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The Legendary Pink Dots › The Lovers

cd • 10 titres

  • 1Mmmmmmmmmmmm..... 5:14
  • 2Geisha Mermaid 3:12
  • 3The Heretic 3:16
  • 4Jungle 9:01
  • 5The Lovers (Part One) 5:50
  • 6Silverture 1:27
  • 7Flowers For The Silverman 7:44
  • 8The Lovers (Part Two) 7:04
  • 9Curious Guy 5:35
  • 10Premonition 16 11:25

line up

Roland Callaway (basse), Edward Ka-spel (voix et claviers), Stret Majest (guitare), Patrick Q Paganini (violon)

remarques

1 à 4 enregistrées live au Melkweg, Amsterdam, 1984. 5 à 8 enregistrées pour la VPRO Radio aux Vara Studios, Hilversum, 1984. La réédition CD comprend les titres 9 et 10, parus à l'origine sur le 12" Curious Guy, 1986.

chronique

Styles
electro
gothique
romantique
psychédélique
Styles personnels
synth pop expé / spleen néoclassique

Aujourd'hui, c'est la fête de l'amour. Enfin, disons que c'est un jour comme un autre, sauf que tu dois acheter plein de trucs relatifs à l'amour. Des fleurs, des colliers, des dîners aux chandelles dans un restau hype à la con qui met des cerises dans le champagne ; des préservatifs, des pilules du lendemain, toutes ces conneries. Moi, à ma valentine, je lui ai envoyé ce disque. Parce que 'The Lovers' n'est que véritable Amour. L'amour tendre et fragile, piquant et protéiforme, douloureux, qui rend con et qui rend beau. Le secret des Legendary Pink Dots, leur essence même devrais-je dire, n'est pas uniquement leur capacité à nous faire virevolter dans leurs écumes psychoactives ; ce n'est pas non plus la folie douce-amère d'Edward Ka-Spel ni ses obsessions récurrentes dans lesquelles il se complait si bien. Leur noyau dur, c'est l'amour. Celui qu'ils transmettent, manipulent, véhiculent. En 1984, sortant de leurs débuts très expérimentaux et entrant dans une forme de synth-pop en roue libre, ils sont alors comme un jardin luxuriant rempli de roses aux visages de nymphes et de choux aux faciès d'Apollon imbibé. Arrachez une fleur et ils vous offriront un bouquet. Jetez leur bouquet et le jardin se transformera en cauchemar instable tel un de ces delirium tremens que l'on trouvait chez Walt Disney dans les années 50. Leur amour est métamorphe, tout comme leur musique. Les protagonistes sont ce soir Violon, Basse, Rythme. Le décor mi-floydien mi-kitsch autorisé ; aux rondeurs fières et au sourire jusqu'aux oreilles. Puis vient l'enfant-roi Ka-Spel à la Voix encore haute et dansante, aux mots adorables. L'amour comme enchantement innocent se cajolera sur les quatre premiers titres live à la dynamique fiévreuse aux codas souvent improvisé et décadents. On se quittera sur 'Jungle', si représentatif des Points Roses live : un début, une amorce, un freestyle électroacoustique total puis un retour à une forme on ne peut plus casanière, comme si nul n'avait prêté la moindre attention à la distortion temporelle qui s'était produite un instant auparavant. Voilà pour le premier acte, enregistré live contrairement à la suite. Viennent les amoureux, sous la pluie... et du burlesque, on passe brusquement à la tragédie. Piano, violons ne sont cette fois plus qu'au service d'une superbe comptine mélancolique, si simple mais si juste, autour de deux tourtereaux qui ne se verront qu'une nuit intense avant de devoir à nouveau réduire leur romance à un fleuve épistolaire. Le néoclacissisme gothique dans ce qu'il a de plus intense ; véhiculant en quelques accords toute l'émotion folle de nos tendres années. Avant de les retrouver une dizaine de minutes plus tard, on nous livre un délicieux entr'acte sous forme de véritable déclaration d'amour pour le Silverman (le claviériste du groupe). Déclarations enjouées, rythme élevée, basse claquante, solis de violons sur lit de guitare eighties : un régal pour se remettre des larmes versées par nos deux amoureux. Ce n'est que partie remise... car nous les retrouverons une seconde fois sous une forme quasi-instrumentale absolument terrible : l'ombre de Schubert plane sur ces impétueuses envolées de cordes toutes plus tragiques les unes que les autres. Moins glacées que chez Sopor Aeternus, moins léchées que chez Die Form (période 'Duality'), ces lignes tournoyantes tour à tour montent et s'emportent, s'élèvent puis retombent au sol, semblant écraser l'Amour sous l'inévitable joug de la Mort. À moins que les deux ne fassent plus qu'un dans ce tourbillon funèbre, tant la chaleur des coeurs est prégnante tout du long. Des voix d'enfants s'élèveront peu après la cinquième minute, et ce juste avant le point culminant : renouveau, tourmente de l'âme et Mort réunis en une seule ode au romantisme exacerbé à l'évidente dualité de la Vie et du Temps. Le souffle coupé, voilà que la joie et la folie reviennent soudainement comme pour nous redonner inspiration et respiration : 'Curious Guy' et sa géniale introduction nous emporte dans une forme de new wave psychédélique foutraque au refrain imparable. Le son riche et clair fait ressortir une basse démente, un chant inimitable et surtout une seconde partie très prog' aux mélodies entêtantes qui vont et viennent comme un escalier hélicoïdal sur un groove extraordinaire. Le voyage prend fin sur une des improvisations sous forme de "Premonition" qui vire carrément à la gazéification des sens et de la musique, se terminant sur un patchwork d'études colorées et de drones lointains. On se quitte là, fier d'avoir pu traverser cette jungle d'émotions contradictoires sans y avoir laissé trop de plumes. Et on y remettra très certainement les pieds ; car l'Amour si terrible soit-il sera toujours la première denrée de l'affect et sans doute la seule raison valide pour justifier sa propre existence. Encore faut-il le savoir...

note       Publiée le dimanche 14 février 2010

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Note moyenne        10 votes

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nicola › dimanche 17 février 2013 - 20:02  message privé !

The Lovers part 1 s’appelle The Flesh Parade sur d’autres albums.

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E. Jumbo › dimanche 26 septembre 2010 - 00:48  message privé !

"The Lovers (Part Two)" est à se jeter par la fenêtre de beauté

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Dioneo › lundi 9 août 2010 - 15:46  message privé !
avatar

Argh ! ... Dans le genre plombant, la seizième prémonition...

(Je le noterai peut-être plus tard, sinon, mais clair qu'il est prenant, celui-ci).

ewins › mercredi 23 juin 2010 - 23:04  message privé !

Je suis en train de le réécouter et il est définitivement excellent. La chronique est tellement vraie, cet album est l'amour cristallisé sous forme de musique et sans tout le mièvre que l'on y associe trop facilement. Je crois qu'il s'agit de mon disque des legendary pink dots préféré même si il est vrai que je connais qu'une infime fraction de leur discographie (3 disques pour être précis).

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Solvant › lundi 29 mars 2010 - 07:11  message privé !

Une merveille. (Belle chronique)

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