Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesIInfected Mushroom › Converting Vegetarians

Infected Mushroom › Converting Vegetarians

cd • 10 titres • the trance side

  • 1Albibeno 7:01
  • 2Hush Mail 6:58
  • 3Apogiffa Night 8:05
  • 4Song Pong 8:33
  • 5Chaplin 6:52
  • 6Echonomix 7:39
  • 7Scorpion Frog 7:55
  • 8Deeply Disturbed 8:24
  • 9Semi Nice 6:06
  • 10Yanko Pitch 8:12

cd • 13 titres • the other side

  • 1Converting Vegetarians 5:39
  • 2Elation Station 5:35
  • 3Drop Out 5:14
  • 4Avratz 10:23
  • 5Blink 5:32
  • 6Shakawkaw 4:08
  • 7Pletzturra 6:44
  • 8I Wish 3:00
  • 9Ballerium 7:17
  • 10Selec'Ta 5:21
  • 11Illuminaughty 4:50
  • 12Jeenge 7:02
  • 13Elevation 5:15

line up

Erez Aizen, Amit Duvdevani

Musiciens additionnels : Michele Adamson

remarques

chronique

Styles
dub
electro
electronica
techno
trance
Styles personnels
trance et plus si affinités

Rarement un titre n'aura été aussi pertinent. Convertir les végétariens, oui. À la trance psychédélique ? Ou bien convertir les hippies à d'autres formules électroniques, via cette fameuse 'Other side' ? Le cerveau comme appât. Un appel à l'intelligence, ou le piège de la culture et des préjugés ? Infected Mushroom ne tient manifestement pas en place. Comme des gosses surexcités, ils sautent de leurs chaises et partent à la conquête du monde, au delà des milieux bien balisés. La trance psychédélique, ils l'ont déjà faite et bien faite, s'étant assurés une place de choix via The Gathering. Moins cheesy qu'Astral Projection, plus inspiré que la plupart des artistes ayant basculé dans la full-on psytrance, leur son ne manque ni de légèreté ni de violence lorsqu'il le faut. Ils expérimentent avec la marge d'erreur nécessaire (quelques ratés avec la musique classique et les guitares) mais ont le mérite d'aller jusqu'au bout de leurs idées tout en conservant un grand respect pour les groupes qui les ont inspirés. Mais qu'y a-t-il donc dans cette 'Other Side' ? Beaucoup de choses ma foi, et loin d'être une face B, c'est plutôt ce disque qui porte toute la richesse de ce double opus. Le hip-hop torsadé aux rythmiques dubby sur le titre éponyme annonce la couleur : basse acid, voix hachées ; jusqu'aux violons (on est en plein Orbital) puis l'arrivée de cet étrange double flow à l'accent irrésistible. Nul doute que nos israéliens sont de piètres vocalistes, ce qu'ils prouveront sur un album plus récent – et pourtant la piste fonctionne parfaitement, se construisant sur sa propre bizarrerie, comme tout le reste. L'electronica verdoyante d''Elation Station' rappelle sans rougir Plaid sur Not for Threes. Le langoureux 'Drop out' et sa succession de guitares acoustique puis discrètement électrique aux saveurs orientales des nappes de voix vaporeuses laisse place à un long et élancé 'Avratz' qui part en tout sens sans jamais perdre sa direction globale. Partout, des petits bouts de voix, des voyelles sans mots, des chants sans source – ils deviennent éléments sonores, points dans l'espace sur des constructions montées comme des courbes de Béziers. Et sans crier gare, revient un thème plus familier, une mélodie ou une note de l'imaginaire collectif, venant d'une musique ancienne ou même d'un jeu vidéo devenu universel ('Selec'ta' se construit sur du Super Mario, tout comme Aphex Twin avait massacré Pacman sur 'Powerpill') tandis 'Elevation' reprend une de leurs propres mélodies en version chillout. Michele Adamson chante sur 'Blink' et 'Illuminaughty'. Une fois de plus difficile de ne pas penser aux essais de Plaid avec voix féminines, qu'il s'agisse de Bjork ou Nicolette. Un petit mot aussi pour mon petit préféré, 'Shakawkaw' (on est dans Crash Bandicoot ou quoi ?), belle poésie sonore en plusieurs parties distinctes : d'abord très délicate, puis réhaussée d'une guitare flamenco, avant de faire suivre un solo de synthé fuzzé puis... une espèce de borgborysme tribal qui répète à l'envie "Shkakaka kawkawkaw", d'où le titre. Que dire de la bizarrerie du reste ? Entre 'I Wish' qui ne dépeindrait pas sur le Welt d'Ohgr et le grand n'importe quoi de 'Pletzturra' (rythmique électro, refrain chanté en lalalala comme un mec bourré, chants grégorien, soli de banjo, oui oui tout cela dedans et bien plus encore ma bonne dame). Le pire étant que tout cela s'enquille le plus naturellement du monde, sans heurts ni discontinuité. Bon, et je n'ai même pas commencé à parler du premier CD, plein de trance (pour les convertis ?), peut-être parce que malgré son évidente qualité, il se fait cruellement univoque et manque un peu d'originalité. On ne retrouve pas les pads acid tourbillonants qui faisaient la marque de fabrique des premiers albums – à la place, plusieurs éléments récurrents du second disque, comme la guitare acoustique sur 'Deeply Disturbed'. Malheureusement l'aspect full-on empêche un peu les idées de se développer ('Hush Mail', juste chiant) et même si certains titres sortent du lot (le sombre et rampant 'Opagiffa Night') l'ensemble reste juste bon. C'est le seul point noir de ce doublé : si le premier CD avait été de la trempe de The Gathering avec ses circonvolutions fuzzées maladives, je lui aurai volontiers attribué la note maximale tant pour l'intention que la réalisation. Il n'empêche, 'Converting Vegetarians' reste une des deux meilleures portes d'entrée vers le champi infecté, l'autre ayant déjà été cité deux fois ci-dessus.

note       Publiée le mardi 13 juillet 2010

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Converting Vegetarians".

notes

Note moyenne        8 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Converting Vegetarians".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Converting Vegetarians".

ewins › lundi 19 juillet 2010 - 16:18  message privé !

Je m'en souviens pas trop de celui là, il m'avais fait bonne impression il me semble, ça me donne bien envie de le réécouter. En tout cas ça me fait bien plaisir que tu chronique de la psytrance, j'adore ce son mais c'est pas toujours évident de s'y retrouver quand on est un néophyte comme moi

Gucguck › vendredi 16 juillet 2010 - 21:59  message privé !

De leur discographie, B.P Empire et The Gathering sont pour moi les meilleurs des deux israéliens, avec une nette préférence pour leur troisième album. Converting Vegetarians se défend bien aussi avec son "Other Side", et j'adore les deux titres Deeply Disturbed et Apogiffa Night.

Note donnée au disque :       
Morchaindaedelrog › jeudi 15 juillet 2010 - 22:00  message privé !

Oui j'avoue, Vicious Delicious est pas mal. Je trouve Heavyweight pas mal, mais je préfère Vicious Delicious et Suliman. C'est vraiment à part comme trance je trouve, très "electro". Limite je trouve pas si abordable que ça comme psy finalement. Converting Vegetarians en est un bon exemple.

vargounet › jeudi 15 juillet 2010 - 18:35  message privé !

Hmm j'ai un peu survolé tous les Infected Mushroom et je dois admettre avoir préferé le vicious delicious, notamment le morceau Heavyweight bien planant et déjanté.

Fryer › jeudi 15 juillet 2010 - 18:08  message privé !

Dans The Gathering ya aussi du simili Crash Bandicoot. Bref je ne connais pas celui là, uniquement le sus nommé mais dans le genre, jsuis plus fan de Dimension 5.