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M.B. › Neuro Habitat

vinyl 33t • 2 titres • 46:14 min

  • 1Neuro Habitat22:48
  • 2Mörder Unter Uns23:26

remarques

La chronique se réfère à l'édition originale de 1982, limitée à 300 exemplaires. Les rééditions CD incluent le morceau bonus "Plutoniumetrio" issu de la compilation "Für Ilse Koch" (Come Organisation).

chronique

Styles
indus

« Ennuyeuse, dénuée de sens, pathétique ». Tels furent les termes sans appel employés en 1982 par Genesis P-Orridge pour qualifier la musique de MB. Il en fallait heureusement plus pour ébranler l'homme déterminé qu'est Maurizio Bianchi, un homme seul, terrifié par la société et la mort, désirant plus que tout laisser une trace de son passage après son départ, un homme qui a définitivement choisi de ne faire qu'un avec sa praxis. Un homme total, donc, pour un art total. Car contrairement à ce qu'a pu écrire un GPO vraisemblablement aigri, la musique de MB n'a rien de dénuée de sens, bien au contraire. Profondément organique, chaque pièce puise sa raison d'être dans sa répétitivité jusqu'à l'hypnose (ou jusqu'au dégoût, c'est selon), elle touche à l'essence même de l'homme, à sa cruauté, ses instincts, ses névroses, ses peurs, elle s'introduit et se répand en lui, pour finalement ne faire qu'un avec lui. Ainsi, « Mörder Unter Uns » est un serpent vicieux qui vient se lover autour de l'auditeur, lui sussurer l'histoire de l'instinct de mort, à grands renforts de drones analogiques et de décharges de bruit blanc, le tout se muant lentement en pulsations convulsives, en même temps que le serpent resserre son étreinte fatale. C'est l'histoire d'une agonie, d'un dernier souffle, d'un monde fossilisé. « Neuro Habitat » n'est guère plus réjouissant : imaginez une pulsation neuronale au ralenti, tragiquement démultipliée par un écho sans fin, une fractale rampante, un univers stérile où plus rien ne naît de ses fissions, une conscience en perpétuelle décomposition, bref un cancer mental. Ce qui fait tout le génie de MB (oui, le mot est lâché), c'est sa capacité à créer des pièces sonores d'une rare puissance révélatrice, pièces qui parviennent par autisme à nier (donc à dépasser) les dogmes, les concepts et les tabous. Cette musique, libérée de toute facilité pathétique, agit comme un exorcisme salutaire. Laissez tomber Throbbing Gristle et Conrad Schnitzler : Maurizio Bianchi, le dernier homme, se tient bien au-delà.

note       Publiée le samedi 13 mars 2010

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taliesin Envoyez un message privé àtaliesin

Il se la pète toujours un peu le père Orridge...

CeluiDuDehors Envoyez un message privé àCeluiDuDehors

DAMN on parlait de l'influence de l'indus sur Autechre dans un autre sujet et la je me reecoute Mörder Unter Uns et vers 18 minutes j'entend l'ancetre de...Lentic Catachresis, la ressemblance est etonnante!

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CeluiDuDehors Envoyez un message privé àCeluiDuDehors

Sans doute celui que je prefere, de belles melodies tristes avec l'impression d'etre en pleine chirurgie au laser!

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merci pour le fusil... Envoyez un message privé àmerci pour le fusil...

J'ai chopé la réédition remasterisée. Diablerie...

VL Envoyez un message privé àVL
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@Ericbaisons : Si tu parles de la rétrospective 5xLP sortie sur VOD, ça peut se faire. si c'est autre chose, ça dépend, dis-moi quoi

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