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Frank Zappa › The London symphony orchestra vol.1 & 2

11 titres - 95:34 min

  • 1/ Bob in Dacron, First Movement (5:36)
  • 2/ Bob in Dacron, Second Movement (6:32)
  • 3/ Sad Jane, First Movement (4:47)
  • 4/ Sad Jane, Second Movement (5:02)
  • 5/ Mo 'n Herb's Vacation, First Movement (4:47)
  • 6/ Mo 'n Herb's Vacation, Second Movement (10:04)
  • 7/ Mo 'n Herb's Vacation, Third Movement (12:50)
  • 8/ Envelopes (4:04)
  • 9/ Pedro's Dowry (10:25)
  • 10/ Bogus Pomp (24:31)
  • 11/ Strictly Genteel (6:56)

enregistrement

Barbican Hall, Londres, 11-14 janvier 1983

line up

Ed Mann (percussions), David Ocker (clarinette), Chad Wackerman (batterie), Frank Zappa (compositeur, arrangeur), et The London Symphony Orchestra (sous la conduite de Kent Nagano)

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
contemporain

Les efforts répétés de Zappa verront enfin le jour en janvier 1983. Après une multitude de démarches, et en attendant de pouvoir s'atteler à la commande que Boulez lui a soumis pour l'année suivante, le London Symphony Orchestra parvient à dégager quelques dates pour l'enregistrement de quelques unes des pièces les plus fameuses du répertoire de Zappa, les plus à même d'être interprétées par un large ensemble. Sous la conduite d'un jeune Kent Nagano, cet album orchestral est un réel défi pour les deux hommes qu'ils vont pourtant relever avec brio. Toujours appuyé par Chad Wackerman aux fûts, Ed Mann au vibraphone et David Ocker à la clarinette, les enregistrements de cette prestation vont être scindées en deux parties ; la première, publiée courant 1983, la seconde, en 1987. Ce n'est qu'en 1995 que Rykodisc proposera la présente édition, réunissant tout le répertoire sous format d'un double cd, mais dans un ordre différent. Des titres comme "Strictly Genteel" ou "Envelopes" révèlent tout leur charme et démontrent, s'il le fallait encore, à quel point la vision musicale de Frank Zappa est large, et va bien au-delà des structures rock dans lesquelles il a jusqu'à présent dû s'exprimer. Le concept de la continuité conceptuelle chère à Zappa peut lui permettre ici une multitude de facéties, la plus évidente de toutes étant l'insertion de nombreux thèmes de "200 Motels" dans la structure à rallonge de "Bogus Pomp". En perfectionniste acharné, Zappa explique dans le livret de la présente édition que s'il avait postposé volontairement la réédition de ce disque, c'est parce qu'il espérait qu'un jour la technologie pourrait l'aider à corriger les erreurs humaines, trop nombreuses à son goût, qui figurent sur cet album (il précise ; un chorus de trompette mal accordé sur "Strictly Genteel" et une coordination rythmique parfois mal balancée) ! "The London Symphony Orchestra" n'en demeure pas moins une œuvre passionnante et profondément lyrique, où son sens inné de la mélodie continue à voler la vedette, envers et contre tout, à ses aspirations contemporaines les plus abstraites.

note       Publiée le jeudi 25 avril 2002

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Dun23 › samedi 1 août 2015 - 13:05  message privé !

Il y a une interview de Letterman qui traine sur tutube à l'occasion de la sortie du premier volet en 83.
Question: Comment fait on pour avoir l'orchestre symphonique de Londres sur son album?
Réponse: On les paye!
Question: Oui, mais c'est un orchestre prestigieux..
Réponse: On les paye beaucoup!
Zappa parle du fait que ce n'est pas une interprétation parfaite mais que bon, c'est le meilleur qu'ils pouvaient faire compte tenu des circonstances. Il dit aussi que ce sont les revenus de ses albums précédents qui lui ont permis de financer celui-ci.
Question: Et qu'allez vous financer avec les ventes de cet album?
Réponse: Rien, ça se vendra pas...
Je résume, hein!

kranakov › lundi 18 février 2013 - 16:25  message privé !

Elle est un brin vieillotte, la musique "sérieuse" de Zappa. Très première moitié du XX° siècle, quoi. Et paradoxalement plutôt européenne - on est à des années lumières d'un Ives, d'un Cage, d'un Feldman - sans parler des "minimalistes".

Cela reste malgré tout très "compétent" quoiqu'un rien gagesque et bien trop citationnel pour durer. Il me semble que c'est sur "CIVILIZATION PHAZE III" et sur les titres enregistrés avec l'Ensemble Modern, que Zappa parviendra à jouer des timbres et des masses orchestrales d'une façon qui lui soit enfin propre.

Bref un jalon intéressant, un soupçon désuet, mais assez plaisant...

Note donnée au disque :       
mangetout › mercredi 17 décembre 2008 - 17:40  message privé !

Je ne dirais pas comme Tango Mago que Varèse fut la seule et primordiale influence de ce disque et moi aussi je n'ai pas les compétences pour pouvoir juger et jauger les correspondances exactes, mais j'y ai pourtant décelé autres choses, ici ou là des réminiscences du Schoenberg de la "Suite, opus 29", des fragments de Stravinsky, du Sacre ou des Noces, le tout intégré dans le magma sonore et ne jurant pour rien au monde, ceci étant dit, il est vrai qu'à d'autres moments les trames, la façon d'agencer les plans, voire carrément les constructions mélodiques font effectivement diablement penser à "Amériques" de Varèse. Par contre Zappa ne fut pas le seul héritier direct du bourguignon exilé, Iannis Xenakis s'est aussi volontairement placé dans son sillage, sans parler de l'école spectrale, mais héritier n'est pas forcément synonyme de copieur éhonté des frasques des grands anciens.

Tango Mago › mardi 10 janvier 2006 - 00:08  message privé !

Mouais...difficile de mettre une note à ce disque. On a toujours parlé de l'admiration que Zappa portait à Varese. C'était devenu tellement systématique chez bons nombres de chroniqueurs (des mauvais, pas ceux de Guts !) en mal de références, qu'ils voyaient Varese partout. C'est vraiment ici que l'influence, (devrais-je dire le "conditionnement") de Varèse apparait enfin au grand jour... C'est à la fois superbe, car Zappa est le seul héritier direct de Varese au XXe siècle, et en même temps, gênant car ca frole le mimétisme bien souvent. Je n'ai pas les compétences suffisantes pour comparer les partitions, mais "Amériques" est pillée de fond en comble. Par contre, génial quand Zap prend des libertés totales avec les rythmiques, et décoince un peu cette musique souvent engoncée dans ses propres règles.

Note donnée au disque :       
dju21 › samedi 6 septembre 2003 - 03:42  message privé !
LSO est une oeuvre très dense. Beaucoup de passages me font penser à de la musique de films qui se couplent avec des mélodies typiquement zappaienne et de la musique contemporaine. Une vraie réussite pour moi. On peut discerner quelques légères erreurs mais je suis pas du genre à chipoter. Il faut surtout voir la masse de travail accomplie.
Note donnée au disque :