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Richard Hell & The Voidoids › Another World / Blank Generation / You Gotta Lose 7''

cd • 3 titres • 00:00 min

  • 1(I Could Live With You In) Another World 6:07
  • 2(I Belong To The) Blank Generation 2:57
  • 3You Gotta Lose

enregistrement

Produit par Craig Leon et Richard Hell

line up

Robert Quine (guitare), Marc Bell (batterie),Ivan Julian (guitare), Richard Hell (vocaux, basse)

remarques

chronique

Styles
punk
rock

Lorsque sort ce tout premier single en 1976, Richard Enfer, créature inassouvissable (lisez un peu son bouquin, vous comprendrez) de la nuit, n’est déjà plus un jouvenceau. Bien que glabre et malingre, l’homme a déjà roulé sa bosse dans rien de moins que les Neon Boys et Television, au côté de son ex-acolyte Tom Verlaine et les Heartbreakers de Johnny Thunders, alors lassé des frasques cabaret des New York Dolls et décidé à plonger dans la défonce (j’en reparlerai). A chaque fois, il est membre fondateur, et à chaque fois il s’en va. Bien entendu, il finira par s’en aller de son propre groupe et se retirer de la scène, en bon personnage barge et égomaniaque. « I can take it or leave it each time » prévient-il dans le refrain de sa chanson emblématique, véritable chef d’œuvre du rock new-yorkais dans ce qu’il a de plus noble et racé, Blank Generation. Hell répètera longtemps que son message n’avait rien à voir avec le « no future » nihiliste que cuisineront McLaren et ses Sex Pistols en essayant de le copier… Il voyait cette génération comme une page blanche, donc avec tout à écrire et une infinité de possibilités, et appliquera même le concept à son propre corps, puisque s’il est certes l’inventeur des fringues déchirées, des cheveux coupés sans miroir et des épingles à nourrice (en gros, du style vestimentaire punk), ce qui le caractérise vraiment, ce sont ces slogans qu’il s’écrit sur le torse comme « Please Kill Me », qui deviendra le titre d’un livre culte sur le post-punk. Bref, il eut suffit qu’il ait sorti quelque chose sous son nom dès cette période, c'est-à-dire 74, pour qu’on le considérât comme le vrai père fondateur du punk américain… Seulement voilà, tous ses groupes contenaient un autre leader à fort personnalité, avaient d’autres ambitions, et mirent longtemps avant de sortir un disque. Hell, lui, aime aller vite, comme le feront les Ramones et tous les punks du monde après lui… Et comme le firent les Stooges. Ce 45t trois titres est mis en boîte assez rapidement, par un groupe tout juste créé (dans le but avoué de graver enfin un album), dont le batteur n’est autre que le futur Marky Ramone ! C’est finalement le groupe le plus proche des Neon Boys originels de toute cette scène de losers magnifiques. Rock stonien, âpreté ferrugineuse, chant glissant comme une savonnette dans les chiottes du CBGB, ce n’est pas vraiment un assaut punk et violent à proprement parler, juste un truc totalement spontané et débordant de vérité et d’âme, surtout ce miracle qu’est Blank Generation, tubesque comme du Blondie mais d’une classe interstellaire et éternelle. Seymour Stein, tête chercheuse et véritable bienfaiteur de l’époque, signera le groupe dans la foulée des Talking Heads et des Ramones… Dommage qu’il n’ait pu avoir les Only Ones, seuls concurrents niveau classe de l’autre coté de l’atlantique.

note       Publiée le samedi 7 août 2010

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DesignToKill › jeudi 19 décembre 2013 - 02:35  message privé !

Le pire c'est que tout les morceaux de l'album Blank Generation sont géniaux

Note donnée au disque :       
zugal21 › mercredi 4 décembre 2013 - 17:08  message privé !

je plussoie le fond : groupe séminal

otisred › mercredi 4 décembre 2013 - 17:07  message privé !

merci de plussoyer zugal... mais quand je parle du chef-d'oeuvre (c'est chiant tellement ce mot est galvaudé) ce n'est pas le single croniqué mais vous aurez tous pertinemment rectifié qu'il s'agit de l'album "Blank Generation" sorti chez Sire en septembre 77 car il n'y a pas que ces 3 titres à ressortir, tout est est à prendre en pleine poire. Phil

zugal21 › mercredi 4 décembre 2013 - 16:49  message privé !

je plussoie grave otisred

otisred › mercredi 4 décembre 2013 - 16:48  message privé !

en fait je ne m'exprime que maintenant car je suis passé complètement à côté des commentaires sur cet album incontournable (on ne peut pas être partout) et quand je dit "incontournable", je pèse mon mot ; car oui, sans ce brûlot, le punk et tous les dérivés de la rock culture n'existent pas car comme le dit si bien notre chroniqueur, le Richard Enfer a tout déclenché bien avant l'enregistrement de cet édifice sonore... pour en finir, car cela pourrait durer des pages, je supplie, conjure, ordonne à toute personne sensée et aimant un tant soit peu le rock (la plaisir... quoi !!!) d'écouter cette perle auditive. Le gros problème... et il est de taille : c'est l'ACCOUTUMANCE. Phil