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Elysian Fields › The Afterlife

cd | 10 titres | 44:35 min

  • 1 How We Die [05:22]
  • 2 Where Can We Go but Nowhere [04:46]
  • 3 Drown Those Days [04:04]
  • 4 Turns Me On [03:57]
  • 5 Only for Tonight [05:03]
  • 6 Someone [05:25]
  • 7 Climbing My Dark Hair [03:30]
  • 8 The Moment [03:32]
  • 9 Night Melody of the Pull [03:03]
  • 10 Ashes in Winter Light [04:48]

line up

Thomas Bartlett (piano, orgue, wurlitzer), Oren Bloedow (guitare, basse, orgue), Jennifer Charles (chant), James Genus (contrebasse), Matt Johnson (us) (batterie), Ed Pastorini (guitare, chœurs), Ben Perowsky (batterie), Jeff Hill (contrebasse)

remarques

Pochette par Jennifer Charles

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
piano bar langoureux / torch songs

The Afterlife… Les champs-élysées, dans la mythologie grecque, étaient un pays merveilleux et tempéré où se reposaient les âmes des braves après la mort, sorte d’espace intermédiaire entre le monde des dieux et des enfers, qu’ils surplombent. Un titre qui donne tout son sens au nom du groupe, donc, tout en évoquant indirectement la mort du père de Jennifer Charles, ou encore celle de la mère de Oren Bloedow, mentionnée de façon bouleversante dans la dernière chanson. Aucune surprise en découvrant le contenu donc, The Afterlife est un album alangui, très atmosphérique et homogène dans son trip downtempo jazzy, voire lounge (même si ce qualificatif ne conviendra jamais à un groupe comme Elysian Fields, véritable réservoir à émotions). Ces disparitions expliquent l’étrange aigreur qui habite tout l’album, dès les premières notes, inquiètes, de How We Die, qui dépeint l’insatisfaction des âmes en partance, même après la mort. Une aigreur comme toujours soyeusement enveloppée dans une sensualité débordant de chaque note; faisant de cet album, plus encore que les autres Elysian Fields peut-être, une œuvre profondément érotique, dans le sens le plus noble du terme… Pourtant, de son propre aveu, le duo ne réfléchit pas en terme d’albums, mais de chansons. Et c’est bien ce qui est démontré ici, en un sens, avec ces 10 titres très équilibrés, tous aussi fignolés et savoureux les uns que les autres… Where can we go but nowhere, c’est à la fois le vestige et le vertige d’une relation vouée à être sans issue, célébrée en un refrain qui se déploie avec une volupté surnaturelle, tel un kaléidoscope de sensations. "My love is true" chante Jennifer Charles. Oh, je ne te crois pas, mais vas-y, redis-le quand même, pour voir… Et quant elle chante Turns me on, enivrée par on ne sait quelle liqueur aphrodisiaque, c’est un appel au vice auquel on succombe instantanément, inconsciemment, tant elle est convaincante : on est cet amant irrévérencieux auquel elle fait référence, on se reconnaît dans tous les maux dont elle nous accuse… Only for tonight en fait presque trop, en rajoute une couche dans la cruauté et la manipulation des mâles éplorés, dans laquelle cette fille est passée maîtresse, il n’y a désormais plus aucun doute. "I’ll be your life, your afterlife… only for tonight"… On dirait que la tempête des sens est passée dès la chanson suivante, Someone, mais quand viennent ces "I’m yours", la fièvre revient, fébrile, irrépressible. La production, écrin de velours pour cette belle plante, a clairement un rôle prépondérant, tant le travail sur les chœurs et sur la voix est important ici. Un titre comme Climbing My Dark Hair est clairement l’un des plus forts jamais chantés par Charles, toujours d’une cruauté indéfectible envers ses anciens amants… Mais le moment le plus émouvant est peut-être bien Ashes in Winter Light, le dernier titre, où le vieux couple désormais séparé discute à cœur ouvert, évoque les ravages du temps sur fond de violons endeuillés, avant de terminer sur une note d’espoir bien timide, au regard de ce disque au final bien marqué par la vie. Les "red shoes" de la pochette symbolisent le changement, ainsi que le film préféré du père de Charles, Les Chaussons Rouges, de Michael Powell… Ce qui n’évite pas à The Afterlife de se perdre parfois dans sa mollesse et dans son infinie suggestion de plaisirs… Le stupre lent et humide dans toute sa splendeur… Pour avoir vu Jennifer Charles chanter devant moi à moins de 2 mètres (lors d’un concert en appartement… nous étions 70, dont une trentaine de mecs totalement subjugués par les regards de la miss, véritablement seuls avec elle dans cet intérieur cosy), je peux affirmer que la réalité dépasse bel et bien le fantasme, et que ces chansons sont encore plus enchanteresses en live… Moment inoubliable que The Afterlife vient chaleureusement raviver. Les fans du groupe seront aux anges, mais ce n’est pas avec cet album que les autres seront convertis, la voix étant encore plus mise en avant que d’habitude, avec un rôle prépondérant accordé au pianiste Thomas Bartlett. Ne reste plus qu’à évoquer l’aventure La Mar Enfortuna…

note       Publiée le mardi 27 avril 2010

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

  • Kate Bush › The red shoes
    Kate Bush - The red shoes
    Pour les ballerines rouges des deux pochettes… et la voix, espiègle et létale. Le tableau de J.Charles s’appelle d’ailleurs The Red Shoes

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(N°6) › samedi 19 mars 2016 - 13:40  message privé !
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Y a pas non plus de chros des deux (bientôt trois) derniers. Tout ça viendra en temps voulu. Et en attendant, je réécoute celui-ci ces jours-ci justement, "How We Die" est un de leur plus grands morceaux.

Jesuis › samedi 19 mars 2016 - 13:35  message privé !

Il n y a pas de chro de la mar enfortuna c'est un peu bizarre

(N°6) › mardi 20 décembre 2011 - 00:21  message privé !
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Quand dans un demi-sommeil pateux, dans une pièce à peine éclairée par la led blueâtre du lecteur CD, Climbing My Back Hair se fait entendre pour la première fois, et qu'il s'insinue de façon définitive dans votre cerveau à moitié comateux, il faut se rendre à l'évidence, c'est un des meilleurs morceau d'Elysian Fields. Indeed.

(N°6) › lundi 19 décembre 2011 - 22:10  message privé !
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Je le découvre en ce moment. J'ai la nette impression que depuis Bum Raps & Love Taps, Elysian Fields est devenu nettement plus mélancolique et grave, que la sensualité à fleur de peau cache une noirceaur beaucoup plus profonde. C'est aussi l'effet qu'ils m'ont fait en live cette année, où Jennifer, sublime en robe noire, avec l'âge, laisse derrière elle son image de femme fatale et se transforme de plus en plus en prêtresse des âmes en peine, hantée par les amours défunts et les deuils. Leur musique prend de plus en plus d'épaisseur, et ce n'est pas pour me déplaire. Leur séparation ne doit pas y être pour rien...

Powaviolenza › mercredi 19 mai 2010 - 13:11  message privé !
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toujours aussi sexy cette musique !

Note donnée au disque :