale ses accords mélodieux sur un tempo qui ondule plus lourdement et un synthé aux souffles légèrement spectraux. La Gomera Part II dévie vers un rythme plus lourd et frénétique, fortement inspiré d’Ashra, pour se conclure sur une rythmique débridée où percussions électroniques martèlent fébrilement une lourde structure technoïde et house. Un mouvement sauvage, frénétique et syncopé, digne des planchers de dance, entouré d’effets sonores soniques et bigarrés ainsi que des percussions qui s’entrechoquent comme des feuilles de tôles.
Cette édition spéciale, présentant la totalité du concert d’Air Sculpture aux Îles Canaries, vaut amplement la dépense. Et c’est dommage qu’il ait fallu que je reçoive la version CD et masterisé de Ricochet Dream (RD020) pour me mettre les oreilles dans cette originale immersion sonore. S’il reste des copies de disponible, je vous recommande fortement cet album monumental qui est à la croisée des antipodes de la MÉ et un furieux mélange de Tangerine Dream et Ashra dans ses années techno minimalismes. Excellent, même avec quelques erreurs mineures d’enregistrement qui se perdent facilement dans ce torrent de musique démentielle.

note       Publiée le mardi 9 novembre 2010

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