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Abner Malaty › Astral Decay

k7 • 9 titres • 58:53 min

  • 1Open
  • 2Read My Mind
  • 3Memor
  • 4Spirals The Seer Of Sound
  • 5A Place In Space Man's Called Time
  • 6To The Other Side
  • 7Look, There's Blood In The Snow...
  • 8N-O-Sense
  • 9When All The Trees Are Gone

enregistrement

Enregistré d'avril à juillet 1988. Mixé au studio Full Moon en juillet 1988.

line up

Ancel Creamer

remarques

chronique

De la scène post-industrielle des années 80 ne retient-on trop souvent que les précurseurs et les provocateurs. C'est ainsi que la plupart des formations sans parti pris stylistique, velleité esthétique ou tactique de choc sont depuis tombées dans l'oubli. Et si je vous dis ça, c'est qu'il se trouve que Abner Malaty fait partie de ces injustes négligés. Dommage, très dommage, ne peut-on s'empêcher de penser à l'écoute de cet «Astral Decay», probablement l'une de leurs cassettes les plus réussies. Il s'agit en substance d'une (anti)musique de collages, quelque part musicalement entre Ultra, ConDemek et Nurse With Wound. Comme comparaisons, vous avouerez qu'il y a pire. Manipulant aussi bien les sons synthétiques que les sons concrets, les percussions ou les voix, Abner joue beaucoup sur les déclinaisons et combinaisons de techniques diverses: boucles, déformations par flanger, accélérations/ralentissements de bandes, delay, cut-up. Le tout n'amène pas d'effets maniérés (la musique reste malgré tout rigoriste), mais une sémantique intègre et palpable. De fait, les sons peuvent être appréhendés comme hiéroglyphiques. Ainsi des sinusoïdes du début de «Look, there's blood in the snow», dessinant une lipothymie. Le groupe sait aussi user des grains (distorsion, sons cannelés) pour construire des textures sonores plus élaborées: l'un des leitmotiv remarquables de l'album est l'altération du son soit par augmentation du feedback de delay, soit par distorsion, ce qui dans la correspondance signifiant/signifié, a valeur de dégénérescence, de décomposition (decay, en anglais). Un véritable charnier de signes, pourrais-je dire somme toute, en détournant la formule de Baudrillard. Les pièces restent néanmoins suffisamment abstraites, ambiantes, pour laisser l'esprit voyager. Même les voix demeurent ce qu'il faut d'incompréhensible («N-O-Sense») pour ne pas nous perturber par des messages trop orientés. Seul se détache de l'album le diamant noir «Memor», qui me rappelle un peu le «Last Rites of Spring» de Coil: thème anxiogène, chant déformé, glitch et solo de synthé en vrille... vraiment excellent. Cette cassette devenant assez difficile à trouver de nos jours, il serait appréciable qu'un label ait les guts de se pencher sérieusement sur une réédition CD...

note       Publiée le vendredi 2 avril 2010

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dariev stands › dimanche 4 avril 2010 - 01:13  message privé !
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C'est bien je trouve de faire vivre ces K7 de vingt ans d'age, vouées à tomber dans l'oubli sans l'intervention d'internet... Là, maintenant, peut etre qu'un label tombera sur cette chro et rééditera la chose ! Des chef d'oeuvres dorment encore probablement sur ce format ingrat et ephémère...