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Ryuichi Sakamoto › B-2 Unit
informations
Enregistré au Studio A à Tokyo, au Studio 80 et Air Studios à Londres. Re-mixé au Studio 80 et Air Studios - Masterisé aux Utopia Studios à Londres par Kevin Metcalfe - Remasterisé à Sterling Studio, New York par Ted Jensen. - Ingés-son : Dennis Bovell , Mitsuo Koike , Renate Blavel , Rick Isbell , Steve Churchyard , Steve Nye , Yasuhiko Terada - Co-produit et co-écrit par Yoshitaka Goto - Producteur exécutif : Shoro Kawazoe
Pochette par Tsuguya Inoue et Takeo Aizawa
line up
Dennis Bovell, Ryuichi Sakamoto (production, composition, lyrics...), Hideki Matsutake (programmations), Andy Partridge , Kenji Omura, Tadashi Kumihara, Pete Barakan (traduction)
chronique
Stop !!! Arrêtez vous là ! Rencontre au sommet inédite et inattendue ! En 1980, Sakamoto et Andy Partridge dominent tous deux la musique populaire mondiale, artistiquement parlant. L’un au sein du Yellow Magic Orchestra, l’autre en tant que leader d’XTC. Chaque groupe enchaîne les chefs d’œuvres, et il se trouve que les deux font une petite pause dans leurs parcours respectifs. YMO vient de passer plus d’un an à tourner et à cartonner partout, et XTC arrête tout simplement la scène. Partridge, assoiffé d’expérimentations, tel Macca en 67, va donc furêter avec ce diable de Sakamoto pour bricoler ce truc à la pointe de ce qui se faisait à l’époque : dub, proto-indus, hip hop, minimal wave… Après une intro percussive et austère qui donne le ton, Thatness and Thereness nous livre la première fausse piste de cet album truffé de chausse-trappes. Une calme ballade chantonnée sur un genre de sonate endormie, laissant augurer un disque en demi-teinte paisible et très série-B, à l’image de Thousand Knives, le premier album de Sakamoto, pas forcément mûri (edit : en fait, non, il était déjà Série A, comme Astonishing). Alors que non… En fait, B-2 Unit est une tuerie en règle, un véritable manifeste d’électro-funk percussive et ultra-affutée, pas forcément toujours dansante mais toujours farouchement expérimentale et proteiforme. Dès Participation Mystique et sa batterie digne de 23 Skidoo, on sent que c’est du sérieux, peut-être bien plus sérieux, au fond, que les oeuillades finement ouvragées de YMO. Peu de mélodies au synthé ici, tout cela pourrait sortir demain et être toujours au top de l’avant-gardisme IDM. Voilà probablement la mutation que Kraftwerk recherchait au début des années 80 sans l’avoir trouvée. Aucun kitsch, aucune concession rétro ou même pop, B-2 Unit frappe vite et juste, telle une machine infaillible. Quasiment tous les titres sont des bombes, jusqu’à ce The End Of Europe qui fera date, puisque Sakamoto intitulera son album suivant (musicalement complètement à l’opposé) The End Of Asia. Ecoutez le beat de E-3A, on dirait presque du LFO période Advance, avec ce son étonnement digital et frontal pour l’époque. Iconic Storage, à la tension palpable, évoque une partie de CounterStrike entre pros de la furtivité. Une tension martiale et implacable se fait sentir sur tout le disque, entre dissonances et signatures rythmiques disloquées. Vous voulez de l’ambiance cyberpunk bizarroïde, du groove robotique génial ? Ecoutez Riot In Lagos, morceau culte proto-hip hop, proto-techno, proto-beaucoup de choses à vrai dire, pour un breakdance dans une usine de pingouins mécaniques perdue au milieu de l'Antarctique, ou était-ce au milieu de la forêt équatoriale ? Car B-2 Unit est le contraire d’un disque électro froid (contrairement à Advance, je le maintiens). Peut-être grâce à la production de Dennis Bovell, ingé-son black anglais qui a notamment produit les Slits et Pop Group, ce qui en dit long sur cette époque formidable qu’étaient les années 78-8), dont ce disque est l’une des réussites éclatantes.
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- coronavirus › Envoyez un message privé àcoronavirus
Tout sauf dansant cet album. Une drôle de plongée dans le metaverse ou se côtoie des bizarreries rythmiques et des mélodies robotiques complètement abstraite. L'ambiance est particulière , assez austère et pas franchement friendly au premier abord. Une demi-heure + 7 minutes dans un futur ou la machine écrase l'humanité
Message édité le 26-06-2025 à 11:15 par coronavirus
- Note donnée au disque :
- dariev stands › Envoyez un message privé àdariev stands

oui, ça va venir ça...
- 22goingon23 › Envoyez un message privé à22goingon23

Ils batifolent dans l'avant-gardisme les YMO au même titre que leurs homologues teutons. Un jardinage intensif du son et des machines mais chacun dans son aire de jeux. On se prête une pelle, un seau, un râteau mais on ne trempe pas dans la même eau.
Pour rajouter au com : en 78 Hosono aidé de Sakamoto et Matsutake sort Cochin Moon (censé être un pastiche de bande son d'un film Booliwoodien imaginaire) résultat : une perle électronique recherchée et intelligente. Un patchwork synthétique alternant dévas chatoyants et asuras maléfiques
- Note donnée au disque :
- (N°6) › Envoyez un message privé à(N°6)

A l'époque de "Service", les trois ne s'entendent plus, ils ont été au bout de leur démarche (suffit de voir ce que chacun fait de son côté à l'époque). Mais Hosono & co vont continuer à créer sans discontinuer jusqu'à ce jour pendant que les gars de Kraftwerk feront tourner leur petite entreprise lors de grand-messes pendant les trente années qui suivront. Mais bien sûr que les histoires de label, de non-exportation jouent un rôle là-dedans. Une fois encore, syndrome ethnocentrisme. Bien heureusement, aujourd'hui, la balance peut-être rectifiée par le seule fait que la musique est dispo à qui la cherche.
- mangetout › Envoyez un message privé àmangetout
Mais euh ! "Tour de France" est très bon, on est en 1983 et YMO sortent leur dernier disque studio : "Service" qui n'est pas, et de loin, leur plus réussi même si je l'aime bien quand même, Kraftwerk sortira "Electric café" en 1986, mais encore une fois c'est con de mettre en concurrence les deux groupes. Bon il faut dire aussi que leurs disques n'étaient pas faciles à trouver dans les années 80 (Alfa records était distribué en import), je me souviens être tombé une fois sur le live "After service" en 1985, il est donc normal qu'ils passèrent presque inaperçus à l'époque.
