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Fred Frith › Gravity

lp • 19 titres

  • Face A
  • 1The boy beats the rams (kluk tluce berany)4:53
  • 2Spring any day now3:05
  • 3Don't cry for me3:28
  • 4Hands of the juggler5:32
  • 5Norrgarden nyvla2:54
  • 6Year of the monkey4:06
  • Face B
  • 7What a dilemma3:10
  • 8Crack in the concrete1:24
  • 9Come across2:48
  • 10Dancing in the street/my enemy is a bad man4:39
  • 11Slap dance2:30
  • 12A career in real estate4:41
  • 13Dancing in Rockville, Maryland2:51
  • Bonus de l'édition CD
  • 14Waking Against Sleep2:02
  • 15Terrain3:46
  • 16Moeris Dancing4:58
  • 17Geistige Nacht5:15
  • 18Life At The Top1:40
  • 19Oh Wie Schön Ist Panama!5:00

enregistrement

Titres 1 à 6 : enregistrés en août 1979 à Norrgarden Nyvla, Uppsala, Suède et aux Sunrise Studios, Kirchberg, Suisse. Titres 7 à 13 : enregistrés en novembre 1979 au Catch-a-Buzz Studio, Rockville, Maryland, États-Unis, et en janvier 1980 aux Sunrise Studios, Kirchberg, Suisse. Produit par Fred Frith et Etienne Conod.

line up

Hasse Bruniusson (batterie sur les tritres 1 à 6), Fred Frith (basse, guitare, violon, percussions, Le Tambour, piano, batterie), Eino Haapala (guitare et mandoline sur les titres 1 à 6), Marc Hollander (saxophone alto, clarinette, clarinette basse), Lars Hollmer (piano, orgue et accordéon sur titres 1 à 6), The Muffins, Samla Mammas Manna, Titres 7 à 13 : Dave Newhouse des Muffins (saxophone alto, orgue), Paul Sears des Muffins (batterie), Billy Swann des Muffins (basse).

Musiciens additionnels : Chris Cutler (caisse claire et maracas sur "Don't cry for me", claps), Olivia Bruynhooghe (tap dancing, claps), Tina Curran (basse subliminale sur "What a dilemma", whirling, claps), Catherine Jauniaux (whirling, claps), Frank Wuyts (whirling, enregistreurs sur "Year of the monkey", claps, batterie sur "Come across"), Michel Berkmans, Etienne Conod, Denis Van Hecke, Véronique Vincent (claps), D.J. Perry (field recordings), Asha Curran Frith (final comments), 13th Street Puerto Rican Summertime Band (dix secondes de "the real thing"), manifestants iraniens fêtant la capture d'otages américains sur "Dancing in the street/my enemy is a bad man".

remarques

Les fans de Robert Wyatt seront intéressés par le fait que la peinture de la pochette originale fut exécutée par une certaine Alfreda Benge...

chronique

Styles
folk
jazz
ovni inclassable
progressif
rock
world music
Styles personnels
post-moderne

"La victoire remportée sur la gravitation, sur tout ce qui pèse et qui oppresse..." Aussi improbable que cela puisse paraître, dans son deuxième véritable album solo, Fred Frith fait l'apologie de la danse ! Et c'est assez normal, me direz-vous, car nous sommes en 1980, le disco avait triomphé partout... Non, de disco ici il ne sera point question. Ce disque est une sorte d'OVNI : hommage sincère à des rythmes de danse du monde entier, très mélodique (surtout pour du Fred Frith !), la forme des morceaux y est en même temps très complexe, et leur construction bizarroïde en fait une sorte d'artefact post-moderne, un croisement improbable entre Henry Cow et David Krakauer chorégraphié par le Cirque du Soleil, à la fois superficiel, indescriptible et fascinant. Mais je n'ai pas encore dévoilé tout le sel de l'affaire. Cet album est clairement scindé en deux parties (en vinyle, on appelait ça des "faces") : sur la première, Fred Frith enregistre en Suède en compagnie des mythiques Samla Mammas Manna, groupe de jazz-folk-fusion zappa-esque et complètement déglingué qui insuffle aux compositions de l'Anglais sa folie douce ; sur la seconde, direction les États-Unis avec les Muffins (dont Fred Frith produira le deuxième album l'année suivante), excellent groupe de jazz-rock expérimental, qu'il n'est pas surprenant de retrouver à côté d'un artiste qui les a largement influencés, et qui amène aux morceaux de Gravity les grincements de dents électriques requis. L'éclat de rire qui ouvre le disque est symptômatique. Dans la première partie, Hans Bruniusson tient la batterie mais c'est Fred Frith qui tient "Le Tambour", le violon... et les hostilités s'ouvrent sur une progression bien acide, une parfaite mise en bouche, qui trouvera son pendant avec la démence de "Year of the monkey". L'enjouement de "Spring any day now" apporte une facette multicolore qui dominera la partie avec les Samla Mammas Manna : c'est l'exhubérance de l'accordéon, le feu d'artifice de la mandoline, les tournoiements diaboliques des clarinettes derviches... ce qui n'empêche pas les rythmes impairs absolument déments de "Don't cry for me" ou "Hands of the juggler", ou les explosions électriques de "Norrgarden Nyvla". Une partie suédoise vraiment excellente. La partie des Muffins est un brin inférieure (éclats free de "Crack in the concrete" et "Dancing in Rockville, Maryland" ; "Dancing in the street/my enemy is a bad man", dispensable) mais des moments réjouissants (les dissonnances acérées de "What a dilemma", la "bande-son" très urbaine de "Come across", la virevoltante "Slap dance") et un moment d'anthologie - l'obsédant "A career in real estate" (quel titre, bon sang !), viennent rééquilibrer la balance. Bilan : embrassant toutes les cultures sans en couvrir aucune, voici sans doute l'album le plus jouissif de Fred Frith sorti sous son seul nom (je n'ose pas dire en solo, car ses adjoints sont d'importance ici), et qui sera susceptible de vous ouvrir les portes de bien des univers, du Canterbury au Rock In Opposition... en passant par la gigue et la bourrée : "Ne pas éteindre le feu de l'esprit" !

note       Publiée le lundi 23 août 2010

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notes

Note moyenne        6 votes

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commentaires

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Jean Rhume › mardi 21 juin 2011 - 16:26  message privé !

Tout bonnement excellent ce film. La répète du "Legs" de Massacre dépote sacrément le pétunia. Film tout plein de poésie.

absinthe_frelatée › mardi 21 juin 2011 - 12:55  message privé !

La première partie du docu ici ( la suite à côté normalement) : http://www.youtube.com/watch?v=jDqIEe0U4n0

Et il est effectivement excellent.

julayss › mardi 21 juin 2011 - 08:25  message privé !

Oui, je connais la BO. Super porte d'entrée pour l'"ancienne" carrière de Frith. Mais avec les images, c'est juste fascinant. Puis ça donne l'occaz de voir des trucs assez cocasses, genre Arto Lindsay qui tourne en rond à vélo dans un appart..

Note donnée au disque :       
Trimalcion › mardi 21 juin 2011 - 07:51  message privé !
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Non, mais la BO de ce film (rééditée en CD également par Rer Megacorp) est une compil pas mal du tout, qu'il était prévu que je chronique (et puis, hein, vous savez ce que c'est...)

julayss › mardi 21 juin 2011 - 04:47  message privé !

Avez-vous vu le film "Step Across The Border" sur Fred Frith ?

Note donnée au disque :