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Zeitkratzer › Whitehouse Electronics

cd • 6 titres • 27:15 min

  • 1Munkisi Munkondi5:04
  • 2Nzambi La Lufua2:43
  • 3Scapegoat4:30
  • 4Fairground Muscle Twitcher2:34
  • 5Bia Mintatu6:53
  • 6The Avalanche4:19

enregistrement

Enregistré live au festival GMEM à Marseille, le 14 mai 2009

line up

Rhodri Davies (harpe), Reinhold Friedl (direction, piano), Frank Gratkowski (clarinette), Matt Davis (trompette), Hilary Jeffery (trombone), Maurice de Martin (percussions), Burkhard Schlothauer (violon), Anton Lukoszevieze (violoncelle), Ulrich Phillipp (double basse), Ralf Meinz (son).

remarques

chronique

Ce qui distingue Whitehouse des autres formations bruyantes (noise, power electronics, etc), c'est entre autres son identité sonore, remarquable de précision, cette efficacité itérativement affinée au fil des albums, ces fréquences fonctionnelles qui, au-delà d'être des déviances sonores, soulignent les déviances humaines. De la discographie du groupe, peut-on tout d'abord isoler la période analogique, qui court de «Birthdeath Experience» à, disons, «Twice Is Not Enough», période marquée par un travail sur les basses/hautes fréquences, les grains et accidents que seul l'analogique est capable de produire. Puis, dès «Mummy And Daddy», vient la période numérique, où Bennett s'essaie à une saturation du spectre, un bruit blanc «full force» très frontal, une froideur aseptisée, clinique, c'est-à-dire objectivement lucide, ainsi qu'une décadence de la syncope rythmique. C'est «Bird Seed» qui enfin introduit la dernière marotte de Bennett, à savoir l'Afrique, dont il abuse de l'image fantasmée pour (dés)orienter son noise vers des contrées barbares. «Racket», dernier album en date, est ainsi plus un album électro-acoustique extrême, par utilisation d'instruments africains notamment, qu'un album de power electronics. Trois périodes, donc, toutes marquées par la méticulosité d'un Bennett soucieux d'explorer toutes les facettes de l'extrêmisme sonore, soucieux de se ré-inventer à chaque album. Pas si étonnant donc que notre Ecossais ait attisé la curiosité de Reinhold Friedl, directeur artistique de Zeitkratzer, ensemble de musique contemporaine qui s'était déjà par le passé frotté à quelques collaborations avec d'illustres représentants du bruit, tels Masami Akita, John Duncan ou Lou Reed. De cette curiosité est finalement né, après un processus d'étude, de répétitions et d'arrangements qu'on imagine colossal, cet album de ré-interprétations de morceaux de Whitehouse, période numérique. N'allez surtout pas imaginer une infâme soupe de reprises à la Apocalyptica : les neufs musiciens de Zeitkratzer sont accomplis, reconnus, primés pour certains, tous attentifs à la discipline technique, y compris celle de l'amplification des instruments. Bref, on n'est pas à l'école des fans, c'est du sérieux. D'ailleurs, aucun doute n'est permis dès les premières secondes de «Munkisi Munkondi» : la masse sonore, sa densité, sa tension, son intensité (ces aigus, misère), sont interprétées avec une pertinence et une violence rares. Bien entendu, le morceau est parfaitement reconnaissable, mais comme métamorphosé par les tessitures des instruments et les micro-perturbations annexes (souffles, archets, etc), disséqué devant nous, comme si la peau s'en détachait pour mieux nous exhiber les ossatures sous-jacentes des compositions de Bennett. La complexité révélée y est tout bonnement bluffante, qu'on ne soupçonnait même pas à l'écoute des morceaux originaux, sans doute trop figés derrière leur sérieux numérique. Les autres interprétations sont tout aussi excellentes, plus vicieusement organiques encore, que ce soit par exemple «Nzambi La Lufua» et son insoutenable superposition microtonale, ou «Scapegoat» et ses tremolos et vibratos grinçants, bien pires que cent ongles crissant sur un tableau noir. Voilà le genre de disque qui parviendrait presque à me réconcilier avec la période numérique de Whitehouse. Je pense en tout cas que les amateurs de noise vont aimer.

note       Publiée le samedi 6 novembre 2010

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kranakov Envoyez un message privé àkranakov

Au-délà du tour de force (des arrangements à leur interprétation), c'est effectivement le génie de Bennett qui est à l'honneur ici et qui en fait une voix toute à fait part dans le paysage musical actuel.

Et qui ne rend que d'autant plus navrante "l'évolution" contemporaine du bonhomme...

Note donnée au disque :       
Harry Dickson Envoyez un message privé àHarry Dickson

Merci pour cette chronique éclairée.

Note donnée au disque :       
Solvant Envoyez un message privé àSolvant

http://www.zeitkratzer.de/mmm.html -c'est vrai.

saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Zeikreitzer est grand