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Arc › Church

cd | 5 titres | 74:32 min

  • 1 1 Church 21:34
  • 2 2 Bliss Plane 14:01
  • 3 3 Torch 10:57
  • 4 4 Veil 10:19
  • 5 5 Falling Through to Rapture 17:38

enregistrement

Enregistré lors d’un concert au St.Mary's Church, Philadelphie, le 14 Novembre 2009 DiN035

line up

Ian Boddy: Ableton Live Mark Shreeve: Mellotron, synthétiseur et séquenceur analogue

remarques

Pour en savoir plus sur et entendre des échantillons sonores, visitez le site de DIN; http://www.din.org.uk/

chronique

Lors du dernier voyage d’Arc en sol américain, le duo Anglais donnait deux prestations en concert, soit à l’église St. Mary’s et dans les locaux du poste de radio WXPN dans le cadre de l’émission de Chuxck Van Zyl, Star’s End. De ce dernier concert, assez intimiste faut l’avouer, sortait l’album Rise. Un album à tendance plus atmosphérique. Alors que celui de l’église; Church, propose un album nettement plus agressif. En fait Church est magique. Le duo Boddy/Shreeve réussit à tracer une superbe performance où Church baigne à plein dans les mystères dogmatiques des religions. Un solide opus qui dépasse tout ce qu’Arc a produit à date. Une merveille pour le style de MÉ Berlin School et l’un des solides albums de 2010! La pièce titre s’ouvre avec un vent lointain aux sinuosités patibulaires. Des petites cloches et une grosse résonnent derrière cette mystique brumeuse où le souffle des intrigues inquisitionnaires longe les architectures vallonnées des murs saints. Une intro dramatique où l’intensité augmente graduellement avec ses synthés aux strates mellotronnées enveloppantes et louvoyantes de douces mélodies sous les frappes des percussions dignes des encouragements des rameurs de vieux galions espagnols. Une superbe intro Grégorienne où les synthés symphoniques et angéliques brillent sous des frappes percussionnées assommantes et envoûtantes. Vers la 6ième minute, nous flottons dans un abysse sonore qui tranquillement redéfinit la structure rythmique où le monde musical d’Arc apparait comme par magie; basses séquences hésitantes aux pas de loups, synthé mellotronné aux souffles flutés oniriques et accords cristallins qui moulent une brève danse chimérique. Une mise en scène pour un déferlement séquencé où les lourds accords façonnent une cadence pesante accompagnée d’un synthé aux souffles débordants d’une synergie fractionnée entre la mélodie et la hantise. Peu à peu, ses sonorités s’éclaircissent pour nous plonger dans l’univers glauque d’Arc où les tempos tergiversent entre la constance et les corridors ambiants, dans un tumulte de sonorités hétéroclites qui forment des rythmes hybrides et secondaires au schéma conceptuel principal. Un long titre qui nous entraine, telles des montagnes russes dont la finalité nous est inconnue. Du grand Arc inspiré qui nage en plein délire musical, comme l’essence du délicieux Fracture. Délicates percussions feutrées sur un clavier aux accords qui voltigent sur des ailes de cristal, Bliss Plane progresse sur un séquenceur aux douces pulsations minimalismes et aux autres pulsations plus mordantes, agressives mais aléatoires. Flirtant entre un rythme débordant et un autre plus soutenu, Bliss Plane dépeint le répertoire de dualité des rythmiques propre à Arc avec ses séquences qui s’amplifient et s’atténuent, se faufilant parmi un synthé subjuguant, dont les strates nasillardes sont uniques à Arc. Torch sillonne des corridors musicaux avec des sonorités disparates qui coulent sur une pulsation ronronnante et un synthé aux souffles spectraux. Lentement un tempo se forme parmi cette synchronicité des tonalités, perçant l’atonalité de l’intro avec un rythme chaotique qui fleurit sur un clavier aux accords hésitants et des percussions feutrées, mais soutenues, et des séquences subtiles qui ondulent avec une force à demi retenue, faisant de Torch un titre où les rythmes fusionnent par un étonnant paradoxe séquentiel. Veil est la pièce maitresse de Church. Un titre lourd et dur qui demande plus que deux oreilles pour le savourer à sa pleine mesure et qui débute avec des accords de clavier hésitants. Des accords qui sautillent maladroitement et qui sont bientôt jointes par des percussions tambourinées et des séquences lourdes de résonnances qu’un doux synthé peine à percer. Au travers cette pleine sonorité se dresse une superbe approche onirique qu’un synthé aux souffles délicats couche sur cette intro hostile. Et puis, les séquences pulsent seules. Une course qui semblait anodine mais qui devient subtilement effrénée, traçant une autre rythmique où un séquenceur menaçant s’ajoute et se colle à un superbe mellotron qui nous enveloppe comme dans les belles années des Moody Blues. Un titre épicurien qui explose d’une lourdeur apocalyptique, mais dont les lentes strates mellotronnées s’y fusionnent sur des accords de piano isolés et de clavier qui rappellent l’univers de Shreeve sur Legion et Assassin. Tout simplement splendide; la divinité qui combat l’apocalypse dans toute sa splendeur musicale et poétique. L’un des bons titres de 2010! Falling Through to Rapture est une extension de Rapture, de l’album Fracture paru en 2007. Mais un Rapture plus éveillé lorsqu’un tempo furtif se faufile derrière de somptueuses strates mellotronnées et accélère la cadence parmi des accords de claviers nerveux et un synthé aux longs solos dont les boucles nasillardes moulent une étrange harmonie elfique. Fidèle à son univers musical, Arc moule ici une cadence sur des séquences aussi frénétiques que les accords de clavier, unissant une rythmique qui oscille entre les tempérants cadencés et ambiants qui triturent cette finalité de Church. À date, Church est l’album de l’année en MÉ. Ian Boddy et Mark Shreeve ont réussi à créer un album intuitif et lié au monde où le manichéisme pastoral prédomine sur les douces harmonies d’un monde hédoniste. Un très bel album où les rythmes lourds cohabitent avec des harmonies inspirées et des ambiances mellotronnées découlant un synthé de plus en plus évolutif en matière de musicalité, grâce au doigté d’Ian Boddy, et des séquences magiques, lourdes, puissantes et uniques au doigté de Mark Shreeve. Il n’y a pas d’espaces vides, ni de remplissages temporels dans Church. Tout se colle et se tient comme une grande messe sans religions aucunes, mais dont la spiritualité demeure une histoire de musique.

note       Publiée le lundi 21 juin 2010

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ForceMajeure › jeudi 1 juillet 2010 - 09:28  message privé !

Sylvain, Merci beaucoup pour cette passionnante interview de Ian Boddy.

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ForceMajeure › mardi 22 juin 2010 - 08:57  message privé !

Très bon, comme toujours avec Arc...

Note donnée au disque :       
Solvant › lundi 21 juin 2010 - 23:45  message privé !

moi aussi, surtout si la divinité qui combat l’apocalypse dans toute sa splendeur est aussi musicale que poétique, mais surtout est-ce qu'elle avale ? ahah.

Twilight › lundi 21 juin 2010 - 22:50  message privé !
avatar

ça pourrait me plaire, ça....

gkar02300 › lundi 21 juin 2010 - 20:50  message privé !

Oui un très bon album une fois de plus.....Mark Shreeve est vraiment un génie !!! Ian aussi bien sur ;-)

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