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Terje Rypdal › Whenever I Seem To Be Far Away

  • 1974 • Ecm ECM 1045 • 1 CD

cd • 3 titres • 37:04 min

  • 1Silver bird is heading for the sun 14:03
  • 2The hunt 5:22
  • 3Whenever i seem to be far away 17:39

enregistrement

Oslo, Norvège et Ludwigsburg, Allemagne, 1974

line up

Jon Christensen (batterie, percussions), Sveinung Hovensjo (basse), Terje Rypdal (guitare), Südfunk Symphony Orchestra, Odd Ulleberg (french horn), Pete Knutsen (mellotron, piano électrique), Mladen Gutesha (chef d'orchestre)

remarques

chronique

Styles
jazz
progressif
Styles personnels
jazz électrique

Le diptyque que s'apprête à écrire notre viking, et qui commence avec ce "Whenever I Seem to Be Far Away", reste encore aujourd'hui un des plus controversé de sa carrière, mais aussi, et sans doute précisément pour cela, un de ses plus emblématique. Si les trois plages qui constituent cet album sont indubitablement les fruits de leur époque, ils sont malgré tout les seuls à charrier un parfum aussi original dans le paysage alors mouvant des musiques transgressives. Tout au long de cette demi-heure et plus de divagation instrumentale, Rypdal réussit la gageure de fusionner le jazz électrique, musique contemporaine et sonorités progressives. Attardons nous sur les deux longues plages qui cimentent cette nouvelle réalisation : "Silver Bird is Heading for The Sun" réinvente les ébats jazz électriques en y intégrant un instrument que d'aucun trouverait incongru : le mellotron. L'usage qu'en fait Pete Knutsen n'est pas du genre pondéré, balançant ses accords comme des lames de fond qui écrasent tout sur leur passage. Cet anachronisme résonne ainsi comme un lointain écho aux délires fiévreux du fameux "Sextant" de Herbie Hancock. Mais Rypdal n'écrit pas ses pièces comme un jazzman, un jazzman qu'il n'est pas. C'est donc une autre sensibilité qui s'exprime ici, et le guitariste d'y trouver de plus son identité sonore ; une guitare qui s'épanouit dans un écho abyssal, au timbre résolument porté sur les mediums aigus. Si le mellotron fait encore des siennes sur l'expéditif "The Hunt", il s'efface ensuite pour laisser place à un vaste ensemble symphonique, orchestre avec lequel Rypdal va dialoguer pendant plus d'un quart d'heure, créant, en de volutes superbes, un décor glacé dans lequel on s'éloigne jusqu'à se perdre. Tétanisant. Il est toutefois à déplorer que le trompettiste Odd Ulleberg fut à ce point resté en retrait des débats enregistrés ici ; s'il s'était cantonné à un véritable rôle de soliste au lieu de cette vulgaire figure d'apparat qui se fait à peine entendre, la logique assumée de l'oeuvre aurait pu élever les propos à un niveau qu'on ose à peine imaginer !

note       Publiée le dimanche 21 février 2010

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Coltranophile › jeudi 6 mai 2010 - 15:45  message privé !

Je dois avouer que le dernier titre me plonge dans un profond ennui. Et pourtant, l'ambition était belle. Car Rypdal, tout économe et modeste d'apparence est-il, est sacrement ambitieux. Ce n'est pas de la fusion. C'est au-delà. Et si ce dernier titre rate le coche pour moi, les deux premiers (bien que "The Hunt" fut bien court) sont parmi ses meilleurs réalisations. A part.

docteur.justice › lundi 1 mars 2010 - 11:47  message privé !

c'est vraiment le meilleur album de rypdal et surtout de ce qui représente sa musique. The hunt est sans doute son meilleur morceau écrit, les tensions sont fabuleuse et si la guitare n'est pas celle d'un virtuose, Rypdal fait parti des guitaristes reconnaissable et c'est déja un si grand mérite. Furibard, la guitare saillit dans un phrasé qu'on sent improvisé mais divinement libre