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Blk Jks › After robots

cd | 9 titres | 46:05 min

  • 1 Molalatladi
  • 2 Banna Ba Modimo
  • 3 Standby
  • 4 Lakeside
  • 5 Taxidermy
  • 6 Kwa Nqingetje
  • 7 Skeleton
  • 8 Cursor
  • 9 Tselane

line up

Lindani Buthelezi, Molefi Makananise, Mpumelelo Mcata, Tshepang Ramoba

chronique

Qu’est ce qui se passe en moment en Afrique du Sud ? ça doit être l’approche de la coupe du monde, mais après la grosse blague poussée à son paroxysme qu’est Die Antwoord, voilà que nous tombe sur la gueule un groupe tout à fait sérieux, désarmant même, dans sa foi et sa fraîcheur bien anachronique… J’ai choisi de vous en parler avant que le buzz n’enfle trop, buzz dont ils ne peuvent qu’être indignes puisqu’ils ont – autant le dire tout de suite – pas mal de progrès à faire… Y parviendront-ils malgré le grand cirque qui les attend ? Car il y a fort à redouter que du BLK JKS, vous allez en bouffer cet été, et la présence de Lakeside (un de leurs rares titres à peu près stable et posé) dans la BO de Fifa 2010 ne fait qu’accentuer les craintes en ce sens. Les BLK JKS (Black Jacks, écrit selon une vieille habitude de la contre culture black) ne sont pourtant pas des tout jeunots, comme le montre leur relative aisance technique et leur osmose dans les vagues d’énergies que recèlent leur chansons. Formés en 2000, ils semblent avoir grandi à l’écart du monde, à Soweto, soit le bout du monde sur la carte de la pop music mondiale. D’où cette naïveté et cette flamme désorganisée qui émane de chaque seconde de ce After Robots… Ces 4 types qui donnent l’impression d’être le double semblent aborder le rock comme une musique nouvelle, sans recul ni scrupules, et se lancent à chaque mesure dans un inconnu remuant typique du progressif, mais sans tous les gimmicks auquels nous associons le genre traditionnellement. A la place, on découvre une musique volubile, volontiers perméable aux musiques africaines, décomplexée dans sa manière de mélanger héritage black (basses dub surtout, quelques passages très légèrement reggae, et une bonne dose de Kwaito, sorte de house ralentie locale) et structures éclatées qui leur ont valu des comparaisons avec Mars Volta. Sans infirmer, on tempèrera quelque peut en rappelant que BLK JKS n’a pas la virtuosité technique du groupe d’El Paso, ni la même propension à tout densifier à l’excès. Mais la plus mauvaise idée, que beaucoup ont eu, hélas, reste de les comparer à TV on the radio. C’est sûr, des blacks qui jouent du progressif ou tout simplement du rock à tendance expérimentale, ça ne court pas les rues, mais il y a des limites au manque d’imagination et surtout, à l’irresponsabilité. En effet, mieux vaut le redire, BLK JKS est un groupe qui a encore besoin d’évoluer, et à toutes les cartes en main pour cela (originalité indéniable, moyens apparemment suffisants, profusion technique…), mais on est vraiment à des lieues d’un projet abouti comme Tv on the radio. After Robots est un disque qui manque d’une direction précise… L’énergie qui se dégage de titres comme Molalatladi ou l’intro de Taxidermy est certes galvanisante (et ces solos totalement 70’s et premier degré, ils sonnent tout simplement sincères et … justes), mais du début à la fin de l’album on voit bien que le batteur s’éparpille constamment, que le chanteur est incapable d’esquisser une vraie ligne mélodique, et que le groupe lui-même semble se perdre dans le grand fatras de plans qu’il se plaît à empiler (sans speeder comme Mars Volta, donc) sur Kwa Nqingetje. Heureusement, Skeletons, qui suit, est un reggae Pixisien tout à fait adorable. Il faut préciser que les cuivres du Hypnotic Brass Ensemble, qui joue sur l’album, aident beaucoup à contrebalancer le manque de direction manifeste du groupe. Ne crachons pas une dans une si jeune soupe, cependant, car BLK JKS apporte vraiment du sang neuf et des idées nouvelles ; et puis, lorgner si fort vers le progressif sans jamais sonner passéiste, ça ne court pas les rues, non ? Le disque se termine sur une note de mélancolie dégingandée, abandonnant finalement les explosions incessantes pour un genre de parlé-chanté dans une langue africaine où on ne reconnaît que les mots « tv », « myspace » et « facebook »… Un grand lâcher prise façon feu de camp sur la plage qui fait le plus grand bien après tant de dérapages échevelés.

note       Publiée le dimanche 11 avril 2010

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Aladdin_Sane › mardi 25 janvier 2011 - 11:37  message privé !

J'aime beaucoup, c'est bordélique, progressif, bruitiste et original. Curieux d'entendre la suite (si suite il y a).

Note donnée au disque :       
Seb de Super › jeudi 10 juin 2010 - 23:58  message privé !

Un sujet sur eux dans Tracks spécial Affrique du Sud

sebcircus › vendredi 16 avril 2010 - 17:57  message privé !

Je trouve ta chronique assez sévère avec le groupe, je trouve cet album très bon, décousu certes, mais assez euphorisant.