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Patti Smith › Wave

  • 1979 - Arista, SPART 1086 (1 vinyle)
  • 1996 - Arista, 07822-18829-2 (1 cd)

cd | 11 titres | 37:45 min

  • 1 Frederick
  • 2 Dancing Barefoot
  • 3 Citizen Ship
  • 4 Hymn
  • 5 Revenge
  • 6 So You Want To Be (A Rock'n'Roll Star)
  • 7 Seven Ways Of Going
  • 8 Broken Flag
  • 9 Wave
  • 10 Fire Of Unknown Origin [bonus réédition]
  • 11 54321/Wave [bonus réédition]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Todd Rundgren - Ingé-son : Todd Rundgren - Assistants ingé-son : George Carnell, Tom Edmonds - Masterisé par Vic Anesini

line up

Patti Smith (chant), Lenny Kaye (Guitare, basse pour la chanson Wave, chant), Jay Dee Daugherty (Batterie), Ivan Kral (Basse, guitare, violoncelle pour la chanson Wave, claviers), Richard Sohl (Piano)

Musiciens additionnels : Todd Rundgren (Basse pour la chanson Dancing Barefoot), Andi Ostrowe (Percussions, timbales pour la chanson Seven Ways of Going)

chronique

Styles
rock

"Wave", comme un signe de la main, comme dans "wave goodbye", comme une dernière offrande à ses fans... Et ils commençaient à être nombreux en cette fin des années 70. Depuis l'énorme tube Because The Night, sorti l'année précédente, Patti Smith est devenue l'égérie des années Baba-Cool finissantes en Europe... Elle qui fut parfois associée au "proto-punk" avec son premier album Horses, et ses nombreuses fréquentations dans le milieu punk new-yorkais. Ce serait oublier qu'elle était aussi impliquée dans le Blue Öyster Cult, grandiose groupe hard rock qui lorgne à l'époque sur le FM depuis longtemps, et dont elle reprend le Fire of Unknown Origin dans les bonus. La voilà produite par Todd Rundgren, légende des studios US, dans son propre studio Bearsville qui lui donne un son plus ample que d'accoutumée, moins rock aussi... Ce qui à vrai dire, fait surtout merveille sur les 2 tubes qui ouvrent l'album. Frederick, dédié à son futur mari, pour qui elle quittera donc la scène lors de la tournée qui suivra, est selon moi meilleure que Because the night. Peut-être parce que je l'ai connue avant. Les deux titres se ressemblent, c'est sûr, mais Frederick a quelque chose de plus innocent, de moins emphatique, de plus nostalgique et profondément mélancolique. Dancing Barefoot, lui, est le plus grand morceau de la dame, à ma connaissance, tout simplement. Une ode à Jeanne Hébuterne, maîtresse du peintre Modigliani, qui se suicidera juste après sa mort, sous l'emprise d'un amour fou et irraisonné. Un mal dont Patti Smith semble se mettre en garde elle-même après sa déclaration exhaltée de la chanson d'ouverture. Pour une fois, le terme "heroine" ne désigne pas la drogue, mais Smith joue évidemment sur l'ambiguité, en présentant l'amour fusionnel comme une forme létale d'addiction... Tant de chansons racontent la drogue sous couvert d'histoires de coeur, enfin une qui fait le chemin inverse ! Cela dit, les sueurs froides du manque, évoquées dans cette mélodie obsédante, ont une ressemblance sinistre. On penserait presque aux ambiances délétères du Blue Öyster Cult justement, mais chantées par Smith avec une implication romantique radicalement différente. Suite à de telles hauteurs, le reste du disque risquait forcément d'avoir un goût fade... Et c'est hélas quelque peu le cas, excepté peut-être pour ce Broken Flag étrangement inspiré de Barbara Frietchie, une femme ordinaire restée dans les mémoires pour avoir tenu tête aux Sudistes pendant la guerre de secession; pour un morceau qui s'achève dans une chorale très Joan Baez où Patti, toujours aussi illuminée comme un sapin de noel, parle de marcher vers Alger... L'insert qui se trouve dans le 33t nous renseigne sur les inspirations éparses de la chanteuse, visiblement aussi bien fascinée par le christianisme que par les mythes artistiques de la vieille europe, où par les cicatrices de son pays, voire enfin par le destin singulier de son guitariste, Ivan Kral, réfugié politique de tchéquoslovaquie et depuis apatride. Un 'Citizen Ship' qui pourrait bien prendre une autre signification dans le contexte actuel... C'est avec So You Want To Be (A Rock'n'Roll Star) - l'un des premiers morceaux démontant les rêves du rock - reprise des Byrds, qu'elle entame une face B plus amère, comme sur ce Revenge étrange, qui semble dénoter une sérieuse rancune de femme bafouée, qui reprend lentement le dessus avant de lancer un assaut qu'on devine psychologique. Une face B qui recèle la grandeur et décadence de titres comme Seven Ways of Going, lourds de hautbois, gongs, percussions... On sent Rundgren bien plus à l'aise avec l'emphase et la profusion instrumentale qu'avec l'accompagnement minimal qui a pu être celui de Patti Smith à ses débuts. Mais Rundgren, qui a comme muse une autre poétesse new-yorkaise, a déjà préfiguré le son punk bien des années avant, et ce n'était pas toujours brillant. Sans intégrer de synthétiseurs ou se départir du son à l'ancienne qui s'impose ici en guise d'âtre pour la flamme de la poétesse, il fait ici un boulot remarquable. Tout cela n'empêche pas au final Wave d'être un album très inégal, comme toujours avec le PSG (Patti Smith Group, oui moi aussi ça m'a fait rire), attachant et en phase avec son époque de transition (il fut enregistré pendant la courte investiture du Pape Jean-Paul I, dont l'ombre plane sur le disque), mais qui n'a du prendre sa pleine mesure que sur scène, lors de cette grande tournée d'adieu qui verra Patti Smith se "réconcilier avec Dieu" et inviter le public à monter sur scène terminer le concert lors de son dernier concert à Florence... Avant de s'installer dans une banlieue tranquille de Detroit et de faire des bambins. C'était mal la connaître que de croire qu'elle ne reviendrai pas une fois ceux-ci un peu grandis, la tête pleine de mots...

note       Publiée le samedi 19 juin 2010

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chronique

Styles
rock

Quelques mots supplémentaires, non pas pour mettre une note supérieure - je suis à peu de choses près d'accord avec Dariev, mais je rajouterais que le final "Wave" est un des titres les plus hantés de Patti Smith, même si on lorgne un peu sur l'effet Lydia Lunch (l'effet poseur et chiant), ça reste un peu plus que fade tout de même. Et c'est surtout histoire de parler rapidement de la reprise de "Fire Of Unknown Origin", chute des sessions et ajout indispensable à l'album : Patti Smith avait écrit celle-ci pour Blue Öyster Cult, et sa reprise est totalement à l'antipode de celle qu'on trouve sur l'album très FM du même nom : déjà, on comprend à peine sa prononciation cryptique-yaourt de "fire" et "origin" pour la reconnaître de quelque façon que ce soit. Ensuite, c'est une élégie blues aussi sublime que courte, puisque j'ai à peine le temps d'achever cette chro qu'elle se termine déjà...

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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Note moyenne :        6 votes

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Twilight › jeudi 22 septembre 2011 - 19:04  message privé !
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Effectivement, mon favori reste 'radio Ethiopia'

Note donnée au disque :       
dariev stands › jeudi 22 septembre 2011 - 18:45  message privé !
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horses est bien cool, mais pas chef d'oeuvresque comme on peut lire de ci de là je trouve...

Twilight › jeudi 22 septembre 2011 - 18:42  message privé !
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J'ai longtemps été allergique à Patti Smith et je suis en pleine redécouverte, disons la Patti Smith époque Patti Smith Group et je trouve ça vraiment bon. Même si je préfère les deux albums précédents, celui-ci tient bien la route. Pas besoin de chercher où P.J.Harvey a pêché son inspiration...

Note donnée au disque :       
ericbaisons › dimanche 20 juin 2010 - 23:33  message privé !

Forcément que ça pue le hippie qui sent la sueur, elle fricotait avec Lanier, la petite Patti. Et pas que musicalement.

Wotzenknecht › samedi 19 juin 2010 - 21:04  message privé !

Coincée entre Slogun et Sigillum S, la chance