Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesPPsychic TV › Force the hand of chance

Psychic TV › Force the hand of chance

cd • 8 titres • 46:54 min

  • face A
  • 1Just Drifting
  • 2Terminus
  • 3Stolen Kisses
  • 4Caresse
  • face B
  • 5Guiltless
  • 6No Go Go
  • 7Ov Power
  • 8Message From The Temple

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Vous devez être membre pour les télécharger : devenez membre.

enregistrement

"Zuccarelli Holophonic" TM Recording - Andrew Poppy (arrangements et direction de cordes), Ken Thomas (ingé-son), Craig Milliner (ingé-son additionnel) - Produit par Ken Thomas et Psychic TV

line up

Peter Christopherson (claviers, percussions électroniques, carillons, vocaux), Alex Fergusson (guitare lead, basse, guitare acoustique, tambourin), Genesis P-orridge (voxaux, claviers, percussions acoustiques, basse, paroles)

Musiciens additionnels : Marc Almond (Chant sur la 3 et la 6), Claude Deppa, Kenny Wellingston (section de cuivres sur Ov Power)

remarques

Artwork par Neville Brody - Crâne réalisé par John Harwood - Il existe de multiples éditions de ce disque, la plupart avec des bonus tracks. L’une contient un vinyle bonus de 7 « Themes », qui sont en fait de instrumentaux rituels, premiers enregistrements du groupe, sans grand intérêt (avis perso), et une autre, en cd, contient les bonus suivants : Thee Full Pack, Catalan, Just Drifting (midnight), Bubbles, Untitled, à l’origine sortis en bonus de Dreams Less Sweet en 83.

chronique

Quand Genesis P-Orridge décrète, de manière unilatérale, que le mouvement industriel a pris fin (je laisse le soin à Wotzenchnecht de vous en parler mieux que moi), il ne perd pas une seconde et opère un virage à 180° qui semble avec le recul bien préparé et prémédité. Psychic TV, à la base le nom d’une série de happenings ayant lieu à Manchester avec des artistes non-musiciens, se révèle très vite être un projet musical complètement informe, déconnecté de son époque et franchement blasphématoire aux yeux des amateurs d’indus "pur", ne serait-ce que par le simple recours à des compositeurs "pop" exterieurs. Stolen Kisses, par exemple, est une chansonnette de pop 60’s faussement innocente, complètement Gainsbourgienne, enregistrée avec Marc Almond. Et ce n’est que l’un des multiples faux-semblants de cet album ou chaque morceau, je dis bien chaque morceau, est profondément déstabilisant, voire dérangeant. On a beau s’enfiler des disques expérimentaux à longueur de temps, Force the hand of chance est un album à part. Rien que le titre met déjà mal à l’aise, bizarrement. Est-ce vraiment P-Orridge, autoproclamé anti-musicien, qui est derrière ce disque extrêmement bien produit (avec quels moyens, mystère total), aux arrangements léchés signés Andrew Poppy (il fera également ceux de Coil et The The) et à l’ambiance occulte indescriptible ? Quel est le rôle de Alex Fergusson, ex-Alternative TV et songwriter de l’ombre (sa photo est incrustée dans un petit encart au verso, faut-il y voir un mouvement de recul ?) ou celui de Peter ‘Sleazy’ Christopherson, ancien Throbbing Gristle qui allait bientôt s’inspirer de cette démarche hybride pour fonder Coil ? Marc Almond est un autre nom surprenant au générique, alors qu’il vient juste de percer avec Tainted Love. Sa performance sur l’angoissant Guiltless ne convainc pas plus que ça, malgré la mise en place qui confine à la cérémonie sacrificielle. Tout le disque regorge de violons luxueux, et résonne de la mélodie intemporelle de Just Drifting, thème revenant comme un leitmotiv. P-Orridge, jeune papa, ne s’est pas assagi pour autant : dès le plat de résistance, Terminus-Xtul, la menace est plus que palpable, pesante, reptilienne. Rituel et psychédélique, Force the hand of chance n’est que lyrics cryptiques et sectaires et montées de parano inexplicables, entrecoupées de passages noise, folk et surtout psyché (No Go Go ressemble à du Pink Floyd période Dark Side of the Moon). Il échappe à toute tentative d'étiquetage, bien au-delà du soi-disant aspect malsain de toute la scène post-indus ou néofolk (ne parlons pas de l’indus…). Ce disque est versatile et incohérent, mais il est surtout plus intelligent que vous. P-Orridge brouille toutes les pistes, nie toute responsabilité dans la violence primaire de Whitehouse & co mais collabore pourtant avec Jordi Valls, tout en s’ouvrant à un héritage psyché et occulte totalement étranger aux scènes "post-punk" en général. Et en montant pour de bon sa propre secte : Thee temple ov psychick youth. La suite du parcours de Psychic TV allait s’enfoncer encore plus dans le décalage et l’absence de toute norme, sans jamais devenir aussi culte que la personnalité complexe et fascinante qu’est P-Orridge lui-même. Allez, j’ose une petite comparaison bravache pour la route : et si Force the hand of chance était le frère d’ambiance du terrible Flowers of Romance de PiL ? Ecoutez le très dancefloor Ov Power, dub discoïde possédé… Un disque inégal, inquiétant et sombre sans qu’on sache vraiment pourquoi, ce qui décuple ces deux attributs. Un fruit impénétrable transpirant la lubricité.

note       Publiée le vendredi 29 juillet 2011

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Force the hand of chance".

notes

Note moyenne        7 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Force the hand of chance".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Force the hand of chance".

22goingon23 › lundi 16 mars 2020 - 19:48  message privé !

Have a good Trip Reset...

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › dimanche 15 mars 2020 - 09:10  message privé !
avatar

Bye Genesis. Piqûre de rappel pour étoffer sa discographie.

Hazincourt › samedi 23 juillet 2016 - 13:28  message privé !

Disque qui mérite sa place dans le Panthéon de la musique ! Premier album de PTV et déja un chef d'oeuvre. GPO et Peter Christopherson ont un talent immense, on y voit les prèmices de Coil, et tout le charisme de GPO en action. Première partie d'une trilogie que je trouve formidable et indispensable avec "Dreams Less Sweet" et "Pagan Day".

Note donnée au disque :       
22goingon23 › lundi 18 février 2013 - 11:15  message privé !

Fascinant artefact (à écouter au casque) inventant sa propre mythologie. Le suivant, Dreams Less Sweet est tout aussi chamanique et envoutant. Une ambiance inquiétante, cryptique et perversement surannée. Pour ces 2 oeuvres talismaniques on retrouve à la prod le grand guru es messes indus, Ken Thomas ; aux manettes de nombreuses créations sauvages et défiantes (PTV, 23 Skidoo, Clock DVA, Test Dept, Laibach)

Note donnée au disque :       
ericbaisons › lundi 7 novembre 2011 - 15:48  message privé !

quelle foule pour commenter...Quant à qui a fait quoi sur FtHoC, sur son site, Alex Fergusson dit qu'il est derrière toute la musique de ce skeud.