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CCCP › Enjoy CCCP

cd • 12 titres • Danza min • 44:20

  • 1Mi Ami?
  • 2Tomorrow (Voulez Vous Un Rendez-Vous)
  • 3La Qualità Della Danza
  • 4Amandoti
  • 5Oh! Battagliero
  • 6Huligani Dangereux
  • 7And The Radio Plays
  • 8Annarella
  • 9Guerra E Pace
  • 10Inch'Allah - Ça Va
  • 11Fedeli Alla Lira!
  • 12Depressione Caspica

cd • 12 titres • Militanza min • 41:03

  • 1Militanz
  • 2A Ja Ljublju SSSR (Gimm Sovetskogo Soyusa)
  • 3Conviene
  • 4Noia (Live In Baveno '89)
  • 5Emilia Paranoica
  • 6Manifesto
  • 7Palestina
  • 8Madre
  • 9Valium Tavor Serenase
  • 10Spara Jurij
  • 11CCCP
  • 12Radio Kabul

informations

Remasterisé par Antonio Baglio

line up

Annarella ("Benemerita soubrette"), Giovanni Lindo Ferretti (chant), Ignazio Orlando (basse, claviers, batterie), Carlo Chiapparini (guitare), Massimo Zamboni (guitare), Fatur (artiste du peuple), Silvia Bonvicini, Umberto Negri (basse 1982-1986)

chronique

Comme pour signifier le changement d'époque irréversible, et la mort bel et bien consumée des utopies communistes, ce double best-of
définitif du groupe CCCP reprend donc avec malice le célèbre slogan de Coca Cola... L'air de dire "Kiffe le communisme, jeunot, t'en entendra
plus parler pendant un bout de temps". Les jeunots comme moi justement penseront à une désopilante scène de Goodbye Lenin, puis découvritont
ébahis l'un des groupes les plus marquants du mouvement punk en europe continentale. CCCP (pour "Союз Советских Социалистических Республик",
si si j'insiste) fort de sa position d'outsider, jouait avec les symboles (le groupe s'est formé à Berlin) et avec les arts, insufflant théatre
expressionniste, design et agit-prop dans sa mixture pour accoucher de quelque chose d'unique. Dès Mi Ami qui ouvre le cd1, on sent qu'on a affaire
à des types qui n'ont rien à perdre... "Une érection, une érection, une érection" semble chanter Giovanni tel un Charles Trénet primesautier. Premiere réaction :
mais qu'est ce que c'est que ça ? Ni une ni deux, là dessus, Amanda Lear rapplique pour une reprise post-punk de son tube "Voulez vous un rendez vous" -
forcément, quand on parle d'érection... Et là, vous croyez que je vous mène en bateau, mais le pire est à venir : "Inch'allah-ça va" est un uppercut au coeur,
terrible et terrassant, où Amanda Lear livre un texte tout simplement beau à pleurer, sur un espèce de dub/cabaret orientalisant, où comment
mettre le 20ème siècle dans une boîte pour mieux la jeter par la fenêtre. Celle qui a traversé ce siècle avec la plus inextinguible classe et audace
qu'on puisse concevoir se livre ici sous un jour complètement inédit, tombant le masque le temps de 3 minutes 25 qui vous laisseront transformé à vie.
Je n'exagère pas. Vous avez déjà eu l'impression de tenir LA pièce manquante du puzzle dans vos mains tremblantes ? Le genre de chanson à qui on a envie
de payer un coup. Le reste du premier CD, regroupant les chansons les plus catchy et entraînantes de CCCP, est de même qualité musicale (quant aux textes,
j'apprends l'Italien et je reviens mettre 6, si j'ai bien compris le film...) entre hymnes de rue dignes de Mano Negra (le bien nommé Huligani Dangereux) et
punk/reggae à la clash, même si encore une fois, les jeunots y entendront plus du Ace of Base (And the radio plays, zoukant au possible).
Signe de l'ambivalence à l'oeuvre ici, le cd s'achemine progressivement vers une série de titres résignés et sombres, aux ambiances lascives et
opaques succulentes (Annarella, Depressionne Caspica...), finissant sur une note pessimiste. Pourtant, on sort de ce cd avec la banane, revigoré
par cette suite de tubes collectés sur les albums et singles du groupe. Hélas, Militanza, la deuxième fournée, est vraiment très loin de produire
le même effet. Ici, on se concentre sur les morceaux les plus conventionnels, les plus politiques, pas la tasse de thé de votre jeunot serviteur.
On retiendra des titres comme Noia, sorte d'appel aux armes proche de Laibach, ou Emilia Paranoïca, véritable lobotomie à vif digne de Nomeansno qui aurait bouffé du Roberto Begnigni au petit dej
(j'ai conscience que je mets à dos toute l'italie avec cette référence beauf et tout à fait déplacée), le tout agrémenté de quelques note
de guitare surf du plus bel effet... Bien que ne parlant pas un traître mot d'italien, je peux vous assurer que j'ai bien percu le côté politisé, voire polémique, des lyrics du
groupe... Certains mots surnagent (Paranoïa, intifada...) d'autres sont scandés de manière frontale, d'autres encore sont
chargés de sens quand accouplés à un morceau glacial et menaçant (Palestina) et toujours ce chant en rupture avec
le reste du troupeau punk (Giovanni Lindo Feretti n'a pas peur de taper dans le mélodique), surtout sur un titre comme Madre, trop court car
vraiment prenant dans son desespoir. Indispensable ne serait-ce que pour "Inch'allah-ça va". "Je resiste à tout, sauf à la tentation. Alors... il vaut mieux rester à la maison."
Message reçu, camarade.

note       Publiée le mardi 9 mars 2010

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    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
    avatar

    Il m'est difficile d'être objectif avec CCCP mais une chose est sûre, cette compilation est tout sauf un remplissage, elle vaut vraiment le coup...

    Note donnée au disque :       
    Seb de Super Envoyez un message privé àSeb de Super

    Amanda n'est pas répertorié dans le line-up, dommage ca faciliterait les recherche.

    Alliage Envoyez un message privé àAlliage

    Amanda Lear enfin sur Guts ! Champagne ! A quoi bon chroniquer Stevie Wonder après ça ? Plus sérieusement, merci à Twilight d'avoir fait découvrir un groupe de post-punk d'une richesse insoupçonnée et qui, à l'époque, pouvait passer sur la télée publique (la Rai), et merci à Dariev Stands d'avoir mis la cerise sur le gâteau. Le renvoi vers "L'imprudence", surprenant, je n'y aurais pas pensé.