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Joe Henderson › Inner Urge

cd | 5 titres | 43:15 min

  • 1 Inner urge [11:58]
  • 2 Isotope [9:16]
  • 3 El barrio [7:14]
  • 4 You know i care [7:22]
  • 5 Night and day [7:25]

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, États-Unis, 30 novembre 1964

line up

Bob Cranshaw (contrebasse), Joe Henderson (saxophone ténor), Elvin Jones (batterie), Mccoy Tyner (piano)

chronique

Styles
jazz
jazz modal
Styles personnels
hard bop

Avec "Inner Urge", c'est une toute autre histoire. Déjà, pour commencer, Joe Henderson décide d'évoluer en quartette, mettant toute la lumière sur son jeu, devenant de fait le leader incontestable, le soliste lumière de la session. McCoy Tyner et Elvin Jones l'accompagnent à nouveau, rendant l'entreprise d'autant plus excitante à l'idée d'entendre ces deux-là se frotter à la grammaire d'un autre ténor. Et cette fois, c'est Bob Cranshaw, qu'on a l'habitude de voir évoluer aux côtés de Sonny Rollins, qui fera trembler les cordes de sa contrebasse. Le casting est faut-il croire d'une haute teneur symbolique. Très vite, dans le développement nébuleux de son thème, on perçoit que "Inner Urge", le titre comme l'album d'ailleurs, sera une affaire beaucoup plus personnelle, le saxophoniste mettant sur le tapis ses démons intérieurs, tripatouillant dans la mélasse de ses accords contrariés l'élément déclencheur d'une mise en perspective sincère et profonde. Sur la plage titre, mais encore sur "Isotope", et même "El Barrio", tous trois signés de sa plume, tous trois pourtant développés dans des atmosphères dissemblables, c'est le tourment, le questionnement, le doute qui laisse entendre son fort écho intérieur. Seul à tenir le crachoir, Henderson se montre particulièrement inspiré et habite ses solii comme jamais. "Inner Urge", son inquiétante mise en bouche où le tourment prend le pas sur tout le reste, "Isotope" à l'écriture millimétrée faite de contrepoints jubilatoires, et l'exotique "El Barrio", vagabondage modal de grande classe, élèvent à eux seuls ce disque dans les hautes strates des tous grands disques jazz de l'époque. En l'absence d'une seconde plume, Henderson jette son dévolu sur deux standards histoire de sceller le sort de cette rencontre au sommet ; "You Know I Care" de Duke Pearson et le "Night and Day" de Cole Porter qu'il transfigure de son inégalable talent à enrober les mélodies de sa propre formule magique. L'aura noire qui se dégage de ce "Inner Urge" en fait un disque des plus recommandables.

note       Publiée le dimanche 14 mars 2010

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Coltranophile › lundi 15 mars 2010 - 12:19  message privé !

Là, par contre, on est d'accord. Le meilleur disque de Henderson, ne serait-ce que pour cette plage-titre monstre, sa meilleur composition et un des ses sommets en tant qu'improvisateur. Incontournable.

Note donnée au disque :