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Moonbooter › World of Apes I

• 13 titres

  • 1[CD69:41
  • 21 Living in Apeland 6:46
  • 32 Inside Nukes 6:23
  • 43 M A D 5:04
  • 54 Cowboy und Indianer 5:59
  • 65 Losing Innocence 4:30
  • 76 Atomic Train 4:50
  • 87 Gently Terminated 5:47
  • 98 A New Hope 5:22
  • 109 You Will Be OK 4:37
  • 1110 The War Begins 7:23
  • 1211 The Melancholy Within 5:54
  • 1312 Brahma Astra 7:05

enregistrement

Composé, arrangé et produit par Bernd School entre Décembre 2008 et Février 2010 au Skyflight Studio II, Olef, Allemagne

line up

Bernd Scholl : Virus TI, Yamaha Motif7 & Sy77 & CS1x & RM1x, Casio VZ-1, SK-5 Keyboards, synthétiseurs, Real Guitar 2 LE, percussions & FX

remarques

Pour en savoir plus sur Moonbooter et entendre des échantillons sonores, visitez son site web; http://www.moonbooter.de/ ou le site de MellowJet Records; http://www.mellowjet.de/

chronique

Septième album de Moonbooter (Bernd Scholl), World of Apes I jette un regard critique sur l’homme et sa folle course aux armements nucléaires. Composé de 12 titres aux structures musicales uniques au style de Moonbooter, World of Apes I baigne dans une ambiance à la Kraftwerk pour les rythmes et Roger Waters pour les effets sonores où voix et bruits dépeignent les affres et conditions des effets nucléaires. Tout au long des 70 minutes d’écoute, l’auditeur est entouré d’une pléiade de sons issus des diverses expériences sonores que Moonbooter a déniché lors de ses recherches. Faisant de World of Apes I, un album concept unique où les rythmes flottants, circulaires et tournoyants sont érodés de ces apocalyptiques intercales sonores.
Un compteur Geiger ouvre les mesures de Living in Apeland. Un synthé vaporeux, aux caustiques sinuosités violonées, traîne dans un étrange nuage de poussières radioactives, filtrant d’étonnants chœurs fantomatiques et des voix venant d’outre-tombe sur un tempo flottant où des percussions feutrées en mesurent la densité spectrale. Un silence de mort, durant une fraction de seconde, ré initie un rythme lent qui claque sur de bonnes percussions, des séquences hybrides et une ligne de basse ascendante façonnant un rythme légèrement syncopé. Une cadence qui flotte langoureusement sur un synthé aux étranges et multiples émanations spectrales, dont les savoureuses strates moulent un refrain accrocheur. Un étrange mélange sonore qui moulera les nombreux refrains accrocheurs que l’on retrouve sur World of Apes I. Inside Nukes offre rythme circulaire et ondulant aux boucles hésitantes et hachurées, épousant une structure nerveuse, où des chœurs monastiques errent sur des séquences et percussions qui s’enchevêtrent avec frénésie.
M.A.D. pour Mutual Assured Destruction, est l’un des titres le plus accessible de World of Apes I. Un titre où l’utilisation du vocodeur nous ramène à l’époque de Kraftwerk sur Radioactivity et TEE, sur de multiples cliquetis de percussions qui martèlent un rythme métallique et hypnotique où l’énigmatique univers Kraftwerkien côtoie celui de Jean Michel Jarre. Cowboy und Indianer est une perle de sensibilité. Une superbe danse lascive pour insomniaques qui songent aux désastres nucléaires sur un fond de sensibilité et de dramatisme incroyablement poignant. Un rythme doux et lent, ceinturé de multiples couches d’un synthé solitaire et désolant, où de faibles accords minimalismes d’un clavier sont les témoins de ce cauchemar et tentent de nous y endormir. Plus j’écoute et plus je visualise Winston au café des lâches dans 1984 de Georges Orwell. Profondément touchant et saisissant, qu’on le veuille ou pas. Avec son intro vaporeuse où un synthé aux ondes fantomatiques scrute un ciel morose, Losing Innocence erre dans une torpeur caustique à faire froid dans le dos. Un titre qui explique à lui seul la dévastation et le regret tout en se voulant un murmure acerbe, comme les superbes Gently Terminated et ses percussions enclumées et le très beau Brahma Astra. Autre titre accrocheur et fort accessible, Atomic Train se faufile avec un synthé serpentin qui ulule sinueusement au gré des paysages qui défilent sur un rythme tambouriné qui moule à merveille un train filant à une vitesse qui n’est pas sans rappeler les ivresses hypnotiques de Kraftwerk. Encore là, la musicalité offerte par Moonbooter est étonnante de vitalité et de fraîcheur. Un titre qui à première écoute parait banal, mais plus on y prête l’oreille, plus on réalise tout l’univers sonore et très mélodieux qui s’y terre.
Petit cousin d’Inside Nukes, A New Hope présente une structure nerveuse où le rythme est infernal et où les synthés fusent des lamentations apocalyptiques, telles les sirènes de prévention d’attaques ennemies. Un titre endiablé aux percussions claquantes qui animera la créativité des DJ. De fins arpèges de cristal d’iode charment le rythme lourd et sinueux des percussions pesantes de You Will Be OK. Un titre au rythme indéfini, tout comme The War Begins et The Melancholy Within qui allient rythmes sauvages et nerveux à des passages flottants et langoureux qui oscillent dans l’unique univers musical de Moonbooter qu’il décrit, à juste titre, comme étant une MÉ hybride de la prochaine génération.
World of Apes I est un solide opus de MÉ. Mais une MÉ plus vivante et animée que le style Berlin School, quoique des effluves éthérés peuvent être sentis ici et là. Sans hésiter, je dirais qu’il s’agit du meilleur album de Moonbooter à date. Bernd Scholl offre 12 titres de son unique cru, sur ses rythmes hybrides où le soft techno croise le synth-pop progressif avec un léger zest de ‘’dance-floor’’ par endroits, sur des structures animées d’une intense émotivité qui porte World of Apes I à bout de bras.

note       Publiée le mardi 18 mai 2010

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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C'est impressionnant ce doublé, "une intense émotivité qui porte World of Apes I à bout de bras", tout à fait cela. La musique est profonde et emphatique sans être démonstrative, jouant avec le pathos sans trop en faire. Je ne sais pas trop à quoi le comparer, c'est vrai que l'ombre de Kraftwerk plane (prévisible avec un tel thème, aussi) mais avec une maximalisation des moyens qui l'en éloignent. Je pense par moments aux arpèges de Khetzal ou Solar Fields...