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Vladislav Delay › Tummaa

  • 2009 • Leaf BAY 72CDP • 1 CD digipack

cd • 7 titres • 66:03 min

  • 1Melankolia10:58
  • 2Kuula (Kiitos)9:02
  • 3Mustelmia8:13
  • 4Musta Planeetta5:11
  • 5Toive11:09
  • 6Tummaa10:19
  • 7Tunnelivisio11:16

enregistrement

Produit par Vladislav Delay

line up

Craig Armstrong (rhodes, piano), Lucio Capece (clarinette basse, saxophone soprano), Vladislav Delay

remarques

Design par Kemikoski

chronique

Je dois vous avouer que venant d’un autre artiste que Sasu Ripatti (dont Vladislav Delay n’est que l’un des multiples pseudonymes, c’eût été trop évident !), une telle pochette sépia et gentiment arty façon sampler des inrocks m’aurait fait fuir à toutes jambes… Seulement voilà, Delay est un type sacrément doué, et depuis la baffe ouatée de Anima en 2001, je me suis pris à suivre ses pérégrinations, que ce soit sous le nom de Luomo ou en tandem avec la berlinoise d’AGF… La dernière en date, c’est ce Tummaa apaisé et subtil, album pratiquement réalisé en collaboration, en symbiose pourrait-on dire, avec Craig Armstrong, le tire-larmiches le plus consensuel de la musique électronique ! Encore une raison de fuir, me direz-vous. Mais le résultat est, comme d’habitude avec Delay, tout à fait happant. Ce pourrait même être l’un de ses travaux les plus accessibles. Il n’y a toujours pas de beat, puisque les percussions – très diverses – sont ici tantôt employées sur un mode "indus" (Toive), tantôt sur un mode electronica déstructurée, mais toujours avec une aération telle qu’il est impossible d’y percevoir des motifs récurrents. Ce n’est pas la mélodie non plus qui marque, puisqu’il n’y en a pas vraiment, mais plutôt l’harmonie, distillée au sein des 7 longues plages de façon organique et étrangement détaillée. Tummaa (qui veut dire quelque chose comme "pénombre" en finlandais) donne l’illusion du hasard, alors que son corps est ouvragé et travaillé au maximum. Il donne l’illusion du calme, alors que son système nerveux est bouillonnant, innervé de sons parasites de toutes parts, donnant parfois l’impression d’observer des bébés extra-terrestres jouant aux légo sur Orion (Tunnelvisio), d’errer dans une grotte aux parois de cristal miroitant notre silhouette (Musta Planetta), voire de plonger au cœur de l’écorce terrestre (la plage titre, granuleuse et vaste à s’y perdre, et cette fin d’album pétillante de vie). On a tout à loisir de se laisser dériver pendant une heure, l’oreille se levant parfois pour un détail où une nappe aux reflets étranges, ou bien de s’y plonger corps et âme pour en appréhender les multiples climats et nuances… A des lieues des formules ou des musiques électroniques basées sur la répétition (qu’elles se disent expérimentales ou non), Delay propose une musique libre, délivrée de toute appartenance, et qui se nourrit progressivement de nos écoutes… Le potentiel semble sans fin…

note       Publiée le vendredi 13 novembre 2009

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Khyber › dimanche 9 novembre 2014 - 18:14  message privé !

Les crédits de l'album ne sont certes pas les plus lisibles, mais il s'agit bien de Lucio Capece aux anches, chroniqué ici même en solo (http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=15414).