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Cem Karaca & Moğollar › Live in İstanbul 1973

vinyle | 5 titres | 30:39 min

  • 1 Döne Sevdiğim (Döne My Love) [2:39]
  • 2 Şikayetname (The Letter of Complaint) [3:25]
  • 3 Ayrılık (Separation) [7:27]
  • 4 Dadaloğlu [adaptation de Dadaloğlu] [5:30]
  • 5 Paradox [11:38]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en concert le 17 Novembre 1973 au Fitaş Sinema, İstanbul.

line up

Cahit Berkay (guitar, bağlama, yaylı tambur), Mithat Danışan (basse), Cem Karaca (chant), Turhan Yükseler (claviers), Tufan Altan (batterie)

chronique

Styles
rock
folk
psychédélique
hard rock
world music
Styles personnels
folk-rock & heavy-psych turque

Fin 1973, Cem Karaca tourne toujours avec Moğollar, mais le noyau dur s’est littéralement dissout. Seul est resté le guitariste Cahit Berkay qui a reconstitué autour de lui « son » groupe avec des musiciens confirmé dont Mithat Danişan, ex-bassiste de Barış Manço, et Turhan Yükseler dont les claviers très Doors rejoindront bienôt Fikret Kızılok. C’est avec cette nouvelle formation, portant néanmoins toujours le nom glorieux de Moğollar, que Karaca sortira ses derniers singles avant de prendre à nouveau une orientation différente l’année suivante. C’est aussi avec eux qu’il se produit encore sur scène dans un répertoire qui inclut alors une poignée de titres inédits sur disque. Glorieuses archives que voilà ! Un concert enregistré à Istanbul, au Fitaş Sinema de Beyoğlu en Novembre 1973, à la qualité sonore tout à fait acceptable compte tenue de la source. Contrairement au « concert » d’Ankara de Février, officiellement réédité, trois titres, et pas des moindres, n’ont jamais été entendus avant. Sans compter que c’est ici un véritable enregistrement en public, histoire de goûter un peu à la ferveur que Karaca pouvait susciter lors de ses prestations et de constater à quel point Moğollar, même sous cette forme clairement alternative, était un groupe des scène fantastique, Cahit Berkay en tête, passant du bağlama électrifié au yaylı tambur mélancolique. Ils reprennent ensemble le très théâtral « Dadaloğlu », enregistré auparavant par le chanteur avec Kardaşlar, jouant de ses pauses et montées de voix puissantes et lyriques. Dans un registre de folk-rock psyché complètement déjanté, presque pop excentrique avec break orientalisant, « Şikayetname », à l’origine un traditionnel ici bien secoué sur ses bases qui sortira en single quelque temps plus tard sous le titre « Ihtarname ». Sur l’inédite « Döne Sevdiğim », le clavier de Yükseler serpente sur une rythmique acoustique emportée, mais c’est la mélopée de « Ayrılık », complainte déchirante de séparation, qui impressionne le plus. Etirée sur plus de sept minutes, la voix grave et profonde de Karaca fait merveille d’évocation dramatique alors que le groupe développe un jeu hypnotique inspiré par les grandes ballades du West-Coast américain. Quand le yaylı tambur de Berkay prend le devant de la scène pour un solo d’une tristesse douloureuse, alors que le groupe se met comme en suspens, c’est bien toute l’âme turque qui respire. De l’émotion pure à la déglingue quand Karaca dégaine son « Paradox », rare titre chanté en anglais, comme tous les autres c’est en imitant les groupes anglo-saxons qu’il a débuté, il en redonne à découdre à Eric Burdon pour une vague de heavy-psych bluesy où le leader des Moğollar démontre son savoir faire dans le riff dégorgeant de fuzz. Avec l’arme secrète Yükseler, c’est Deep Purple qui prend cher sur son propre terrain. Ou plus exactement, où on découvre que Grup Bunalım et Erkin Koray n’étaient pas les seuls à partir en vrille en live dans ce registre. C’était donc aussi ça, Cem Karaca & Moğollar sur scène, et c’est une bénédiction de pouvoir entrevoir ce qu’a pu être cette année de tournée pour le supergroupe le plus fameux de l’anatolian pop. Qui sait ce que recèlent encore quelques bandes poussiéreuses, quelque part, dans d’improbables studios stambouliotes ?

note       Publiée le mercredi 1 novembre 2017

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