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Clair Obscur › Play

cd | 13 titres

  • 1 Sequence
  • 2 The last encounter
  • 3 Blume
  • 4 K.G.
  • 5 Pessimiste combattif
  • 6 Revol dub
  • 7 Vivant
  • 8 Hibernation
  • 9 Kriegs Opera
  • 10 The pilgrim's process
  • 11 Zeda
  • 12 Die Kinder sind allein
  • 13 Tremendous

extraits vidéo

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line up

Christophe Demarthe (chant), Nicolas Demarthe (guitare, clavier), Thierry Damerval (basse, clavier, voix), Jean-Yves Liot (batterie), Pat Bouchard (piano sur le titre 10), Jacky Michel (percussions sur le titre 10)

remarques

Les titres 1 à 9 sont extraits de 'La Cassette Noire', les titres 10 à 13 de 'Dansez'. Le vinyl original de 'Play' (sorti en 1988 chez Cathexis Records) est sorti avec quatre pochettes différentes. La première version cd est parue en 1994 chez Apocalyptic Vision en Allemagne et V.I.S.A. en France.

chronique

Encore un casse-tête...Par où commencer pour vous parler de Clair Obscur, l'une des formations les plus insaisissables de l'Hexagone des 80's ? Après avoir tourné la question en boucle pendant pas mal de temps, j'ai opté, non pour le live que me les a fait découvrir (ça viendra plus tard) mais pour 'Play' qui groupe deux oeuvres: 'La cassette noire' enregistré en 1982 et 'Dansez', publié sous forme de single en 1984. Dans la démarche, on peut facilement comparer le Clair Obscur des débuts aux Virgin Prunes; comme les seconds, ils mêlent avec bonheur expérimentation et post punk. Enregistrés sur quatre-pistes principalement, les compositions de 'La cassette noire' comptent parmi les moins accessibles. 'Sequence', 'The last encounter' et 'Blume' (que le groupe reprendra à plusieurs reprises en le modifiant) s'inscrivent dans une voie purement industrielle avec grognements, bruits, larsens, vocaux modifiés. Ce n'est qu'à partir de 'K.G.' que la 'mélodie' pointe le bout de son nez avec quelque chose couplant basse marquée, thème synthétique, vocaux décadents comme possédés. J'ai parfois entendu mentionner l'étiquette 'cold wave' pour parler du combo...Si je ne partage pas ce point de vue, il est certain que 'Pessimiste combattif' s'en rapproche dans ses sonorités froides, même si la pêche punky l'emporte finalement. 'Revol dub' renoue avec l'expérimentation avec des bandes diffusées à l'envers, d'où une ambiance barrée très particulière. Cette fameuse expérimentation ne lâchera d'ailleurs plus la fin de la cassette puisque tant 'Vivant' que 'Hibernation' poursuivront dans cette voie, le premier avec des collages de nappes entrecoupées de claquements de percussions, le second reprenant le flambeau avec une rythmique dub étirée version ambient qui s'enrichit de chuchotements en arrière-plan, de nappes, de coups de basse. 'Kriegs opera' clôt de manière originale par un beat en boucle, des bribes de discours militaires, des voix chantées qui se superposent en un puzzle étrange. Certes, les sons ont un peu vieilli ( à l'instar des tout premiers travaux de formations comme Cabaret Voltaire) mais on reste impressionné de la créativité des Français avec des moyens dérisoires. Les extraits de 'Dansez' sont plus accessibles, dans une voie post punk goth, avec basse marquée, vocaux possédés, grincements de guitare. L'atmosphère l'emporte sur la mélodie puisque le chant consiste principalement en cris, en bribes scandées. Plus subtile et inquiétant, 'Die Kinder sind allein' débute par un texte récité tandis qu'un piano égrène quelques notes, puis la chanson explose: les vocaux sont gutturaux, les guitares maladives...une merveille. Même chose pour 'Tremendous' avec sa rythmique roulante fabuleuse; le son conserve un grain live qui participe à l'atmosphère old school des pièces. On pourrait reprocher cet aspect en apparence décousu mais en se plaçant d'un autre point de vue, je comparerais la musique à un film de David Lynch: tout peut arriver à tout moment, on est sans cesse en attente d'être surpris. Alors d'accord, 'Play' n'est pas l'essai le plus abouti de Clair Obscur mais il témoigne déjà d'une créativité audacieuse et avant-gardiste se riant des genres et des carcans, ce que la suite de la carrière du groupe confirmera encore et encore.

note       Publiée le dimanche 3 janvier 2010

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Jacques Capelovici › lundi 4 janvier 2010 - 12:48  message privé !

'Dansez' est, je pense, ce que Clair obscur a fait de plus accessible : 4 titres excellents ! 'La cassette noire' est plus inégale, dispersée, a un peu vieilli, mais reste un témoignage intéressant de l’iconoclaste créativité qui les caractérise. Par contre, écouter ces enregistrements, c’est aussi aller au devant d’une frustration : celle de ne jamais les avoir vus sur scène. Il semble que l’aspect visuel de leur œuvre jouait un rôle particulièrement important et l'on ressent parfois comme un manque, l’impression d’une approche amputée, fragmentaire… Voici un groupe qui alimenta longtemps mes fantasmes musicaux de jeunesse et je suis bien content de le voir chroniqué ici !