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Serge Gainsbourg › Anna

16 titres - 37:59 min

  • 1/ Sous Le Soleil Exactement - 2/ Sous Le Soleil Exactement - 3/ C'Est La Cristallisation Comme Dit Stendhal - 4/ Pas Mal Pas Mal Du Tout - 5/ J'Etais Fait Pour Les Sympathies - 6/ Photographes Et Religieuses - 7/ Rien Rien J'Disais Ça Comme Ça - 8/ Un Jour Comme Un Autre - 9/ Boomerang - 10/ Un Poison Violent, C'Est Ça L'Amour - 11/ De Plus En Plus, De Moins En Moins - 12/ Roller Girl - 13/ Ne Dis Rien - 14/ Pistolet Jo - 15/ G.I. Jo - 16/ Je N'Avais Qu'Un Seul Mot A Lui Dire

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line up

« Musique et lyrics de Serge Gainsbourg – Orchestre sous la direction de Michel Colombier » Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Serge Gainsbourg (chant et dialogues)

Musiciens additionnels : Michel Colombier (arrangements, direction d'orchestre)

chronique

Styles
musique de film
pop
psychédélique
Styles personnels
comédie musicale pop

Avant toute chose, il faut bien préciser que Anna n’a strictement rien en commun avec les « comédies musicales » françaises telles que nous les connaissons aujourd’hui. Comparer cet objet longtemps convoité et rare (le film étant quasiment maudit : culte au japon et adulé depuis les années 90 mais resté sur le fiasco de l’époque, puisque jamais réédité) à quoi que ce soit d’après 1968 est un non-sens total. Anna est une bien curieuse bande-son, pour un film nouvelle-vague dont l’audace et l’esthétisme dépasse les clichés de l’époque déversés à la pelle. Il y a d’abord Sous le soleil exactement, que tout le monde connaît, mais qui reste une première dans le songwriting pop de Gainsbourg : pas la moindre trace de cynisme ou d’aigreur là-dedans, rien que du rêve, une construction mélodique digne d’un temple grec, et une production et des arrangements à se damner. La version d’Anna Karina (égérie du film, et femme de Godard, pour qui Gainsbourg a écrit la chanson), supérieure à toutes les autres, est le tube qui porte à bout de bras ce disque bordélique. Car oui, plus qu’une comédie musicale, Anna est surtout une fantaisie, déraisonnable, vibrante et assourdissante comme le centre-ville de Paris, riche, particulièrement frénétique dans son enchaînement d’idées, notamment à cause de la bonne couche d’amateurisme qui enveloppe tout le projet (film et musique)… Non pas que tout ce monde ne soit pas des professionnels rôdés, mais c’est justement leur aisance et leur confiance absolue qui semble les avoir poussés à adopter ce rythme de travail rapide et acharné typique des 60’s, sans se retourner une seule seconde… Ce qui donne des choses bien drôles comme Gainsbourg chantant les tirades de Brialy sur Boomerang, car ce dernier chantait trop faux (inquiétant quand on sait que le personnage joué par Brialy s’appelle Serge) ! Certes, on pourrait regretter qu’aucune réédition ne complète le tracklisting originel, bien franco-français, centré sur l’impayable Brialy (sortir un disque sur une major en chantant comme ça, c’est gutsien.), et omettant le ravissant Hier ou Demain de Marianne Faithfull (Faithfull chante gainsbourg, un programme qu’on aurait bien vu en 78). Malgré ces petites déceptions, les mélodies s’entremêlent, se répondent, s’en vont et reviennent, se voient orchestrées de mille et une manières par Michel Colombier… On ne compte plus les plans qui annoncent un futur tube de Gainsbourg, voire même le Psyché Rock de Pierre Henry et dudit Michel Colombier. Si les nombreux travaux pour le cinéma de Gainsbourg ont souvent été considérés comme son laboratoire, lui permettant de tester ce qui allait en dernier lieu figurer sur ses albums (qui recyclaient souvent une mélodie ou une chanson vieille de 3 ans…), voici certainement la BO de film où les expériences du Dr Jekyll ont le mieux fonctionné. Résultat : Anna est souvent considéré comme un album de Gainsbourg à part entière, bien pratique pour combler le vide de 4 ans entre 'Gainsbourg Percussions' et Initials B.B., où le compositeur semblait avoir renoncé à écrire pour lui-même, lui qui voulait soudain rentabiliser sa plume en jouant les mercenaires pop. Pourtant, en décembre 65, une session eut bien lieu, au studio Fontana, à Londres, et il s’agissait bien de titres destinés à un futur album « solo ». L’un d'eux était « Dr Jekyll et Mr Hyde ». Le personnage cynique et ostentatoirement lettré joué par Gainsbourg dans Anna allait pouvoir s’exprimer dans un tout nouveau terrain de jeu : la réalité… La suite bientôt dans ces colonnes.

note       Publiée le mardi 27 octobre 2009

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PechMayneau › samedi 3 septembre 2016 - 01:44  message privé !

des hauts et des bas sur cette bande originale ...

Note donnée au disque :       
nowyouknow › mercredi 27 janvier 2016 - 14:21  message privé !

"Certes, on pourrait regretter qu’aucune réédition ne complète le tracklisting originel"

C'est le cas depuis 2009 : Pack DVD du film et CD 28 titres qui pousse la durée à plus d'1h. Et c'est pas du remplissage, clairement la meilleure B.O de Gainsbourg avec - peut être - Cannabis.

Raven › jeudi 6 février 2014 - 21:29  message privé !
avatar

Vrai...c'est grâce à sa bouille à croquer que j'ai tenu devant Pierrot le fou.

zugal21 › jeudi 6 février 2014 - 21:21  message privé !

J'aime cette photo de la femme de Fantômas

sysdea › mardi 27 octobre 2009 - 09:18  message privé !

"On ne laisse pas de se divertir par l'image d'une liberté errante. Tu sais de qui c'est ? non ? Bossuet. - Bravo ! Tu veux une oraison funèbre ? - Ah non ! Parce que moi je suis assez cynique pour en faire ma ligne de conduite."

Note donnée au disque :