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Ekin Fil › Reds

téléchargement | 5 titres | 19:23 min

  • 1 Long Still [3:34]
  • 2 Uranus [4:03]
  • 3 Minus [3:58]
  • 4 Silence Repeats [4:07]
  • 5 North [3:40]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit et enregistré par Ekin Fil.

line up

Ekin Fil (voix, instruments)

remarques

https://ekinfil.bandcamp.com/album/reds

chronique

Styles
ambient
drone
shoegaze
Styles personnels
noisy ambient

Quelle étrange chose quand même, ce goût des musiques immobiles. Par immobiles, j’entends bien ce qui bourdonne, qui ne semble progresser qu’en mouvements infinitésimaux. Il faut avoir une certaine affinité pour les espaces gigantesques, les contrastes d’échelles vertigineuses pour vouloir s’y plonger soniquement, là où tout est si grand que ça ne semble plus se mouvoir du tout. Aimer le côté liturgique de la musique, mais de la liturgie dans son aspect le plus fixe, celui de l’orgue d’église qui reste bloqué sur trois accords. Ekin Fil aurait pu faire de la pop, elle est tout à fait capable d’écrire des mélodies excessivement agréables. Mais elle a choisi de noyer tout ça dans des océans de sons qui se gèlent comme des écrans de laptop bugés. Elle aurait pu faire du rock (de fait elle en vient, le fantastique unique album de Proudpilot avec sa soeur, aujourd'hui productrice électro appelée "biblo"), à tendance shoegazing forcément, mais elle n’en a conservé que les textures noisy, brûlantes comme de la lave, de celle qui colle, se meut sans que l’oeil humain ne puisse le voir. Elle chante mais prise dans la chappe, sous d’étouffantes couvertures de sons ferrugineux, sa voix d’éther souffle à travers une architecture grandiose sans qu’on sache de quel coin elle provient, courants d’airs de claviers et de guitares errant en réverbération sublime. Musique d’ameublement d’intérieur pour géante gazeuse. Pourtant les mélodies sont bien là dans le drone, « Silence Repeats » résonne, littéralement, de sa ritournelle migraineuse, un vrai chant de sirène répercuté depuis un nuage galactique qu’on pourrait transposer en guitare voix acoustique pour en faire ressortir l'évidente beauté tout simple. Mais Ekin Fil n’a pas choisi cette voie là, elle déverse, inéluctablement, des torrents amorphes d’échos, de fuzz, d’instruments torturés par l’électronique jusqu’à n’être plus qu’innombrables bourdonnements. La musique fait vibrer parait-il, ce cliché vulgaire. La musique d’Ekin Fil n’a pas besoin de faire vibrer : elle vibre seule, d’elle-même, empli les espaces vacants avec une terrible densité, de l’ambient-pop condensée au trou noir, où il est bon de se laisser fondre, se faire dissoudre et distordre. De la dense music.

note       Publiée le mercredi 17 janvier 2018

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