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Ludmila › Nel primo cerchio

cd • 9 titres • 55:39 min

  • 1Sonno 5:05
  • 2Il Nido 6:05
  • 3Lacerazione 4:30
  • 4Alba Ladra 7:24
  • 5Buenos Aires 7:44
  • 6Reminescenza 7:13
  • 7Genesi 5:44
  • 8Anamin 7:10
  • 9Hydra 4:44

enregistrement

Enregistré, arrangé, mixé et masterisé par Marco Milanesio au OFF Studio de Turin, 2006

line up

Paola Bianchi (voix, textes, papiers, fers, synthétiseur sur Hydra), Luca Valisi (basse, drum machine), Fabrizio Modanese Palumbo (guitare e-bow, guitare), a034 (effets speciaux, arrangements drum machine, vent), Alessandro Pipino (piano Wurlitzer, GEMPK4900), Nuke Satori (arcs, rythmes et effets speciaux), Marci Milanesio (synthétiseurs, rythmiques)

chronique

Styles
dark wave
heavenly
ovni inclassable
trip hop
gothique
Styles personnels
basse / voix

Cet album, je l’ai regardé d’un air méfiant pendant des mois, sans oser l’écouter… J’appréhendais, quelque part, d’être déçu après l’incroyable coup de cœur que fut Disadorne… Où est-ce l’artwork qui m’a fait froid dans le dos ? De Ludmila, je n’attendais strictement rien, lorsque je les découvris il y a quelques années. Aujourd’hui, je suis devenu un fervent adepte de la voix gracile de Paola Bianchi, ente délicatesse et puissance, et des lignes de basses dignes d’un horloger de Luca Valisi. Pourquoi Ludmila reste-t-il totalement inconnu ? Je ne me l’explique pas… Peut-être que leur musique ne parle qu’aux rêveurs, qu’aux amoureux du détail et de la lenteur ? Pourtant, les amoureux de langue italienne ne manquent pas dans nos contrées, alors pourquoi ? Nel Primo Cerchio est pourtant un disque inépuisable, qui passe comme un rêve, et nul besoin de s’intéresser aux musiques sombres, ni même électroniques, pour s’en laisser bercer. Dès le premier titre, on est pris dans une transe lente et mélancolique (maître mot de la musique de Ludmila), seul au monde comme un poisson-lune au fond d’un abysse, témoin privilégié du transit des âmes. Paola Bianchi est décidément la plus grande vocaliste féminine de ce début de siècle... Vocaliste qui atteint des sommets de sensualité sur le bien nommé Il Nido (le nid – d’amour ? ou de mort…), où les courbes de la mélodie vocales sont ponctuées de respirations et de rythmes étouffés. Alba Ladra (l’aube voleuse) exsude des relents sépulcraux tout en ne sacrifiant pas la moindre once de la pureté et du lyrisme du chant. Comment musique peut-elle être plus poétique, plus habitée ? Souvent, en fin de morceau, l’œuf se craquelle et laisse s’échapper un nuage d’esprits tourmentés, avant de repartir sur un nouveau calme trompeur quelques secondes plus loin. La basse fait corps avec les rythmiques – plus downtempo que jamais sur cet album – formant une sorte de battement organique vénéneux. On sent clairement une maturité accrue par rapport au déjà sublime Disadorne : Paola et Luca n’ont pas eu peur de laisser le silence, cet ami sans visage, envahir leur musique pour mieux lui donner du relief. Ils perdent ainsi un tantinet en accessibilité (il en faut des écoutes pour parcourir l’immensité de ce disque) pour gagner considérablement en profondeur. Plus homogène et éthéré que par le passé, moins cold wave, leur son semble s’éloigner encore plus du reste du monde, et ne rejoins le trip-hop que sur Buenos Aires, qui se révèle être le morceau le plus accessible du lot. L’album est visiblement séparé en deux, comme un vynile, la deuxième partie débutant avec Reminiscenza, qui nous plonge de plus en plus profond dans un monde de souvenirs… La basse devient presque un instrument percussif sur Genesi, tressant une toile d’araignée dans laquelle il est bon de se prendre, tandis que la voix fait ressurgir des spectres sur son passage. Le duo atteint une sorte de pureté et d’aboutissement esthétique sur Anamin, longue fresque minimale et posée, avant de terminer l’album sur un Hydra divin mais glacial. Nous laissant suspendus à la hauteur des séraphins, auréolés d’un cocon rougeoyant et irisé. Vous l’aurez compris, on frise d’un poil le chef d’œuvre, et selon les jours, Nel Primo Cerchio semble franchement en être un. Imaginons seulement ce qu’ils pourraient faire s’ils délaissaient un peu leurs effets synthétiques en arrière plan pour une formation plus acoustique… Reste un album de toute beauté, à se procurer absolument.

note       Publiée le mardi 9 mars 2010

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