Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesPRichard Pinhas and Merzbow › Keio Line

Richard Pinhas and Merzbow › Keio Line

cd1 • 3 titres

  • 1Tokyo electric guerilla18:27
  • 2Ikebukuro : tout le monde descend !17:34
  • 3Shibuya AKS26:28

cd2 • 3 titres

  • 1Merzdon/Heldow kills animal killers8:16
  • 2Chaos Line21:45
  • 3Fuck the power (and fuck global players)16:29

enregistrement

Du 25 au 27 octobre 2007 aux Peace Music Studios, Tokyo, Japon. Mixage au Ramses Studio à Paris, France, en décembre 2007.

line up

Merzbow (synthétiseur EMS Synthi A, sons additionnels), Richard Pinhas (guitare métatronique)

remarques

chronique

Styles
ambient
electro
noise
Styles personnels
guitare métatronique

"Richard Pinhas and Merzbow"... Le mot important dans l'affaire, c'est "and", oui, "and" et non pas "versus" : ceux qui attendent un combat féroce entre la guitare torturée du Français et la harsh noise agressive du Japonais en seront pour leurs frais ; car ce "and" marque, de manière étonnante, une très grande complémentarité, voire une fusion entre deux mondes. Incontestablement, le son de ce disque est UN. Et c'est ce qui fait sa réussite et sa force. Mais commençons par le commencement. Lors d'un séjour au Japon, Richard Pinhas, un des plus vieux briscards du rock électronique (Heldon ! Heldon !), l'homme qui enchaîne désormais les boucles de guitare métatronique plus vite que son ombre, rencontre Merzbow, le maître de la noise nippone, et une envie mutuelle de collaborer se réalise illico en studios, pour un double CD (triple en vinyle !) produit par le Français (et qui sortira sous son label habituel). Le son se caractérise par son unité, disions-nous : les six longues plages de cet album font planer l'auditeur sur les boucles synthétiques de Pinhas qui se développent lentement, tandis qu'en contrepoint Masami Akita envahit peu à peu l'espace sonore en faisant déferler les électrons. Puis, en général lorsqu'on atteint l'acmè du morceau, arrive à nos oreilles un nouvel assaut de guitare bien distordu du Français, sous la forme de boucles plus agressives. Le flux sonore est dense ; les vagues nous happent. Et s'il n'est pas agressé, l'auditeur est immanquablement submergé. Pour être tout à fait juste, l'ambiance globale doit plus à Richard Pinhas qu'à Merzbow (d'où ce "and" qui serait aussi un peu un "and featuring..." ?) Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter la production récente du guitariste français avec les excellents "Tranzition" (2004) et "Metatron" (2006). Le Japonais, plus discret qu'à l'accoutumée donc, donne aux soundscapes de Pinhas l'avancée, la pulsation qui font émerger l'image du train à grande vitesse à l'écoute de certains morceaux (train qui donne d'ailleurs leur nom à quelques titres, ainsi qu'au titre générique de l'album, nommé d'après une ligne de métro japonaise). La vraie communion est ainsi atteinte dans l'hypnotique (et immense !) "Shibuya AKS". Alors bien sûr, ces improvisations sont trop longues, pas assez (re-)travaillées, trop "faciles"... l'ennui gagne parfois. Mais ce "Keio Line", avec ses grandes orgues, a tout de même la classe ; et le dernier morceau, "Fuck the power (and fuck global players)" (petite nostalgie soixante-huitarde, Mister Pinhas ?), est véritablement magnifique d'intensité, avec son solo de guitare qui déchire et son raz-de-marée merzbow-esque qui donnent un final en apothéose.

note       Publiée le dimanche 8 août 2010

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Keio Line".

notes

Note moyenne        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Keio Line".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Keio Line".

Jean Rhume › mardi 15 janvier 2013 - 11:44  message privé !

Booyaka booyaka... Oui cet album est très beau, on a l'impression d'être perdu dans une tempête de sable et les boucles de Pinhas sont un peu comme des mirages entre-aperçus au loin, indistinctement. Parfois presque visibles, on croit s'en approcher puis tout repère s'efface à nouveau. Moins poétique, j'imagine l'errance d'un myope qui aurait perdu ses lunettes dans le désert... Au passage, je regrette que Trimalcion ne fasse plus de chroniques.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › mardi 15 janvier 2013 - 09:50  message privé !
avatar

Shibuya... Shibuya... (comprenne qui pourra)

(N°6) › mardi 15 janvier 2013 - 09:46  message privé !
avatar

Je découvre ça tout doucement. C'est très très beau. "Shibuya AKS" va longtemps hanter mes murs je sens.

ericbaisons › dimanche 8 août 2010 - 13:26  message privé !

Chef d'oeuvre et meilleur disque 2008 pour moi

Note donnée au disque :       
torquemada › dimanche 8 août 2010 - 13:02  message privé !

Ça fait très envie.