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Pat Metheny › Offramp

cd • 7 titres • 42:22 min

  • 1Barcarole3:15
  • 2Are you going with me ?8:47
  • 3Au lait8:28
  • 4Eighteen5:05
  • 5Offramp5:55
  • 6James6:41
  • 7The bat (part II)3:50

informations

Power Station, New-York, États-Unis, octobre 1981.

line up

Pat Metheny Group : Pat Metheny (synthé-guitare, guitare, guitare synclavier), Lyle Mays (piano, synthétiseur, autoharp, orgue, synclavier), Steve Rodby (basses électrique et acoustique), Dan Gottlieb (batterie)

Musiciens additionnels : Naná Vasconcelos (percussions, voix, berimbau)

chronique

Je suis désolé. Désolé de parler d'un disque de jazz, moi qui ne suis pas spécialiste en la matière. Désolé de parler d'un disque de Metheny, moi qui, contrairement à d'autres chroniqueurs ici présents, ne suis ni grand connaisseur ni grand admirateur du bonhomme. Désolé enfin, parce que ce disque, pourtant l'un des plus applaudis dans la carrière du guitariste prodige américain, me laisse globalement partagé, dans ses incursions nouvelles vers la guitare MIDI et le synclavier : certes, il y a là l'unité et la cohérence, des compositions chaudes et ensorcelantes qui marquent peut-être l'apogée du duo avec Lyle Mays, un lyrisme qui vous empoigne à l'écoute de "Barcarole", "Are you going with me ?" ou "The bat", et un feeling toujours présent - "Offramp" la sauvage et "James", plus urbaine et catchy, ont également leur charme dans ce disque de jazz très mélodique ; mais pourtant, l'impression qui domine est celle d'un immense gâchis dans ce qui aurait pu être un très grand album, car le son synthétique très eighties reste rebutant la plupart du temps. Trois fois désolé, donc. Mais alors, me direz-vous, si je ne suis pas spécialiste de jazz, ni spécialement fan de Metheny, ni même de ce disque en particulier, qu'est-ce que je viens vous faire ch... avec cette chronique, hein, au lieu de continuer à parcourir le paysage de la musique concrète et électro-acoustique, comme vous le demandez tous à cor et à cri ? Eh bien voilà, sur ce disque, il y a un morceau que j'aime particulièrement, et je fais même plus que l'aimer, c'est un moment consolateur, celui qui vous sauve à coup sûr en cas de déprime, celui qui parvient à mettre de la joie dans les larmes, et inversement, le blues qui guérit du blues, la tristesse qui transcende la tristesse, le moment de beauté salvatrice qui fait aimer la musique, tout simplement. Ce morceau, c'est "Au lait", j'aime même le titre, il a ce charme mystérieux de l'expression française apparemment insignifiante au milieu d'un disque de jazz américain, il rappelle cet état d'esprit encore brumeux au sortir du lit lorsque les idées ne sont pas encore tout à fait remises en place et que l'on attend sa drogue matinale, il peut rappeler, par rapprochement homophonique, un célèbre disque de Coltrane, il renvoie à tout et à rien, en fait. Et il est purement magique. Roulements de caisse claire qui frémissent, goutelettes fragiles tombées du piano, choeurs chaleureux, percussions vibrantes du grand Nana Vasconcelos qui captent si bien l'atmosphère du moment... et surtout la montée et le solo de guitare de Metheny, qui, sur ce titre (et c'est révélateur) abandonne la guitare synthé pour se tourner vers son instrument "classique". "Au lait" est divisé en deux parties, la première, sur mode mineur, vous inflige des bleus à l'âme, instille en vous un vague désespoir qui ne demanderait qu'à éclater, tandis que la seconde (et cette transition suspendue...) vous fait remonter sur les cimes d'un bonheur inaltérable, rythmé par un souffle langoureux venant de l'au-delà. Merci pour ça, monsieur Pat Metheny.

note       Publiée le mardi 5 janvier 2010

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Note moyenne        4 votes

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Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Ok, ça n'est surement pas son meilleur album mais ce guitariste fait partie des rares qui me procurent une émotion intense quand ils jouent de leur(s) instrument(s). Quitte à parler de Pat Metheny autant chroniquer ses premières œuvres (Bright Size Life, chef d’œuvre), l'album éponyme avec son groupe ou même "American Garage" que j'ai découvert il y a peu mais qui vaut le détour.

dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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"Au Lait" c'est les passages les plus veloutés-karacho de "Violenza Domestica" et "Pink Cigarette" (les couplets) mais vue en rêve par derrière des rideau de piano ruisselant beau à pleurer... Trimmy a raison, c'est vraiment un grand titre, en suspension... Purée, Pat Metheny c'est souvent culcul, mais quand c'est beau, c'est pas juste joli, c'est BEAU.

Charles Pasqua Envoyez un message privé àCharles Pasqua
sog Envoyez un message privé àsog

Qu'est-ce qu'ils entendent exactement par "Synclavier" ?

Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Même si.....Un disque plein de "même si"....oui, les sonorités 80's sont datées, la section rythmique ronronne un peu trop souvent et pourrait relancer avec plus de force (mais "Offramp" envoie du lourd tout de même), Lyle Mays se laissent aller à des banalités par endroits (son solo sur "James", heureusement qu'il se montre d'une grande subtilité sur "Au Lait"), certains thèmes sont dignes de Christopher Cross (ce même "James"), et Metheny aura montré et montrera plus de profondeur sur un "Rejoicing" ou un "80/81" tout comme il utilisera les sonorités synthétiques avec peut-être plus d'à propos sur un "First Circle'" ou même le live "Travels".....mais quel musicien à l'époque, capable de changer en or mélodique tout ce qu'il touchait (son solo sur "Are You Going With Me?" pourtant affligé de la guitare synthé). Le début un peu poussif de "Barcarole" arrive même à déboucher sur du bon. Seuls "Eighteen" et "The Bat part II" n'arrive pas à s'élever au-delà de leurs propres limitations.

Note donnée au disque :