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The Pogues › Rum, sodomy & the lash

  • 1985 • Stiff SEEZ 58 • 1 LP 33 tours

lp • 12 titres

  • 1The Sick Bed Of Cúchulainn 2:59
  • 2The Old Main Drag 3:17
  • 3Wild Cats Of Kilkenny 2:45
  • 4I'm A Man You Don't Meet Every Day 2:50
  • 5A Pair Of Brown Eyes 4:58
  • 6Sally Maclennane 2:42
  • 7Dirty Old Town 3:43
  • 8Jesse James 2:55
  • 9Navigator 4:09
  • 10Billy's Bones 2:00
  • 11The Gentleman Soldier 2:01
  • 12And The Band Played Waltzing Matilda 8:07

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Elvis Costello – Ingés-son : Nick Robbins & Paul Scully – Enregistré aux Elephant Studios, Londres.

line up

The Pogues : Shane MacGowan, Jem Finer, James Fearnley, Cait O’Riordan, Andrew Ranken, Spider Stacey, Philip Chevron

Musiciens additionnels : Dick Cuthell (horns), Tommy Keane (Uileann pipes), Henry Benagh (Fiddle)

remarques

chronique

Styles
punk
Styles personnels
punk / musique traditionnelle irlandaise

En cette noble année 1985, perdu au milieu de l’océan de javel des années 80, il flottait un frêle esquif aux airs de fuck you général, une bande de bras cassés aux faces couleur de vomi qui s’appelaient, non pas les copains d’abord, mais Pogue Mahone, alias Embrasse Mon Cul pour ceux qui parlent l’Irlandais. Géricault avait beau ruminer dans sa tombe, ces pirates-là étaient dans leur bon droit. Celui de reprendre les airs de l’enfance Irlandaise de Shane MacGowan, soulard de classe internationale à la dentition aussi décimée qu’un jeu de quilles après un bon vieux Spare… Ce dernier, ex-chanteur des Nipple Erectors (chaste patronyme s’il en est), rongé par la binouze, le punk et autres vices incurables de la nuit londonienne, dans laquelle il puise sans pudeur aucune la mauvaise vie nécessaire à ses chansons à boire, eut soudain l’idée de culbuter le cadavre de ce punk anglais avec la toujours fringuante musique traditionnelle de sa patrie natale, plus politique que jamais en cette décennie de conflit Irlandais. Ainsi naquit le deuxième disque du groupe : Rhum Sodomie & Fouet, charmant programme tout à fait dans l’esprit du monde maritime des 18ème et 19ème siècles (Winston Churchill est l’auteur de la formule), produit par un Elvis Costello au flair assez remarquable, ici bien loin de son ironie grinçante et distanciée habituelle. On imagine que le binoclard ne devait pas en mener large derrière sa cabine de mixage, toute grande gueule qu'il est, face à une fine équipe aux airs de Stranglers qui auraient troqué leurs défroques de Men in Black contre des haillons de vieux loup de mer qui n’a plus rien à perdre. Surs du talent de songwriting de MacGowan, et malgré un son en rupture totale avec la propreté et l’écho des 80’s, les Pogues dédient la face A aux compos originales, avec une exception assez osée, là où la face B ferait la part belle aux airs traditionnels. C’est avec une déception cuisante qu’on accueille tout d’abord The sick bed of Cuchulainn, ringard, voire provençal avec son accordéon et ses flûtiaux guillerets… Si comme moi, vous pensiez que la musique Irlandaise, au même titre que la country, était trop viscéralement plouc pour ne pas vous lasser avant même de commencer, entamez l’album par The Old Main Drag, ode à la déchéance absolue et à l’agonie de la dignité, qui laisse déjà entrevoir quelque chose de plus rustre, de déjà beaucoup moins présentable aux parents… Se pourrait-il que le disque inoffensif et se reposant sur ses textes qui nous attendait ait changé de direction ? La réponse est dans le 4ème morceau. En attendant, la transition se fait avec Wildcats of Killkenny, instrumental endiablé comme une course poursuite à travers les quartiers des marins, passant par toutes sortes de parfums, d’ambiances et d’émotions, avec toujours en fond sonore ces cris de chats qu’on égorge, l'omniprésence de la mort… I’m a man you don’t meet every day, chanté par la bassiste Cait O’Riordan, joli brin de garçon manqué que Costello, décidément bien avisé, épousera, visiblement charmé par cette créature aux abois, au regard de verre dans son uniforme de la Royal Navy, perdue dans cet univers impitoyablement masculin (le titre ne fait pas référence à une joyeuse orgie romaine). La Femme est, effectivement, "le genre de mec qu’on rencontre pas tous les jours". La force mélodique de l’album se confirme sur A Pair of Brown Eyes : le tube du disque écrit par MacGowan, candide précocement déniaisé qui semble encore ici au début de son périple sur les sept mers, pas encore violé, ruiné, délirium trémensisé, décapité, et tout ce qu’on peut imaginer. Sally MacLennane vient enfoncer le clou, achevant de prouver la maîtrise de l’idiome Irlandais par MacGowan, dans son élément au point que ses compos se fondent à s’y méprendre avec les traditionnels. En parlant de traditionnel, le plus grand air du disque, le plus far west, le plus larger than life, le plus susceptible de vous éveiller des frissons dans l’échine à la première écoute, c’est Dirty Old Town, ouverture de la face B qui rend à elle seule ce disque indispensable. La face sombre de Londres y est célébrée et maudite à la fois, toujours sans la moindre once de remords ou de redemption. Jesse James reste un peu en deça des autres titres, manquant de ce souffle épique et de cette crudité propre à la voix de MacGowan, enregistrée sans artifice, comme un seau d’eau froide au petit matin. Navigator est encore une chanson mémorable à hurler chopes à la main dans un bauge mal famé, contant le sort peu enviable des moussaillons de le la perfide Albion, qu’on enrôlait de force dans les équipages en les kidnappant dans leur flaque de whiskey après une nuit de beuverie, quand ce n’était pas pour rembourser leur ardoise auprès de l’aubergiste, qui s’était arrangé pour que leur chopine ne désemplisse jamais… Reste deux titres plus anecdotiques (Remarquez, je suis à jeun, là. Aucun professionnalisme, je sais), dont The Gentleman Soldier, qui explique avec diligence et galanterie ce qui attend, pour le reste de leur vie, les filles qui croisent un marin en rut au détour d’une ruelle étroite, avant d’arriver à ce réquisitoire anti-guerre monumental qu’est And the band played Waltzing Matilda, long et douloureux, en guise de point final à ces 12 chansons de souffrance et d’accès de violence dévastateurs, laissant toute une vie mutilée. Caricatural ? Sans doute, mais vrai avant tout. Les Pogues, sans jamais en faire trop, rappellent à tous les Jim Morrison et à tous les Jeffrey Lee Pierce qu’ils ne sont que des hommes, fragiles et défaits quoi qu’ils puissent inventer ou prétendre. La lâcheté, elle, serait de s’en cacher.

note       Publiée le mercredi 20 janvier 2010

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Note moyenne        20 votes

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surimi-sans-mayo › mardi 28 avril 2020 - 20:15 Envoyez un message privé àsurimi-sans-mayo

J'avais essayé sans succès y a 2 ou 3 ans et j'attendais pas grand chose à la réécoute... vlà comment il m'a cueilli ! Putain de voix ! Putain de chansons !

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Rastignac › mardi 24 juillet 2018 - 18:24 Envoyez un message privé àRastignac
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Ce groupe, je l'ai tellement écouté, et il donne tellement envie de faire n'importe quoi ! C'est un de mes groupes préférés tous genres confondus, jusqu'à "if i should fall...". Le tag est idéal. Là de suite je suis en train de m'écouter un live en 1991 avec Strummer qui fait le remplacement de luxe de MacGowan ; j'ai jamais apprécié les albums quand MacGowan n'est pas là, en plus de ceux où il est à moitié là ; mais en écoutant Joe Strummer, c'est lui qu'ils auraient dû embaucher, ils auraient continué de cartonner au lieu de se noyer comme ça... sa voix est idéale, sa hargne fout un coup de jeune au groupe... ach !

Dioneo › dimanche 3 avril 2016 - 22:07 Envoyez un message privé àDioneo
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"Notre but a toujours été élémentaire : des couilles et (comment dire)... De l'émotion..."

Bon... Les Pogues aux Enfants du Rock en 1986. Petites interviews de Shane McGowan et Elvis Costello (alors leur producteur) ; gros bouts de live à têtes bien chaudes ; et un De Caunes qui avait parfois la bonne idée d'aller là où ça se passait, à ce moment là.

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zugal21 › samedi 5 avril 2014 - 22:07 Envoyez un message privé àzugal21

J'ai des souvenirs de bitures sévères dans des fêtes de village sur les POGUES, et de retours à l'aube dans la cambrousse à risquer l'accident à chaque seconde.

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Dioneo › samedi 5 avril 2014 - 22:02 Envoyez un message privé àDioneo
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I smell the spring on the smoky wind, là... Comme chaque fois que je le ressors, en fait.

Et de fait impossible de me fatiguer de ce disque - chaque fois j'ai l'impression de boire ma première Jenlain de trop sans avoir le moins du monde envie de refuser les vingt sept suivantes. Par contre pour le coup je me rappelle que j'ai à boire au frais... Mais évitons de l'ouvrir. Après va falloir la finir. (Et surtout y'a pas de deuxième pour continuer).

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