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John Zorn › The crucible

  • 2008 - Tzadik, TZ 7372 (1 cd digipack)

cd | 8 titres | 44:26 min

  • 1 Almadel [7:10]
  • 2 Shapeshifting [ 3:20]
  • 3 Maleficia [ 8:14]
  • 4 9 x 9 [5:37]
  • 5 Hobgoblin [ 2:54]
  • 6 Incubi [7:44]
  • 7 Witchfinder [3:48]
  • 8 Initiate [5:42]

enregistrement

Enregistré et mixé par Marc Urselli en Juillet et Septembre 2008 à East Side Sound, NYC - Produit et arrangé par John Zorn - Co-produit par Kazunori Sugiyama - Masterisé par Scott Hull

line up

Joey Baron (batterie), Trevor Dunn (basse), Mike Patton (voix), John Zorn (saxophone alto)

Musiciens additionnels : Marc Ribot (guitare zeppelinienne sur 9x9)

remarques

"Procul. O Procul Este. Profani. Dedicated to: Antonin Artaud ~ Edgard Varese ~ Aleister Crowley"

chronique

Styles
jazzcore
free jazz
jazz
Styles personnels
zorneries

Et voici l'opus le plus brutal et rock'n'roll de la série Songs Without Words, qui à la base ne devait être qu'une trilogie, et se retrouve ici transformée en tétralogie (processus alchimique ? hommage à la Mole Trilogy des Residents ? détendez-vous, je taquine). Comme sur le précédent, Six Litanies for Heliogabalus, John Zorn s'adjoint au "Moonchild Trio" - qui pour le coup devient donc un quatuor, encore un coup des alchimistes - pour y souffler de superbes solos free, moins obsédés par les aigus douloureux qu'avant... En somme, The Crucible est de loin le plus accrocheur et le plus cru de la série. Les 4 bougres s'y livrent à coeur joie, ne réfrènent aucun de leurs élans bestiaux, et nous livrent l'apothéose de leur jeu cruel et rageur. On sent le plaisir communicatif d'envoyer la purée, et pas seulement chez Patton, comme d'habitude omniprésent et bien en gorge... Comprenez jouissif à certains moments et franchement lourd sur d'autres, ça dépend aussi de votre humeur. Une chose est sûre : ce n'est pas lui qui en fait trop ("trop" est un mot totalement obsolète quand on parle de Zorn), c'est sa voix qui est mixée trop en avant. Il faut quand même saluer les morceaux de bravoure que sont Almadel et sa mélodie (oui!) orientale et guerrière, l'ambiance de caveau à couper au couteau de Maleficia, la furie défoulatoire de Witchfinder et sourtout Hobgoblin (aouch !!), le gros riffage melvinsien (la basse de Dunn est quasiment une guitare stoner sur tout l'album) de Shapeshifting qui dérape bien vite pour tomber dans la fosse aux serpents jazzcore, ou tout simplement les nombreux solos de Zorn doublés par Patton à la voix, montrant l'osmose indéniable de ces types. Et que dire du solo d'Initiate, où Patton la ferme un peu, nettement plus "audible" et travaillé que ce que fait Zorn habituellement. Je garde le meilleur pour la fin avec un 9x9 basé sur un long riff, en forme de variation sur Black Dog du Led Zep ! C'est Marc Ribot qui débarque le temps de ce titre pour foutre le feu en mode Tom Morello, tandis que Patton semble s'éclater comme à Aqualand. Le tout est emballé dans un digipack somptueux, comme d'hab, avec runes incrustées, citations d'Artaud et compagnie, et pochette représentant sans doute ce "creuset" dans lequel viennent se fondre les individualités de ces musiciens frénétiques, pour forger une épée au tranchant sans pareil.

note       Publiée le lundi 27 septembre 2010

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punksportif › mardi 22 mars 2011 - 20:38  message privé !

Le titre avec Ribot est certainement un délire studio, je suis presque certain que Zorn ne l'avais pas écrit/composé ainsi. Ca change un peu du registre Moonchild habituel. Ribot parait plus legitime sur Ipissimus, c'est vrai...

Aiwass › lundi 17 janvier 2011 - 13:04  message privé !

Parce qu'on peut pas être pourri et propre ? Je l'ignorais... admettons que tu passes à tous les produits anti-bactériens imaginables un sandwich pourri ayant séjourné trop longtemps dans ton frigo, il restera pourri après, non ?

Coltranophile › lundi 17 janvier 2011 - 12:50  message privé !

S'il était sale, je serais d'accord sur le fait qu'il est rock'n'roll. Mais ça je trouve pas trop justement (ou pas assez en tout cas pour que j'invite à danser ma grosse). Alors disons qu'il est proprement mauvais.

Note donnée au disque :       
dariev stands › lundi 17 janvier 2011 - 12:29  message privé !
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objection votre honneur : il peut pas être proprement pourri, si il est pourri, il est sale. Il est rock'n'roll ce titre je trouve mais bon c'est vrai qu'il tranche pas mal avec le reste du disque, bizarre pour Zorn, habitué des albums à une idée (où homogène si vous préférez la langue de bois).

Coltranophile › lundi 17 janvier 2011 - 10:57  message privé !

Comme dans mon contrat il n'est écrit nul part que je suis obligé de cracher dans la soupe, je peux avouer sans gêne que je trouve cet album bien bon (sans parler d'une quelconque comparaison avec "Moonchild"). Baron redevient Baron,la section d'un coup sonne vraiment très bien, Dunn s'en trouve bien plus bondissant et j'avoue que le jeu de Zorn me plaît assez bien que la sensation qu'il a tout emprunté à d'autres reste forte (je ne l'avais pas en fait entendu depuis un certain temps et son son est devenu vraiment rond dans les registres graves et mediums, e très précis dans les aigus-il sonne presque comme un ténor et il a clairement écouté un paquet de sax des années 70, son jeu s'est "spiritualisé", on pense entendre un Billy Harper ou un John Handy par moments). Patton reste le gros point noir, sauf quand il est drivé par Zorn où ça passe mieux. Mais ses prestations vocales sont parmi les plus insupportables depuis Yoko Ono, c'est pour dire (elle aussi arrivait à flinguer sa propre musique-qui pourtant recelait pas mal de bonnes choses). L'autre souci, c'est la présence de deux morceaux merdiques au possible: l'espèce de "Black Dog" proprement pourri pour lequel on a fait venir ce pauvre Ribot et l'affreux "Witchfinder". Mais dans l'ensemble, on prend du plaisir ici.

Note donnée au disque :