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Death (75) › ... For the whole world to see

cd | 7 titres | 00:00 min

  • 1 Keep on Knocking
  • 2 Rock-N-Roll Victim
  • 3 Let the World Turn
  • 4 You're a Prisoner
  • 5 Freakin Out
  • 6 Where Do We Go from Here???
  • 7 Politicians in My Eyes

enregistrement

Produit par Death – Ingé-son : Jim Vitti – Enregistré et mixé au studio United Sound à Detroit, Michigan, 1975

line up

David Hackney (guitares), Bobby Hackney (basse, chant), Dannis Hackney (batterie)

chronique

Detroit est une ville à part, tous les fans de musique le savent bien. Une sorte de micro-climat, où la techno comme le rock trouveront un écho unique parmi une population déshéritée… On connaissait les géniaux Dirtbombs, groupe de garage-soul mené par le shouter black Mick Collins, mais ce qu’on ignorait, c’est qu’un groupe 100% black avait déjà tutoyé les cimes du hard rock le plus basique (celui qui se rapproche le plus du punk) en 75, année noire pour le rock, qui s’essouffle alors au profit du disco. Trois frangins qui répétaient dans leur garage, et dont la vie fut changée par un concert des Stooges et l’album Quadrophenia des Who, puis par Alice Cooper et Led Zeppelin… Trois black qui jouent plus vite et fort que tout le monde, remplaçant les synthés et le bagage technique qu’ils n’avaient pas par une patate incommensurable (typique de Detroit, ça), les faisant presque sonner comme les Bad Brains à certains moments ! Clive Davis de Columbia les approche pour les signer, mais exige de changer ce nom totalement blasphématoire et invendable (les choses ont changé depuis), en vain. Résultat, les 3 frères déménagent en Nouvelle-Angleterre, où ils forment The 4th Movement, un groupe de rock chrétien (déjà plus crédible) qui sortira un disque éponyne au début des 80’s , avant de virer reggae ! Fin de l’histoire. Pas mal ont cru à un canular, tant tout ceci sent trop le culte à plein nez… Il n’en est rien, car le groupe a tout de même eu le temps de sortir un 45 tours avant de disparaître, vendu dans la rue et aux concerts, pièce qui dépasse les 1000 dollars sur Ebay aujourd’hui, bien entendu. L’album ne fut jamais terminé, seul 5 titres furent mis en boîte. Tous aussi speed et sauvages que le single, qui ajouté à ces 5 titres, forme aujourd’hui le seul et unique album de Death, posthume donc (leur nom était tout indiqué) : … For the whole world to see . A la vue du monde entier, enfin, après que les bandes aient dormi dans l’indifférence (personne n’avais jamais entendu parler de ce truc, même dans les listes de "lost albums" légendaires et fumeux) pendant près de 35 ans. Le groupe était entré en studio sous l’égide de Jim Vitti, l’ingé-son de Parliament et Funkadelic, qui en 75 a déjà l’habitude d’enregistrer des grosses guitares, mais pas forcément des rythmiques aussi franchement rock. On se situe quelque part entre le MC5, Kiss, voire les Dictators. Une certaine influence New-yorkaise, mais la pochette est équivoque : Detroit represente ! Au final, For the whole world to see aurait du être l’un des meilleurs albums de 75, ni plus ni moins. Keep A Knockin’ n’a rien à voir avec la chanson de Little Richard, il n’agit d’un bon gros tube presque glam, et idéal pour cramer tous les radars de votre autoroute préférée… On pense aux Bad Brains qui auraient pris des cours de coolitude 70’s chez Fonzie, voire à Thin Lizzy pour le côté jukebox chromé et classieux. Mais après quelques écoutes, c’est le titre suivant, Rock’n’roll victim, qui apparaît clairement comme un hit absolu, au point de se hisser sans problème aux côtés de My Sharona, Ballroom Blitz et Black Betty au panthéon des tueries du hard 70’s. C’est bien simple : ça dure 2 minutes 41, c’est entre l’idiotie totale et le coup de génie, et ça donne envie de tout casser de façon spasmodique et immodérée. Rien que pour ce titre, qui justifie la note ci-dessous, Death devrait être intronisé au Rock’n’roll hall of fame… C’est quasiment du hardcore-punk pour la rapidité, ce qui ne surprendra que ceux qui croyaient que Heavy Metal c’était du rock’n’roll (hop, comment se faire des ennemis en une phrase). Death était un groupe de jeunes loups naïfs et affamés et ça s’entend… Leur innocence leur permet tout, comme cette schizophrénie sur Let the world turn, ce break complètement à la ramasse sur You’re a prisoner, où encore ce refrain mitraillette qui sent bon les pétards lancés sur les flics à 14 ans sur Freakin’ Out. Sans oublier ces lyrics qui sentent bon le punk, 2 ans avant, sur les 2 dernières chansons, les plus politisées de l’album. Ça sent la rue à plein nez, et les petites audaces de production ça et là montrent bien qu’on est en présence d’un truc qui n’est pas sorti à l’époque, et qui a donc échappé aux coupes franches des directeurs artistiques. Écoutez cette montée au milieu de Politicians in my eyes, qui s’achève sur un cri du cœur d’une ingénuité confondante, et voit le power trio se sentir invincible sur la deuxième moitié du titre, tripotant les boutons de l’ampli en décollant de leur ghetto dans un grand nuage de fumée et de poussière… Trait commun étonnant avec d’autres blacks de Detroit, la clique Underground Resistance, Death remercie avant tout leur maman les crédits de l’album, celle qui leur laissait donner des concerts depuis le garage (pas comme dans Joe’s Garage de Frank Zappa, quoi)… Un peu plus loin, on retrouve Funkadelic et les musiciens Motown, tout de même, car ces derniers auraient donné un coup de pouce en studio à Death durant l’enregistrement des bandes ! Que ne fussent-ils découvert par Kim Fowley avant qu’il ne soit trop tard…

note       Publiée le mardi 25 mai 2010

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Twilight › mardi 7 juin 2016 - 01:05  message privé !
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Il gagne en écoutes, vraiment excellent ce skeud !

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Twilight › samedi 27 février 2016 - 17:43  message privé !
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J'ai franchi le pas et l'ai acheté. Même si je préfère Pure Hell qui sont d'authentiques punks black, ce côté proto-punk vu sous la loupe d'un groupe social pas toujours favorisé est très intéressant....

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Klarinetthor › vendredi 21 août 2015 - 01:25  message privé !

Apparemment il viennent jouer en Europe cet automne; Leeds fin Novembre

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sergent_BUCK › jeudi 18 décembre 2014 - 11:35  message privé !
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Hé ouais, moi chuis comme ça... Bim, cadeau de bienvenue !
non, sans rire, j'ai envoyé cette chro parce que je l'avais toute prête sous la main. C'est un pur hasard qu'elle ait été demandée le jour même... J'ai trouvé la coïncidence amusante.
(faut donc pas s'attendre à ce que ça se reproduise, hein ;D )

Jean Pierre Moko › mercredi 17 décembre 2014 - 22:18  message privé !

ca a pas trainé, le yonkers, en effet !! Big up amical a sergent Buck et Dioneo.

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