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Stiff Little Fingers › Inflammable material

lp • 13 titres • 00:00 min

  • 1Suspect Device 2:29
  • 2State Of Emergency 2:23
  • 3Here We Are Nowhere 0:56
  • 4Wasted Life 3:03
  • 5No More Of That 2:03
  • 6Barbed Wire Love 2:29
  • 7White Noise 1:42
  • 8Breakout 3:02
  • 9Law And Order 3:10
  • 10Rough Trade 2:29
  • 11Johnny Was 8:06
  • 12Alternative Ulster 2:41
  • 13Closed Groove

enregistrement

Produit par Geoff Travis & Mayo Thompson aux Spaceward Studios, Cambridge, sauf Alternative Ulster, produit par Ed Hollis, remixé par Rough Trade et Doug Bennett aux Olympic Studios, Cambridge (sauf Alternative Ulster, produit par Ed Hollis, remixé par Rough Trade et Doug Bennett aux Olympic Studios)

line up

Jake Burns (guitare lead, vocaux), Ali McMordie (guitare basse), Brian Faloon (batterie), Henry Cluney (guitare rythmique, chant sur no more of that)

remarques

chronique

Styles
punk

Peu après avoir produit les Swell Maps, Mayo Thompson reste dans le punk râpeux et grinçant en s’attaquant à la production d’un album, et pas n’importe lequel : un album à marquer d’une pierre blanche avant même d’en avoir entendu le moindre riff grésillant ; puisqu’il s’agit rien moins que du disque qui permit à Rough Trade, le légendaire label indépendant, de se lancer. Auparavant simple distributeur, la structure de Geoff Travis va prendre les choses en main lorsqu’elle réalisera que sans l’aide d’aucune major, ce 1er 33 tours du label va se vendre à 100 000 exemplaires ! C’est donc d’ici que tout est parti, Rough Trade étant depuis devenu une entreprise pérenne, à la fois distro (associée au fameux « Cartel »), maison de disques défricheuse et disquaire renommé internationalement. Pas mal, pour ce qui n’était à la base qu’une chanson dénonçant les majors qui arnaquent les petits groupes… Les Stiff Little Fingers, eux, auront une carrière beaucoup moins glorieuse, malgré l’influence énorme qu’aura ce premier album sur les punks du monde entier. Il faut dire que leur sincérité et leur rage a de quoi briser toutes les frontières. Un peu à la manière du Clash, qui reste leur influence majeure malgré le fait que l’idée de Rough Trade soit précisément née en réaction à leur signature sur CBS. C’est comme si les Stiff Little Fingers, témoins du très dur contexte social de leur pays (l’Irlande), n’avaient pas eu le choix : leur message se devait d’être politique, intelligent et sincère. Pas de no future ici, mais un espoir naïf, adolescent, déraisonnable. Mention spéciale aux lyrics donc, écrits par le parolier et imprésario du groupe, Gordon Ogilvie et en ce qui me concerne parmi les plus puissants du punk anglais, et tellement concernés qu’ils en évoquent plus le punk américain, voire le hardcore. Wasted Life, à ce titre, aurait pu en remontrer à n’importe quel straight edge niveau conscience politique et indépendance d’esprit (et c’est d’ailleurs le groupe seul qui en écrit les lyrics). « I won’t be no soldier, I won’t take no orders from no one » s’égosille Jake Burns. Ça ne parait pas grand chose, sauf que dans l’Irlande assiégée par les soldats et bouillonnant de haine, ça prend un tout autre sens. Même chose pour White Noise, attaque frontale contre le racisme primaire des « brits ». Quoi qu’il en soit, le coup de génie du disque, c’est Johnny Was, reprise de Bob Marley qui fait logiquement écho au Police & Thieves des Clash, lui aussi plus long que la punk song standard et bénéficiant d’un tempo plus lent. Une vraie merveille, impétueusement expédiée comme lors d’une jam où le chanteur, toujours délicieusement faux, cherche à venger la mort du pauvre Johnny en éructant toutes les viscères de son larynx… On peut trouver ça risible, mais le hardcore ou tout simplement le punk hurlé n’était qu'à ses balbutiements en 78. En tout cas le riff principal est roboratif juste comme il faut, et donne envie d’emmerder les voisins en jouant la chanson à burnes, voire à Burns, en l’occurrence. Et dire qu’à la base, les trois quarts du groupe jouaient dans Highway Star, un groupe de reprises de hard ! Dès l’explosion punk en Angleterre en 76, ils se mettent à créer un punk prolétaire et cinglant, dont la conviction explose ici à chaque instant. Pour eux le programme du punk se résumait aux lyrics de Breakout, que je vous laisse découvrir… Ainsi que cette basse nettement plus inventive que la moyenne des groupes punk, au passage. Les SLF finissent même l’album en prouvant qu’ils savent faire autre chose, puisque Closed Groove - qui comme son nom l’indique, termine le LP sur un sillon infini atroce (un genre de criquet mécanique) - est une tentative de synthpunk robotique à la Devo, bien avant que ce style fasse école. De là à comparer ce titre à la vraie scène synthpunk, de Californie, il n’y a qu’un pas… que je franchirai. Indispensable pour tout amateur de punk qui se respecte.

note       Publiée le samedi 4 septembre 2010

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    Similitudes dans le son, l'attitude, et le do-it-yourself assumé... Les 2 groupes ne venaient pas du meme background, pourtant.

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Solvant › mardi 26 mars 2013 - 19:35  message privé !

En passant dire que cet album des SLF est incontournable, je vois que le RED KRAYOLA de Mayo Thompson sera avec Cheveu au Sonic Protest, le 19 avril à l'église Saint-Merri. Voilà voilà...

Note donnée au disque :       
Twilight › mardi 30 octobre 2012 - 18:49  message privé !
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C'est sûr que 'Alternative Ulster' c'est quelque chose, purée !

NevrOp4th › mardi 30 octobre 2012 - 16:02  message privé !

Excellent groupe.

Note donnée au disque :       
ericbaisons › lundi 8 octobre 2012 - 16:00  message privé !

bon je remets sur le tapis l'histoire du drapeau parce que fondamentalement ça me gene. Pas tellement pour ce que le groupe pense (sont-ils republicains, ou plus certainement pacifistes?), mais plutot parce que ça induit en erreur le mec qui arrive et qui va penser qu'on a affaire à un groupe punk de dublin qui donne son avis à distance sur ses freres du nord; alors que non, SLF etaient dans la merde au mauvais endroit, au plus mauvais moment et ça inspire l'intégralité de ce qu'ils font. Après, mettre un drapeau nord-irlandais est aussi une mauvaise solution, vu qu'il est intimement lié à une appartenance politique (recupération par le camp unioniste). Donc à mon avis, 2 solutions: soit uniquement le drapeau britannique qui est bien le drapeau officiel (on met bien jello sous la bannière etoilée, et on mettrait sniper ou la rumeur sous un drapeau tricolore j'imagine), soit la moins mauvaise solution selon moi, qui serait de mettre le drapeau irlandais ET le drapeau britannique.

dariev stands › mardi 7 septembre 2010 - 23:29  message privé !
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en tout cas on ne peut décemment pas les mettre sous le meme drapeau que les angliches vu qu'ils leur font clairement le reproche d'etre de gros racistes... c'est clair qu'il faut le drapeau de l'irlande du nord, pour that petrol emotion et compagnie...