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Eberhard Weber › Silent Feet

  • 1978 - Ecm, 1107 (1 cd)

cd | 3 titres | 42:30 min

  • 1 Seriously deep [17:54]
  • 2 Silent feet [12:16]
  • 3 Eyes that can see in the dark [12:20]

enregistrement

Tonstudio Bauer, Ludwigsburg, Allemagne, novembre 1977

line up

Charlie Mariano (saxophone, flûte), John Marshall (batterie), Eberhard Weber (basse), Rainer Brüninghaus (piano, synthétiseur)

chronique

Styles
jazz
progressif
Styles personnels
fusion

Courant 1977, Eberhard Weber prend la décision de former un groupe qu'il baptisera Colours, histoire peut-être d'inscrire ce nouveau chapitre dans la continuité de son premier album. Plus encore, il décide de reconduire la formule de "Yellow Fields" alors que "The Following Morning" semblait lui ouvrir de nouvelles perspectives, décidé cependant à les assouvir dans un cadre plus restreint, dans l'isolement qu'induit tout travail en solo. Le Weber de Colours est le Weber jazz aux inclinaisons progressives. L'entrée en matière délicate de "Seriously Deep", exposant timidement le thème comme pour ne pas déranger, s'ouvre lentement à l'expressivité des solistes qui, tour à tour, prennent la parole dans un habillage feutré mais animé d'une bouillonnante passion, fait plutôt inhabituel quand on considère que l'esthétique ECM tend justement à s'en détacher peu à peu. L'intensité du jeu développé par Charlie Mariano, soutenu par un John Marshall qui retrouve ses sensations hors d'un Soft Machine alors en pleine perdition, donne un relief tout particulier à l'ensemble, renouant avec l'énergie des ensemble jazz rock du début des années soixante dix, des premiers Return to Forever à Soft Machine, justement. La plage titulaire, sur une rythmique d'inspiration latine, possède un drive irrésistible, chantant, joyeux, pour tout dire, ouvert, grâce encore aux interventions toujours magnifiquement placées du fidèle pianiste Rainer Brüninghaus et un Mariano tout bonnement déchainé. La tension monte d'un cran avec le nouveau faux départ qui est redonné au trois quart du morceau, tout le groupe se greffant sur une boucle dont Eberhard Weber a le secret, entamant sa longue montée en puissance. L'album va ensuite trouver sa résolution dans un troisième et dernier titre, "Eyes That Can See In The Dark", en apparence plus habité dans tout le développement de sa première partie, renouant avec ce côté méditatif si prisé du label, fort d'échos lointains repiqués ça et là dans les musiques traditionnelles orientales.

note       Publiée le samedi 17 avril 2010

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Thierry Marie › lundi 19 juillet 2010 - 13:19  message privé !

N'attendez pas d'Eberhard Weber un lyrisme jazz échevelé, l'incandescence expressionniste du be-bop. Non: européen il est, européen il joue et compose. Et ici, il est idéalement accompagné: John Marshal, bien plus que Jon Christensen, est le batteur qu'il lui fallait pour ce projet (et quel batteur!), Rainer Brüninghaus est le pianiste le plus en phase avec son univers musical, tout en nuance, délicat mais sans mièvrerie, quant à Charlie Mariano, on ne le présente plus.

Note donnée au disque :