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Harald Nies › Earthcreator

cd • 5 titres • 64:47 min

  • 1Seven Features in One Dream 11:40
  • 2Earthcreator 9:33
  • 3Dividing Waters 19:35
  • 4Interaction of Elements 11:00
  • 5Earth Core 11:59

line up

Harald Nies: Synthé Roland JV1080, guitare Hamer avec RP 260 pédale à effets & FX

remarques

Pour en savoir plus sur Harald Nies et entendre des échantillonnages musicaux, visitez son site web; www.rockatspace.de

chronique

Dans cet étonnant univers musical qu'est celui de la MÉ, jouer de la guitare et du synthé divise bien des puristes car la ligne est mince entre le rock cosmique, le prog et la MÉ. Harald Nies fait partie de ces artistes aux orientations hybrides qui caressent autant les lentes strates de synthé et/ou guitare sédatives que les rythmes lourds d'une fusion rock cosmique et MÉ de style Berlin School. Earthcreator est son 7ième opus et présente un Harald Nies modulant ses structures musicales par de riches et denses couches de synthé qui s'agglutinent au dessus des harmonies et des solos de sa guitare Hamer. C'est une belle odyssée musicale dans les territoires de l'inconnu composée de 5 titres, dont un très long, qui évoluent lentement mais surement tout en prenant des tangentes, des orientations en continuel essor où les genres se confrontent sur des structures qui se métissent dans de longs corridors ambiants. Avec toutes ces phases interchangeables et évolutives, Earthcreator endosse un suave duel lyrique entre guitare et synthé dont le seul vainqueur est le fan d'Harald Nies et de rock cosmique.
De fins accords cristallins sautillent nerveusement dans une brume cosmique tapissé de chœurs éthérés. Seven Features in One Dream infiltre nos oreilles avec un rythme délicatement saccadé et pilonné par un maillage de percussions et de pulsations séquencées qui tambourinent dans les charmes rotatoires d'un doux piano électronique. Le mouvement étend ses secousses pulsatoires dans d'enveloppantes strates valsantes aux odeurs de vieille orgue Schulzienne, lorsque le tempo fond dans un passage plus ambiant où des flûtes célestes embrassent une structure rêveuse. L'instant nous transporte aux portes d'un New Age aux parfums d'Orient. Un synthé maquille les ambiances de brefs solos, juste avant que le rythme ne reprenne un second souffle avec une ligne de basse qui palpite plus nerveusement dans une séduisante brume cosmique. Des percussions se greffent à cette figure de rythme ondulatoire alors que la guitare d'Harald Nies parfument Seven Features in One Dream de ses premiers solos. Le rythme tombe dans une 2ième phase morphique, introduisant des solos de synthé qui sifflent dans une phase plus éthérée. Seven Features in One Dream escorte sa 3ième phase avec une structure de rythme plus lourde et plus lente où percussions et pulsations basses moulent un genre de bleues cosmique orné de bons solos bien éparpillés. La pièce-titre accoste nos oreilles avec les grondements de tonnerre qui se défragmentent dans une approche séraphique. Des accords de piano ruent nerveusement et dessinent une structure mélodieuse qui danse avec des percussions tribales et des accords de basse un brin funky. Divisé entre cette approche funk et tribal, le rythme de Earthcreator est fluide et très entrainant alors que la mélodie du piano est coulée dans la tranquillité des chants flûtés et des nappes astrales. Et doucement le titre plonge dans une phase morphique peinturée de filaments ambiants stroboscopiques avant de revenir plus lourd et lent, comme ces blues cosmiques uniques à la signature de Nies où solos très tranchants pleurent dans des brumes cosmiques.
Dividing Waters est le plus long titre sur Earthcreator. Un long titre structuré sur deux phases qui débute dans les ondes d'un synthé aux arômes tant spatiales que spectrales. Un lointain rythme secoue la torpeur avec des séquences qui défilent en boucles intemporelles. Abstrait et ambiant, le rythme introductif de Dividing Waters étend cette membrane minimaliste qui s'enduit de brume cosmique. C'est une longue introduction qui peu à peu épuisent la vélocité silencieuse des séquences. Des nappes de synthé ornent ce firmament ambiant qui, parfois, hoquète d'un spasme. d'un désir de renaitre. Et ça se fait délicatement, avec énormément de sobriété. C'est assez beau, même si le sentiment d'avoir déjà entendu dans les années vintage de la musique méditative, voire de film, est très présent. Et comme un rayon de soleil qui perce l'opacité des astres, le rythme éclot un peu après la 12ième minute. Doux, il gagne en puissance, en intensité avec de bons effets et un jolie piano dont la mélodie mélancolique se noie dans les torsades des solos de synthé. J'ai trouvé ça bien fait. Bon et bien élaboré, mais ça demeure avant tout un long titre très méditatif. Même avec une belle structure de rythme qui borde les territoires du New Age. L'intro d'Interaction of Elements ravivera les souvenirs des fans de Tangerine Dream sur Thief et Wavelenght. Une multitude d’accords et séquences scintillent inlassablement sous l'œil d’un synthé enveloppant et dont les lentes torsades sinueuses se moulent aux délicates salves des flûtes. Ici aussi il y a des passages assez intenses. Mais tout reste dans le domaine du très tranquille. La structure de rythme scintille plus qu'elle ne bouge avec des explosions éparpillés dans un tissu plutôt ambiant et assez onirique. Cette approche ambiante et même assez cosmique persiste en ouverture de Earth Core. Vers la 3ième minute, une séquence galopante initie une chevauchée rythmique assourdissante où solos de synthés embrassent les génériques de western italiens sous des batteries débridées. Vers la 7ième minute, le rythme se fracture et devient un souffle ambiant cosmique qu'un synthé pousse vers l'espace où une splendide guitare acoustique éveille les étoiles avec une douce orchestration d'un synthé qui échappe un suave solo spectral. Solo qui sinueusement se faufile dans les cordes de la guitare Hamer et dont la symbiose sculpte une superbe comptine cosmique.
Earthcreator est l'album du changement pour Harald Nies. Nettement plus éthéré et électronique que ses œuvres précédentes, Harald Nies s'est forgé sa propre identité sonore et délaisse l'étiquette d'un émule d'Ashra et de Mind Over Matter, quoique par moments les parfums rôdent toujours. Sur Earthcreator il a façonné un univers plus ambiant et plus riche en variations des synthés, la guitare est assez timide ici, afin de signer une œuvre assez éthérée. Si Nies est moins mordant et incisif, il est devenu plus sage et poétique. Il n'hésite pas à exploiter son introversion, qui bien souvent fait la différence entre un bon album et un album plus complexe et mature où les émotions se sentent à fleur de peau.

note       Publiée le vendredi 14 mai 2010

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