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Edward Grieg (1843-1907) › Mélodies - Op.67, 48, ext : Op.5, 25, 33, 39, 49, 60, 61,

cd • 25 titres • 67:30 min

  • "Haugtussa" (la fille dela montagne) Op. 67 (1995)
  • 11.Det syng (séduction)3:52
  • 22.Veslemoy (jeune fille)2:30
  • 33.Blabaer-li (la pente aux myrtilles)2:44
  • 44.Mote (rencontre)3:54
  • 55.Elsk (amour)2:16
  • 66.Killingdans (danse des chevreaux)1:41
  • 77.Vond dag (Mauvaise journée)2:30
  • 88.Ved gjaetle-bekken (au bord du ruisseau gjaetle)6:17
  • Seks sange (six mélodies) Op.48 (1884-1889)
  • 91.Gruss (salut)1:09
  • 102.Dereinst, gedanke mein (un jour, chère pensée)3:38
  • 113.Lauf der welt (le cours du monde)1:37
  • 124.Die verschwiegene nachtigall (le rossignol discret)3:22
  • 135.Zur rosenzeit (le temps des roses)2:36
  • 146.Ein traum (un rêve)2:08
  • 15Op.25, n°2 : en svane (un cygne)2:41
  • 16Op.25, n°4 : med en vandlilje (avec une nymphéa)2:03
  • 17Op.26, n°1 : et hab (espoir)1:54
  • 18Op.33, n°2 : varen (le printemps)
  • 19Op.60, n°3 : mens jeg venter (tandis que j'attends)2:08
  • 20Op.61, n°3 : lok (ranz)0:46
  • 21Op.33, n°5 : langs ei a (le long d'une rivière)2:55
  • 22Op.39, n°1 : fra monte pincio (du monte pincio)4:52
  • 23Op.5, n°1 : to brune ojne (deux yeux bruns)1:05
  • 24Op.5, n°3 : jeg elsker dig (je t'aime)1:39
  • 25Op.49, n°6 : forarsregn (pluie de printemps)2:44

enregistrement

Enregistré au Kgl. Musikaliska Akademiens stora sal, mars 1992. Producteur executif : Pal Christian Moe; Producteur : Karl-August Naegler

line up

Anne Sofie von Otter (mezzo-soprano); Bengt Forsberg (piano)

remarques

Im-pé-riale! L'interprétation de la paire Otter/Forsberg sur ce disque est aux lieder de Grieg ce que l'enregistrement de Guilels est à ses pièces lyriques : la référence, sans doute définitive. N'allez pas voir ailleurs, sauf pour tout ce qui n'est pas déjà présent ici : le catalogue du norvégien en matière de mélodies comportant de fait plus de 170 titres. Pour l'intégrale, justement, une seule adresse : Monica Groop et ses comparses Ilmo Ranta et Roger Vignoles chez Bis. Je recommande vivement aux mélomanes amoureux de beautés merveilleuses de se procurer l'ensemble. Aux autres, ce présent disque suffira largement : on ne s'en lasse pas... jamais.

chronique

Styles
musique classique
romantique
Styles personnels
lieder - romantique

La présence de ce disque en ces lieux mérite une petite explication, car on y trouvera autant de joie de vivre que de tristesses, autant de mélodies légères et enjouées que de merveilles nostalgiques. Grieg fut le plus grand compositeur de lieder de l'Europe du nord, une région où la "mélodie" est une des formes privilégiées de l'expression musicale. Les gigantesques cycles de Rangström, Sibélius, Sinding et autres s'inscrivent dans une tradition tout aussi riche que représentative d'une culture du poème et du récit, et de la miniature. La qualité des quelques trois cents lieder laissés par le maitre norvégien fait de lui, sans doute possible, l'égal des Schubert, Schumann ou Wolff; il fallait par ailleurs replacer le volume, chroniqué dans nos pages, des pièces de Sibélius (essentiellement mélancoliques, pour le coup) dans son contexte, parmi ses "concurrents". Enfin, la seule présence des "Det syng", "Dereinst, gedanke meine" et autres "Varen" justifie à mon sens une chronique de ce disque absolument exceptionnel, sur un site consacré notamment à la mélancolie. Si la chronique ne s'attachera donc qu'aux pièces bleues du recueil, la note, elle, peut être incontestablement étendue à l'objet dans son ensemble. Les allergiques à la lumière du jour, vampires et autres enfants de la lune, devront programmer leur lecteur sur les pistes 1,2,4,5,7,8,10,13,14,15,18,21,24 et 25. Merveilleuses alliances de gravité, de lyrisme et de frimas acoustiques, les lieder d'Edvard Grieg témoignent du génie pianistique et mélodique de leur créateur, l'orfèvre des "pièces lyriques", dont les cristaux harmoniques, les ruisseaux glacés et les extraits de givres sont ici la toile de fond, le vêtement et tout à la fois le paysage d'hiver dans lequel évoluent les lignes tour à tour intimistes et passionnées du chant. Le génie norvégien illumine par une écriture extrêmement personnelle et ouvragée, où le piano déroule une partition constellée de motifs subtils et poétiques; une écriture d'une beauté exceptionnelle, où le raffinement extrême du piano n'a d'égal que la noblesse profonde de la voix. C'est dans cet univers incomparable de tableaux minuscules et de micro paysages que Grieg se distingue de tous, et gagne sa place au sommet du genre. De la complainte au petit opéra, Edvard fabrique, détaille, et mène à la perfection des merveilles d'équilibre et de contrastes, où le silence, l'impressionnisme de notes étoilées et l'orfèvrerie rythmique sont autant d'éléments au service de mélodies vocales à la beauté troublante et rare, aux inflexions dramatiques et expressives, et par lesquelles la soliste peut exprimer aussi bien la douceur que la colère, la mélancolie secrète que le drame. La tristesse et les regrets s'y racontent avec une pudeur incomparable, sur d'infimes notes éparses, égrenées comme au hasard du temps ralenti; les emportements tragédiens sont soutenus par les accords plaqués, presque violents, et la profondeur noire des notes basses du piano : Grieg brode des dentelles instrumentales qui se suffiraient à elles-mêmes, mais qui se révèlent pourtant entièrement au service de la voix. En moins de 2 petites minutes essentielles dans "Jeg elsker dig" ou dans le déroulement tranquille et mystérieux, aérien et nocturne des 6 longues minutes de "Veg Gjaetle-Bekken", le chant trouve des mélodies d'une personnalité, d'une beauté et d'une grâce tout simplement inédites : colorées et raffinées des tournures folkloriques dont les rythmes et les modes n'appartiennent qu'à cette région du monde, elles se promènent d'atmosphères pures en élans lyriques soudains avec une facilité désarmante et une justesse admirable. La splendeur du sérieux, la superbe des émotions les plus sincères, la douceur volatile de la mélancolie; dans une alliance constante, dans une danse amoureuse où ils s'éloignent, se tournent autour et se rejoignent, la voix et le piano sont les deux faces complémentaires d'une même musique, les mille nuances précises d'une seule et même couleur. Il s'agit ici d'authentiques petits miracles, de minuscules chefs d'oeuvres de finesses et de détails, de courtes minutes d'hiver aux paysages infinis, et aux émotions aussi raffinées que profondément essentielles. Ces mélodies vous accompagneront dans les heures sombres comme dans la tranquillité retrouvée de la nuit solitaire, dans les vibrations de l'aurore, les soupirs au crépuscule; ils réchaufferont vos larmes; ils feront des longues heures d'ennuis des promenades le long des lacs gelés, sur les sentiers de terre endurcies par la glace. Vous y retrouverez un des plus grands maitres du détail pianistique précieux, un des seigneurs de la mélodie d'automne, un prince de l'harmonie en cristal et de la pluie. La subtilité, la grandeur et l'infime, la grâce, le froid et ses milliers de lueurs : merveilles, merveilles, merveilles.

note       Publiée le jeudi 21 janvier 2010

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