Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesAAIR › Pocket symphony

AIR › Pocket symphony

  • 2007 • Virgin CDV302, 09463837612 5 • 1 CD

cd • 12 titres • 47:51 min

  • 1Space maker4:02
  • 2Once upon a time5:02
  • 3One hell of a party4:02
  • 4Napalm love3:27
  • 5Mayfair song4:18
  • 6Left bank4:07
  • 7Photograph3:51
  • 8Mer du Japon3:04
  • 9Lost message3:32
  • 10Somewhere between waking and sleeping3:35
  • 11Redhead girl4:33
  • 12Night sight4:20

enregistrement

2006

line up

Joey Waronker, Air : Jean-Benoît Dunckel (voix, piano, synthétiseurs, vibraphone, glockenspiel, claviers, sampler, percussion, boîte à rythmes, piano électrique Rhodes), Nicolas Godin (basse, guitare, synthétiseurs, boîte à rythmes, koto, shamisen, glockenspiel, tambourin). Tony Allen (batterie), Magic Malik (flûte), Jarvis Cocker, Neil Hannon (voix).

remarques

chronique

Avant de vous parler, dans un avenir que j'espère assez proche, de leur tout dernier opus en date, "Love 2", je me permets le coupable plaisir de continuer ces petites chroniques de Air avec "Pocket symphony", titre réjouissant, convenant fort bien au groupe français, qui eut toujours la force de se montrer ambitieux tout en gardant l'intelligence de rester modeste. Ce titre évoque aussi, peut-être à dessein, une oeuvre fondatrice de la musique électronique française, "Symphonie pour un homme seul" de Pierre Schaeffer et Pierre Henry, auxquels certains magazines musicaux "hypes" ont parfois comparé Air, sur le couplet "les nouveaux ambassadeurs de la musique électronique française"... comparaison d'une crétinerie assez sidérante, ou comment étaler une culture que l'on n'a pas. En outre, et je me répète, ce genre de flatterie, Air n'en a pas besoin, tant il est, encore et toujours, une fascinante machine à produire la musique populaire la plus soyeuse, la plus racée et aussi la plus mélancolique qui soit...la mélancolie, ou "le plaisir d"être triste". Quel meilleur slogan pour eux ? Et puis tiens, après tout, pourquoi pas, en parlant de Pierre Henry, les trilles électroniques qui ouvrent "Pocket symphony" semblent tout droit sorties de "Voyage initiatique", oeuvre récente et très recommandable du compositeur français. Bien, mais la suite ? Non, Air n'a pas encore pondu un disque de musique concrète. Mais le groupe fait toujours la meilleure pop du monde - ce disque, comme le précédent, et le précédent, et celui qui précédait, et encore celui d'avant, est une merveille. La tonalité a légèrement évolué depuis Talkie Walkie : plus équilibrée dans les arrangements, plus diversifiées, on pourrait aussi parler de Jarvis Cocker, de Neil Hammon ou de Nigel Godrich, mais en fait non, on s'en fout éperdument, parce que les compos sont toujours aussi parfaites, parce que cette musique reste infailliblement dans l'inconscient de l'auditeur, presque tout de suite familière. Oui, je voulais écrire des chroniques très chiadées sur les instruments utilisés, la production, la structure des morceaux, mais je me rends compte qu'au plus je les écoute, au moins je comprends leur recette. Du coup, je préfère ne rien détailler : ce serait passer à côté de l'essentiel. Comment une ville aussi sclérosée et déprimante que Versailles (si vous ne me croyez pas, écoutez l'excellent "Sous le signe du V" de Klub des loosers) a-t-elle pu leur inspirer pareilles perles ? C'est là un autre grand mystère de Air. Bref : autre disque sans faiblesse, autre disque magnifique, mais disque magnifique après disque magnifique, la lassitude pourrait finir par gagner. Il s'agirait maintenant de changer franchement de cap ou de faire ENCORE mieux - pareil exploit est-il possible ?

note       Publiée le samedi 10 octobre 2009

chronique

Styles
ambient
electro
musique classique
Styles personnels
air wick ?

D’aussi haut que l’on a porté ses héros au pinacle, il faut aussi les laisser choir. Phrase délicate pour la basse besogne à laquelle je vais me livrer : vous décrire la colossale panne d’inspiration qui semble toucher Air depuis ce Pocket Symphony. La tentation de plier l’affaire en quelques lignes est là, surtout que l’album est aisément résumable. Tentons une analyse poussée : Space Maker impressionne d’emblée par ce son propre, équilibré, presque chaud… Mais au final, on aurait presque pu le prendre pour du Buddha Bar, en beaucoup plus travaillé. Et c’est comme ça pour quasiment tout l’album. Quelques rares pistes échappent à la règle, comme Mer du Japon, quoique indigne des promesses de son titre, ou Redhead Girl, judicieusement inspiré du Parfum de Patrick Suskind, mais la plupart ont livré tous leurs secrets dès la première minute. Ce qui est censé ébahir ici, vu le titre – piqué à du jargon de rock critic – c’est le son. Nigel Godrich, comme sur le précédent album, est aux manettes. D’ailleurs, Pocket Symphony serait parait-il né de l’extrapolation du mirifique Alone in Kyoto, morceau-pivot pour Air, qui clôturait Talkie Walkie. Ça s’annonçait donc plutôt bien, sans parler de Nicolas qui aurait appris pour l’occasion à jouer du Shamisen et du Koto auprès d’un vieux maître à Okinawa : la totale ! Un rapprochement logique avec le Japon, pays qui a toujours adulé Air. Pourtant, en fait de Alone in Kyoto, ce sont plutôt les côtés superficiels de Talkie Walkie qui sont extrapolés ici, au détriment de tout ce qu’a pu créer le groupe avant cela. Après Once Upon a Time, single ultra-convenu et tout doux, Jarvis Cocker signe un texte comme à son habitude, remarquable, véritable oraison funèbre pour les années 90 qui s’en sont allées, et avec elles, la folie du succès de Pulp, qui semble l’avoir laissé salement sur le carreau, groggy et méconnaissable, gueule de bois et hargne disparue… Le voilà à Paris, faisant le mort sur des disques de fantômes (entre le Charlotte Gainsbourg et ce Pocket Symphony, disques voisins, qui est le moins vivant ?). Ou est-ce l’inverse ? Toujours est-il que ce titre plutôt moyen d’Air (qui reste le meilleur de l’album, grâce à la cruauté chirurgicale des instruments japonais et des percussions électro) fait une fabuleuse suite en contre-pied à This is Hardcore, en guise d’after morbide et sans issue. Tout cela, il est vrai, sent l’album post-crise du disque à plein nez : pas de concept, pas de ligne directrice, fausse simplicité, rédemption tardive façon Placebo… Ennuyeux. Prenez ce Napalm Love, tiens : voilà un bon exemple de vacuité, de « dématérialisation de la musique ». Mayfair Song ? Rien. Une chouette démo pour ingénieur du son. Il y a certes quelques invités prestigieux (Neil Hannon alias Divine Comedy, Tony Allen, impérial sur Once upon a time, et absent du reste, hélas), mais ici, la musique ne les justifie pas comme sur 10 000Hz legend. Plus de personnages paumés et prisonniers de leurs obsessions, rien que du velours, partout, tapissant nos conduits auditifs… Velours de la chair (Talkie Walkie) troqué contre velours de salon. Nympho contre Sympho. Pas de quoi grimper aux rideaux (de velours). Tout est mis au service de la belle musique, flattant sans répit nos sens et notre ennui. On sent que les deux Air se sont replongés corps et âme dans leur bon vieux classique, ce qui n’aurait pas forcément du les faire accoucher de cet album scolaire, si terne, si monocorde. Tension et romantisme ont disparu. C’est donc cela qu’elles contiennent, les deux statues de verre de la pochette : de l’air. Et rien d’autre. Difficile d’identifier la cause de ce disque vide et vain, bourré de ritournelles de piano basiques et sans conséquences - n’est pas Sebastien Tellier qui veut… et dire qu’on parle d’Air, ici. Pourtant, le groupe avoue presque son virage « musique de fond » sur Lost Message, tentative de BO d’un hypothétique « Emanuelle 2000 ». Comment identifier le malaise ? Soit les Air ont trop envie de plaire à tout prix, soit ils ne réalisent pas la moitié du quart de leur capacités, et se contentent d’un album à peine digne de session-men. Alors oui, production et musicalité sont assurées ici de main de maître dans gant de velours, mais qui voudrait de l’age adulte après avoir connu si jeune le vertige des sens ? « Let’s face it now : it’s over »

note       Publiée le mardi 20 octobre 2009

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Pocket symphony".

notes

Note moyenne        5 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Pocket symphony".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Pocket symphony".

salida › lundi 3 novembre 2014 - 19:37  message privé !

Le début de la fin pour Air. L'album a ses moments de grâce (once upon a time, space maker, napalm love, photograph...). On est malheureusement obligé de les attendre trop longtemps pour ne pas bailler.

mangetout › mercredi 21 octobre 2009 - 00:07  message privé !

Je me range malgré tout du coté de Trimalcion, même si je reconnais que le duo se laisse aller à certaines facilités, il y a certains morceaux sur ce "Pocket Symphony" dont on sent très bien qu'ils peuvent en pondre un quadruple CD tout entier. Mais ceci dit je reste comme d'habitude sous le charme de ces mélodies surannées et pourtant furieusement modernes, le chic retro-futuriste me séduit toujours autant, quand on a aimé Kraftwerk dans sa jeunesse certains tics perdurent. Et j'aime beaucoup aussi les disques de Charlotte Gainsbourg (5.55) et de Darkel (Jean-Benoît Dunckel seul) qui sont tous les trois très proches mais je ne demande pas de chroniques, n'allez pas voir le mal où il n'y en a pas.

dariev stands › mardi 20 octobre 2009 - 23:17  message privé !
avatar

chuis sur qu'il pourrait chroniquer l'intégrale en une fois de tête, façon proggy...

Raven › mardi 20 octobre 2009 - 22:51  message privé !
avatar

euh... "Tout commentaire comportant insultes, messages diffamatoires ou n'ayant aucun rapport avec ce disque sera supprimé !" :p

Wotzenknecht › mardi 20 octobre 2009 - 19:48  message privé !  Wotzenknecht est en ligne !
avatar

hahaha Raven, t'as jamais essayé de comptabiliser les heures d'écoutes forcées de Buddha Bar depuis que t'as été embauché ?